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 . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)

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« Chaque jour pendant ces deux années, je me disais que je perdais un peu chaque jour une vie que je rêvais d’avoir, et j’ai finalement perdu deux ans. Mais j’ai l’impression que ce n’est pas la seule chose que j’ai perdu… »

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MessageSujet: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Lun 19 Nov 2012 - 21:56

catherine & dwight

« Northwood, deux tours de plus ! » Le jeune homme observa son chargé de formation, l’œil mauvais mais ne prononça pas un mot et reprit sa course là où il s’apprêtait à la stopper, comme ses petits camarades. Il savait pourquoi son supérieur faisait cela, il était sorti de rééducation seulement deux jours avant et il voulait le tester pour s’assurer qu’il était parfaitement capable d’assurer sur le terrain. Quand on veut devenir pompier, la moindre faiblesse est mal vue, il faut faire son maximum pour prouver qu’on peut prêter main forte aux autres et que rien, pas la moindre douleur, le moindre handicap, ne nous en empêchera. Et Dwight savait qu’il était taillé pour être pompier. Sportif, homme actif qui est né pour aider les autres, il voulait finir cette formation, il voulait y arriver et c’est pour cette raison qu’il ne fit pas un tour de plus mais cinq. Pas pour impressionner qui que ce soit mais pour se prouver à lui-même qu’il gardait l’endurance qu’il avait avant d’être fait prisonnier, avant que son corps ne subisse mille tortures et ne passe quelques mois dans le coma pour s’en remettre. Il était encore parfois affaibli, il avait maigri mais il avait réussi, après deux mois de rééducation à reprendre une vie normale, à reprendre ses muscles et l’entier contrôle de son corps. Et il se le prouvait aujourd’hui en exécutant tous les exercices en double, seulement pour montrer qu’il n’est pas faible, qu’il est tombé, qu’on l’a brisé mais qu’il s’en est sorti, il a survécu et il ne se laissera plus jamais abattre. Passer dans la salle de musculation après avoir couru plusieurs heures était une aubaine pour lui. Il allait pouvoir passer des heures à taper dans un sac avec la seule force de ses poings pour évacuer toute sa rage, tout ce qu’il enfoui en lui depuis son retour sur le sol australien. Voilà une semaine seulement et il avait eu tellement de choses à faire qu’il n’avait pas vu le temps passer. Pendant ses soins, il s’était inscrit pour devenir pompier et sa formation avait commencé immédiatement et durerait encore deux semaines. Il avait hérité au passage d’une adolescente de dix-sept ans qu’il devait gérer et rien n’était facile entre eux, parce qu’il n’avait pas passé beaucoup de temps à l’appartement. Il était allé voir l’état civil pour rétablir son nom, son identité et faire retirer la pierre tombale qu’on lui avait installé, aux côtés de son meilleur ami. Sa gorge s’était serrée en voyant le nom de Jamie sur cette pierre froide et vide de son corps puisqu’il avait son urne pleine de cendres sur un meuble chez lui. Il était allé voir sa mère, qui avait frôlé la crise cardiaque et c’est ainsi qu’il s’est rendu compte que personne n’avait pris la peine de la prévenir qu’il n’était pas mort. La communication entre les Etats-Unis et l’Australie était visiblement difficile. Il avait dû régler un tas de choses, des choses qu’il n’avait pas pu faire depuis sa chambre d’hôpital, il s’était trouvé un appartement à la dernière minute pour accueillir sa sœur, il avait réussi à trouver une formation mais sa vie restait à se reconstruire. Chaque soir, lorsqu’il observait l’urne qu’il gardait près de lui, il pensait à Catherine qu’il n’avait pas encore trouver le courage d’aller voir. Il ne l’avait, il faut dire, pas encore retrouvé. Il avait eu tant à faire, il avait appris qu’elle ne vivait plus au même endroit et ses recherches pour la retrouver n’avaient pas été concluantes.

Il continuait donc de taper inlassablement dans son punching-ball quand le chef vint les voir pour leur annoncer la fin de leur session de formation. Ils s’empressèrent alors de tous se doucher. Dwight prit rapidement sa douche et sortit, il revêtit sa tenue de pompier, il était de garde avec ses camarades en formation ce soir, et se dirigea vers les toilettes. Il allait ouvrir la porte quand quelqu’un l’interpella. « Si j’étais toi, je n’ouvrirais pas, un tuyau a lâché, il y a de l’eau partout, le plombier ne vient que demain ! » « Et on fait comment ? On passe derrière la caserne ? » Demanda Dwight, légèrement plus agressif qu’il ne l’aurait voulu mais on le privait d’un besoin vital, chose qu’il avait du mal à supporter après deux ans de captivité. Voilà à quoi il était réduit, prendre la mouche parce qu’on l’empêchait de vider sa vessie. Il était instable psychologiquement, il le savait mais préférait ne pas y prêter la moindre attention. « Tu peux faire ça mais si le chef te voit, il ne va pas être content, non mais tu peux te contenter d’aller du côté des ambulanciers, ils ont eu une fuite le mois dernier, ils comprendront notre situation ! » Marmonnant et agacé de ne pas y avoir pensé lui-même, il fit demi-tour sans un « merci » pour son collègue. Mais ce dernier avait l’habitude, comme tous les autres maintenant. Il se dirigea à pas lent vers le coin des ambulanciers qui partageaient la caserne avec eux mais qui étaient séparés par la grande cour pour ne pas se marcher les uns sur les autres. Le travail des ambulanciers dépendait souvent de celui des pompiers et inversement, la raison pour laquelle ils étaient réunis au même endroit. Il franchit donc la distance qui les séparait et ouvrit une porte pour s’engouffrer à l’intérieur. L’endroit semblait peu fréquenté à cette heure, ils devaient être en mission ou quelque chose du même genre. Dwight s’empressa de fouiner un peu pour trouver les toilettes, peu familiarisé avec les lieux pour l’instant. Il se dirigea donc au hasard à travers les quelques couloirs et déboucha sur ce qui ressemblait à s’y méprendre à leur propre salle de repos. Il vit une tête se lever vers lui et recula instinctivement. « Désolé, je cherchais juste… » Il se stoppa net en observant le visage qu’il venait de découvrir et son cœur manqua un battement dans sa poitrine lorsqu’il comprit, lorsqu’il se rendit compte qu’il avait devant lui la femme qu’il aimait depuis qu’il était en âge de s’intéresser aux filles, depuis ce jour où elle s’était pavanée en maillot de bain devant lui. Il ne s’était jamais attendu à tomber sur elle par pur hasard, encore moins sur son nouveau lieu de travail. Elle devait le penser mort, il n’avait pas encore manifesté un signe de vie, elle devait croire qu’il avait péri en Afghanistan et il restait planté devant elle, comme en état de choc. Il secoua légèrement la tête pour se remettre les idées en place, voilà plus de quatre ans qu’il ne l’avait pas vu mais elle avait l’air rayonnante, magnifique. Elle avait fait son deuil, lui disait une petite voix dans sa tête et cette simple information suffisait presque à lui briser le cœur en milliers de morceaux. « Catherine… » Il était probablement l’un des seuls à utiliser son prénom complet, beaucoup l’appelait « Cath » ou encore « Cathy », il était si aisé de raccourcir son prénom mais il le trouvait si beau qu’il n’en serait pas capable. Il préférait donc utiliser son prénom de naissance lorsqu’il s’adressait à elle, comme ce fut le cas depuis qu’il avait fait sa connaissance. « Je suppose que c’est culotté de ma part d’être surpris de te voir quand tu dois avoir mille questions. On ne t’a sûrement pas prévenu de mon retour et du fait que je ne suis pas mort, on n’a même pas pris la peine de prévenir ma mère… je suis heureux de te revoir après tout ce temps. » C’était probablement l’une des plus longues phrases qu’il avait prononcé depuis qu’il s’était réveillé aux États-Unis. Aucune émotion ne passait sur son visage et pourtant, il était tant ému de la revoir qu’il aurait pu se mettre à rire et à pleurer en même temps. Mais il n’était plus le même homme et il ne savait même pas comment Catherine prendrait son retour. Il ignorait ce qu’elle allait dire, il espérait juste qu’elle ne manquerait pas de s’écrouler, comme sa mère l’avait fait, il ne voulait pas la blesser.

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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Mar 4 Déc 2012 - 14:47

Catherine & Dwight


Chaque nuit, alors que je m’endors seule dans ce grand lit, j’espère de tout mon cœur qu’à mon réveil je me souviendrais. Mais j’ai beau espérer, quand je me réveille chaque heure de ces longues nuits, ces cinq dernières années restent un mystère pour moi. J’en viens à ne plus pouvoir fermer l’œil essayant de creuser au plus profond de mon esprit pour y retrouver le moindre petit souvenir de cette vie qui m’est à présent inconnu et de ce qui l’occupe. Alors je fais les cents pas dans l’appartement dans lequel je vis aujourd’hui, à la recherche de la moindre information qui pourrait m’aider et encore une fois, je me retrouve face à lui. « Catherine, qu’est-ce que tu fais debout ? » Je le regardais, un peu perdue dans mes pensées et ne cherchant même pas à lui répondre. Il savait. « Je pourrais te poser la même question, si je ne connaissais pas déjà la réponse. » Je m’autorisais un léger sourire auquel il ne répondit pas. Il baissa un instant la tête avant de me regarder à nouveau et je pu lire la culpabilité dans ses yeux. Il allait prendre la parole, mais je ne le laissais pas faire. « Non… Non Rafael. Je ne veux plus en parler. » Je voyais qu’il se retenait et j’en profitais pour retourner dans la chambre et m’y enfermer. Je me laissais glisser, dos contre la porte et une fois à terre, je sentis les larmes sur mes joues. Je tentais d’étouffer mes sanglots entre mes mains alors que la panique me gagnait de plus en plus. J’étais effrayée et plus tôt dans la journée, j’avais appris que la seule personne qui aurait pu me rassurer, était aussi celle que j’avais perdue. J’avais perdu mon dernier souvenir et la dernière personne que j’avais aimée…

« Hey, tu es déjà debout ? » Je venais d’entrer dans la cuisine tandis que Rafael se servait un café. Je lui tendais une seconde tasse et lui répondais : « Oui. Je crois qu’il est temps que je sorte un peu. Alors je vais aller travailler. » J’aurais surement dû attendre qu’il ait finit de servir le café pour lui dire ça, car il se renversa la moitié de la boisson chaude sur la main. Je grimaçais de douleur en le voyant agiter sa main et reposer la cafetière et je prenais un chiffon pour nettoyer le plan de travail. « T’es sérieuse là ? » Me demanda-t-il. Il ne semblait pas certain que cela soit une bonne idée, mais pour ma part, j’en avais plus qu’assez de rester enfermé ici, à me morfondre sur moi-même. Et j’avais déjà fait le tour de la ville, mais à part quelques changements que j’avais pu observer, cela n’avait rien donné de très concluant. J’avais besoin de m’occuper l’esprit… C’est fou, mais lorsque je souhaite me souvenir, rien ne me revient et lorsque j’essaye d’oublier, je n’y arrive pas non plus. Au final, je ne sais pas vraiment ce qui est le mieux. Et si dans mes vieux souvenirs, je découvrais encore de ces choses que je n’aurais jamais voulu savoir ? Peut-être que Rafael aurait dû continuer de me mentir, parce qu’aujourd’hui, je ne sais pas si je veux encore me souvenir ou juste poursuivre ma vie. « Très bien, si c’est ce que tu veux, je t’y conduirais. » Finit-il par me dire après une courte discussion durant laquelle je ne lui avais laissé aucune chance. Je souriais tendrement et finissais ma tasse de café avant de me rendre dans la salle de bain pour me préparer.

En quittant Rafael, j’étais loin de me douter que ce serait aussi difficile. Une nouvelle fois, je ne reconnaissais, ni les lieux, ni les gens qui me saluaient. Fort heureusement, je connaissais encore mon métier, mais la panique me gagnait à nouveau et je dû mettre toute mon énergie pour ne pas partir en courant. Je passais donc ma journée à jouer un rôle, celui d’une femme que je ne connaissais qu’à moitié et dès que j’avais un instant, je m’éclipsais pour me reprendre. Cachée dans l’une des nombreuses pièces du bâtiment, je laissais aller quelques larmes avant de ressortir tout sourire et de rejoindre mes collègues. Dans cette ambulance avec mon coéquipier, je comptais les secondes avant de pouvoir faire une pause dans mon petit jeu. En définitive, la journée fut éprouvante et elle était loin d’être terminée. Installée à la cafeteria, je profitais de l’absence de tout le monde pour me perdre dans mes pensées. Sur mon poignet, du bout du doigt, je redessinais le cœur qui s’y trouvait, murmurant quelques mots. « J’ai besoin de toi… » Je m’interrompis en entendant des pas venir en ma direction et relevais la tête vers quelqu’un que je pensais à nouveau être un inconnu. « Désolé, je cherchais juste… » Mon cœur manqua un battement. Cela ne pouvait pas être réel… Dwight est mort, c’est ce que m’a dit Rafael. Il m’a regardé dans les yeux et il me l’a dit. Alors comment pourrait-il se trouver face à moi ? « Catherine… » Ma gorge se serrait alors que j’avais l’impression de devenir folle. Je n’arrivais pas à détacher mon regard de lui, j’espérais tant que tout cela soit réel, qu’il soit réel. Je l’écoutais et j’étais comme dans un autre monde. « Je suppose que c’est culotté de ma part d’être surpris de te voir quand tu dois avoir mille questions. On ne t’a sûrement pas prévenu de mon retour et du fait que je ne suis pas mort, on n’a même pas pris la peine de prévenir ma mère… je suis heureux de te revoir après tout ce temps. » J’eu du mal à suivre chacune de ses paroles et je commençais même à m’y perdre un peu. Je n’arrivais toujours pas à répondre à ma question, était-ce un rêve ou était-il vraiment là ? Ce n’est qu’en cédant à une pulsion que je compris que tout ça était bien réel. La chaleur de son corps contre le mien, son souffle dans mon cou et finalement ses bras autour de moi, tout cela ne pouvait pas être mon imagination. Il était là et je serais bien restée des heures comme ça, mais je revins vite à la réalité et je me détachais soudainement de lui pour aller claquer violemment ma main sur sa joue. J’étais passée en un instant, de la femme rêveuse, à la femme furieuse. « Non, non et non ! Tu n’as pas le droit de faire ça ! Tu… On m’a dit que tu étais mort ! Tu ne peux pas réapparaître comme ça, c’est impossible ! » Il devait sans doute me prendre pour une folle, moi-même je me croyais folle. J’avais pleuré cet homme toute la nuit et surement plus encore et aujourd’hui, il réapparaissait en chair et en os. Je le regardais partagé entre la peur et la joie de le retrouver, la peur prenant le dessus. « Dis moi que je ne suis pas folle. » Repris-je gentiment.

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J'te mentirais si je te disais que je n'y pense plus et que ça ne me fait plus rien. J'te mentirais si j'te disais que ton absence m'importe peu, et qu'à tes silences je ne pleure jamais. J'te mentirais si j'te disais que je ne souffre pas, que j'pense à autre chose qu'à toi parfois. Et si j'te disais que j'ris beaucoup, que j'me sens libérée... Alors là aussi j'te mentirais. Surtout j'te mentirais si j'te disais que j'm'en fous, que de toute façon je ne t'aime plus, et que t'es plus rien du tout.
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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Mar 4 Déc 2012 - 21:13

catherine & dwight

Dwight aurait pu rester presque des heures sans bouger à la contempler tant il se délectait de la revoir. Elle n’avait pas beaucoup changé, elle avait tout de même vieilli de cinq ans et son visage semblait plus mûr mais jamais il lui avait paru plus beau. Elle était toujours aussi belle, gracieuse, elle était son rêve à lui, celle qu’il avait aimé si fort pendant tant d’années et à qui il n’avait cessé de penser quand il était au plus bas, quand il devait subir mille tortures, quand il pensait que tout était terminé, qu’il finirait par y passer. Et pourtant aujourd’hui de retour en Australie, la voilà devant lui et il ne pouvait s’empêcher de la regarder, d’analyser ses réactions et bien sûr, la première qui traversa son regard fut le choc de le voir. Elle était immobile, elle le regardait, comme si elle n’en croyait pas ses yeux. Voilà quatre ans qu’ils ne s’étaient pas vus, on avait annoncé sa mort à tous ses proches, il avait même eu droit à un enterrement, comment pouvait-il lui reprocher sa réaction ? Peut-être aurait-il dû appeler avant de la revoir ? Mais il ne s’attendait pas une seconde à la retrouver à la caserne en réalité, il n’était pas sûr de ne pas être lui-même en état de choc même s’il fut le premier à prendre la parole. Sa mère avait manqué le malaise de près mais pour une femme de plus de soixante ans, il pouvait s’estimer heureux de ne pas l’avoir tué sous le choc le soir où il avait frappé à sa porte pour la retrouver. Elle avait été la première personne à apprendre son retour, elle et l’ivrogne qu’elle avait épousé pendant son absence. Mais Catherine, la situation était si différente avec elle parce qu’il avait peur de la retrouver au fond de lui. Il savait qu’après deux ans, elle avait du faire sa vie, continuer à vivre sans lui mais cette simple idée lui faisait mal, le mettait au supplice et il préférait ne pas y penser tout de suite, pour éviter simplement de se briser le cœur lui-même sur de simples déductions. Il n’était pas vraiment sûr de vouloir le lui demander, il garderait ce genre de questions pour plus tard. Il n’eut cependant pas le temps de bouger et il ne s’aperçut même pas qu’elle-même l’avait fait, il sentit simplement ses bras autour de sa taille et immédiatement, il la serra dans ses bras, baissant le visage pour déposer un baiser dans ses cheveux, sur sa tête pour finalement l’enlacer, elle lui avait tant manqué. Mais il n’eut pas le temps de dire quoique ce soit, pas même celui de profiter de cette étreinte, il n’eut pas une seconde pour sentir son parfum qu’il n’avait jamais oublié qu’elle s’écarta et avant qu’il ne puisse l’éviter, elle le gifla. « Non, non et non ! Tu n’as pas le droit de faire ça ! Tu… On m’a dit que tu étais mort ! Tu ne peux pas réapparaître comme ça, c’est impossible ! » Il entendit à peine ses mots, il sursauta violemment et s’écarta d’elle encore plus, mettant une distance raisonnable entre eux, reculant, comme électrocuté par son contact. Comme si sa simple gifle lui avait fait l’effet d’un coup de poing en plein visage. Et c’était ce qu’il ressentait, son corps se mit à trembler, non de peur mais d’une colère contenue. Deux ans, deux longues années à subir des tortures, des sévices sur son corps et quand il pensait retrouver la douceur d’une femme, le bonheur d’une étreinte chaude et confortable, voilà qu’on le frappait encore, comme si son corps était un appel aux coups. S’il s’était attendu à ça, il le l’aurait certainement pas laissé approcher de lui. Mais il dût se raisonner, se sermonner pour ne pas céder à la folie qui se cachait derrière son semblant de calme, son illusion de contrôle. Il savait qu’un rien pouvait le faire chavirer dans la folie, qu’il n’était pas loin d’un point de rupture qui le menaçait à tout moment mais elle n’en savait rien, elle n’y était pour rien. Elle laissait simplement exprimer sa colère, sa frustration, sa peine sûrement et il ne pouvait lui en vouloir. Il s’agissait de Catherine, l’amour de sa vie. Il avait perdu, l’espace de quelques minutes, le contrôle sur son corps qui continuait de trembler tandis qu’il tentait de marcher pour défouler tout ce que son coup avait déclenché en lui.

Il déglutit pour se redonner de la contenance, il n’y avait que Catherine pour le faire chavirer de cette façon, pour l’amener au bord du gouffre. Mais il avait changé, il n’était plus le Dwight qu’elle avait connu. « Dis moi que je ne suis pas folle. » Il ancra son regard dans le sien et comprit qu’elle était perdue, qu’elle cherchait à savoir s’il était vraiment là, si elle n’était pas en train de devenir dingue. Il arrêta son regard, la fixant, fermant les yeux quelques secondes pour se calmer, les rouvrant pour l’observer à nouveau. « Attends tu… tu ne peux pas refaire ça ! » Articula-t-il difficilement à son attention, faisant référence à la gifle qu’elle venait de lui administrer sans autre forme de procès. Il savait que ce serait lui qui paraîtrait fou mais il avait besoin de le lui préciser avant qu’elle ne s’amuse à recommencer. Il ferma une nouvelle fois les yeux et soupira. Elle avait besoin qu’il la rassure, pas qu’il lui fasse une crise de nerfs pour une simple gifle, quoiqu’il ne la pensait pas méritée, il n’avait pas fait exprès d’être capturé par l’ennemi. Ce n’était pas non plus lui qui avait déclaré à l’Etat sa mort officielle, mais pour l’heure, il lui fallait la rassurer sur son état mental. Il rouvrit les yeux pour planter son regard dans celui de la jeune femme, sans pour autant se rapprocher d’elle. Sa voix était redevenue calme, apaisante. « Tu n’es pas folle Catherine, je me suis moi-même cru mort un millier de fois mais j’ai réussi… enfin, des troupes m’ont retrouvé, ils m’ont ramené en Amérique, ma guérison a pris plusieurs mois, je n’avais aucun moyen de reprendre contact avec qui que ce soit. J’ai enfin pu rentrer il y a une semaine, je voulais te retrouver mais j’aurais préféré faire les choses en douceur. » Un coup de téléphone, une lettre, un mot, n’importe quoi de moins direct que cette rencontre si soudaine. Il aurait aimé la préparer, et même se préparer lui-même, il aurait pu s’éviter une gifle. Mais il n’y pouvait plus rien et le destin les avait réuni, il n’allait certainement pas s’en plaindre. « Je t’assure que je suis bien là, bien vivant et je ne risque pas de repartir de sitôt. » Ce qui pouvait amener la question de savoir si elle l’avait oublié, si elle refait sa vie mais il était hors de question qu’il se la pose maintenant et encore moins qu’il lui demande. Il fit un pas en avant mais se stoppa, comme bloqué par les sentiments de Catherine, ne sachant pas comment elle allait de nouveau réagir. « Tu m’as manqué, chaque jour depuis que je suis parti, il y a tant à dire que je ne sais même plus par où commencer. » Peut-être lui dirait-elle si elle arrivait à se remettre du choc initial. Peut-être avait-elle un millier de questions, lui-même en avait des dizaines de milliers sur le bord des lèvres mais il attendrait, patient, qu’elle se familiarise avec l’idée qu’il était là. Lui savait qu’il la reverrait un jour, ce n’était pas un choc pour lui, simplement de l’avoir retrouvé si vite. Elle l’avait cru mort pendant deux ans et demi, il pouvait comprendre qu’elle mette quelques minutes pour se reprendre.

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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Dim 9 Déc 2012 - 20:17

Catherine & Dwight


Je me suis réveillée un matin et avant que j'ouvre les yeux, pour moi, ce jour ressemblait à tous les autres. J'étais épanouie et cela se lisait sur mes lèvres. Mais ça, c'était avant que je me rende compte que ces cinq dernières années ne faisaient plus partie de mes souvenirs. Elles avaient disparu et à présent, c'était comme si je ne les avais jamais vécues. Mais s'il y avait bien une chose que je n'avais pas oublié c'était ce visage, celui de l'homme dont j'avais appris la soit disant mort pour la seconde fois, hier. L'homme que j'avais aimé et que j'aimais encore avec certitude. C'était une sensation bizarre que de se dire que nous avions vécu tant de choses dont j'étais incapable de me souvenir. Malgré tout, secrètement, tout en essayant de me souvenir de ce qui m'avait mené jusque-là, j'avais imaginé ces instants avec lui. Je m'étais laissée aller à rêver à cette vie que nous avions peut-être vécue après la tempête, à ce petit bout de chemin que nous avions fait ensemble et je le faisais encore dans ses bras aujourd'hui, à la seule différence que cette fois-ci ce n’était pas des larmes de tristesse que je retenais, mais bel et bien des larmes de joie. J’étais heureuse de le retrouver, même si l’espace de quelques secondes je n’y cru pas, j’étais soulagée de voir qu’il allait bien, enfin qu’il s’en était sorti. Ce qui n’expliquait certainement pas le geste qui suivit cette douce étreinte. Il ne méritait pas cette gifle et j’en pris conscience en voyant sa réaction. Je ne savais ce qui m’était passé par la tête, mais toute cette joie que je ressentais s’était mêlée à la colère et la frustration. Il m’avait fait le plus beau cadeau que je puisse espérer en réapparaissant dans ma vie, du moins c’est ce que je pensais aujourd’hui, pourtant je lui en voulais. Durant ces années que j’avais oubliées et durant cette nuit qui me revenait à l’esprit, il m’avait abandonné. Ce n’était certainement pas sa faute, mais à l’heure actuelle, je ne pouvais m’empêcher d’en vouloir à la terre entière.

Alors que nous avions tous les deux pris nos distances, Dwight articula quelques mots. « Attends tu… tu ne peux pas refaire ça ! » J’avais l’impression de devenir folle et il ne fit que confirmer ce sentiment, pourtant les yeux légèrement humides, j’étais avant tout intriguée par son comportement. Il y a quelques années encore, il aurait surement passé sa main sur sa joue et haussé le ton pour me faire comprendre qu’il n’était pas le genre de mec à qui on mettait une gifle, mais en l’observant je remarquais qu’il avait changé, que quelque chose était différent. Il semblait chercher à se calmer en refoulant je ne sais trop quels sentiments. Je n’arrivais pas à savoir si c’était de la colère ou de la peur, mais je m’en voulais de plus en plus pour cette gifle. Ce n’était pas le genre de Dwight de refouler ses sentiments, au contraire, il avait toujours été plus doué que moi pour extérioriser. Et moi je venais tout gâcher avec un geste totalement stupide. Je cherchais à me rapprocher à nouveau, mais j’étais comme bloquée. Alors je baissais la tête, honteuse. « Tu n’es pas folle Catherine, je me suis moi-même cru mort un millier de fois mais j’ai réussi… enfin, des troupes m’ont retrouvé, ils m’ont ramené en Amérique, ma guérison a pris plusieurs mois, je n’avais aucun moyen de reprendre contact avec qui que ce soit. J’ai enfin pu rentrer il y a une semaine, je voulais te retrouver mais j’aurais préféré faire les choses en douceur. » Sa voix était d’une douceur telle, que je relevais instantanément les yeux vers lui, plongeant mon regard dans le sien avant de le détourner en entendant ses dernières paroles. « Et moi donc. » Je me doutais bien qu’il ne voulait pas parler de la gifle, mais j’y trouvais l’occasion de m’excuser pour mon geste déplacé et irréfléchi. « Excuses moi pour la gifle, je ne sais pas ce qui m’a pris… Et merci de ne pas me prendre pour une folle. » Dis-je, sans doute les joues légèrement rougies par la gêne. Soudainement, face à ses explications, j’avais tout un tas de questions qui me venaient à l’esprit, mais je n’eus pas le temps de les poser, qu’il reprit la parole avec des mots toujours aussi rassurant. « Je t’assure que je suis bien là, bien vivant et je ne risque pas de repartir de sitôt. » Je me mordis la lèvre tout en affichant un petit sourire satisfait. « Tant mieux, ça m’évitera de devoir te retenir… Quoi que je ne suis pas sûr de faire le poids. » Dis-je en tentant une légère pointe d’humour comme pour détendre l’atmosphère. Mais à l’heure actuelle, c’était surtout moi que j’essayais de détendre. J’avais l’impression de redevenir cette adolescente amoureuse du meilleur ami de son frère alors que nous avions déjà vécu tout un tas de choses. Mais c’était sans doute mon amnésie persistante qui me ramenait si loin. Je le vis faire un pas en avant et se stopper. J’aurais tant voulu qu’il continue, mais je me contentais de ses douces paroles, comprenant très bien qu’il n’ose plus vraiment s’approcher de moi. « Tu m’as manqué, chaque jour depuis que je suis parti, il y a tant à dire que je ne sais même plus par où commencer. » « Tu m’as manqué aussi. » Émue, je laissais échapper une petite larme que je m’empressais d’essuyer d’un revers de main avant replonger mon regard dans celui de Dwight. « Désolée… Euh… Et si tu commençais par m’expliquer. » Lui demandais-je avant d’aller rejoindre la chaise que j’occupais il y a encore quelques minutes, lui proposant de faire de même en tirant la chaise d’à côté. J’attendais qu’il vienne s’assoir pour reprendre la parole. « Tu… Tu as dit tout à l’heure que des troupes t’avaient retrouvé, mais où étais-tu tout ce temps alors ? Qu’est-ce qui s’est passé ? » Je ne passais pas par quatre chemins, même si j’étais consciente que ce que je lui demandais n’était surement pas facile, j’avais besoin de savoir ce qui l’avait empêché de rentrer auprès de moi et pourquoi, un beau matin, je me suis réveillée aux côtés d’un autre, ce que je n’avais toujours pas eu l’occasion de lui avouer et qui m’était même sortie de la tête, tellement j’étais heureuse de le retrouver. Mais viendrait le moment d’être totalement honnête et de revenir à la réalité… Juste, pas maintenant, là, je me contentais de l’observer comme je n’avais pas pu le faire depuis… depuis trop de temps.


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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Lun 10 Déc 2012 - 21:14

catherine & dwight

Dwight ressentit presque en même tant que Catherine la honte d’avoir fait ou d’avoir dit quelque chose qu’il ne fallait pas, qui pouvait blesser l’autre. Il n’aurait pas dû réagir ainsi, elle était en droit de lui en vouloir pour l’avoir abandonné toutes ces années, pour l’avoir laissé faire son deuil de son côté, pour l’avoir fait souffrir comme il l’avait fait même s’il n’avait rien pu y changer. Il avait été prisonnier durant deux ans et il ne pouvait pas imaginer ce qu’elle avait dû ressentir de son côté, ce qu’elle avait éprouvé. Lui-même n’avait pas songé, du fin fond de sa cellule en Afghanistan, à ce qu’elle avait ressenti, à la douleur qui aurait été la sienne si elle avait disparu sans laisser de trace, si on l’avait déclaré morte sans qu’il n’ait eu le temps de lui dire tout ce qu’il avait encore à lui dire, sans lui avouer une dernière fois qu’il l’aimait comme un fou et qu’il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne lui manque. Non, il n’avait pas pensé à se mettre à sa place et à la colère contenue qu’il aurait pu ressentir en la voyant réapparaître après tout ce temps. Il la comprenait et pourtant, il ne pouvait pas se contrôler comme il l’aurait voulu. La colère s’immisçait en lui, se précipitant dans ses veines aussi efficacement qu’un poison destiné à le détruire. Si Catherine avait été un homme ou n’importe qui d’autre que la femme qu’il aimait par-dessus tout, il aurait pu réagir plus violemment, il aurait pu perdre son sang-froid mais il était ravi de voir qu’il avait encore assez de contrôle sur lui-même pour ne pas se laisser totalement aller, sans vouloir une seconde effrayer la jeune femme. Pourtant, son corps s’était mis à trembler de cet effort qu’il faisait pour se maîtriser et en la voyant baisser les yeux de honte, il sentit une sueur froide glisser le long de son échine. Ce n’était pas comme ça qu’il voulait que leurs retrouvailles se passent, il avait envie de profiter de cet instant avec elle, ce pourquoi il préféra la rassurer, tenter de lui expliquer au mieux, même si lui-même avait parfois encore du mal à tout comprendre et même s’il avait encore énormément de questions pour elle. Il sut qu’il avait réussi à apaiser sa honte et à rétablir un équilibre entre eux lorsqu’il put à nouveau croiser son regard et il sentit son cœur se gonfler dans sa poitrine avant de perdre à nouveau le contact, sans qu’il ne s’explique pourquoi. « Excuses moi pour la gifle, je ne sais pas ce qui m’a pris… Et merci de ne pas me prendre pour une folle. » Il esquissa légèrement un sourire, même s’il ne s’approchait toujours pas d’elle, même s’il gardait une certaine réserve, il ne voulait surtout pas qu’elle croit qu’il lui en voulait encore. « Je crois que je peux comprendre ce que tu ressens, ne t’excuses pas. » Elle n’y pouvait rien s’il était absolument incapable de réagir normalement. En temps normal, il n’était pas du genre à se laisser faire, à se laisser gifler sans réagir, sans protester mais sa réaction pouvait sembler démesurée, il n’aurait pas réagi comme cela quelques années plus tôt et il en avait parfaitement conscience, c’était peut-être la raison pour laquelle il passait plus facilement, oubliant ce geste tant il était heureux de la revoir de ses propres yeux quand il n’avait eu qu’une photo pour se donner du courage ces deux dernières années. Une photo abimée, usée, cornée et poussiéreuse qui lui avait servi à tenir le coup, coûte que coûte. « Tant mieux, ça m’évitera de devoir te retenir… Quoi que je ne suis pas sûr de faire le poids. » Il esquissa légèrement un sourire devant sa tentative d’humour qu’il appréciait. Il ne s’était pas encore rendu compte combien la situation pouvait être étrange, combien il y avait tant à dire, tant à raconter. Elle devait avoir des tas de choses à lui dire, elle devait avoir vécu pendant deux ans et il brûlait d’envie de tout savoir mais d’une certaine façon, se serait à lui de passer aux aveux en premier, c’était lui qui avait disparu sans laisser de trace, non l’inverse. Mais la situation lui paraissait moins étrange en voyant le sourire de la belle blonde. « Tu n’en auras pas besoin de toute manière, crois-moi, je ne vais nulle part. » Lui-même avait besoin de s’en persuader, parce que cela lui semblait tellement étrange d’être libre. Il se réveillait parfois dans la nuit, constatant qu’il s’était roulé en boule, les mains au-dessus de la tête, comme il avait l’habitude de s’endormir pour se protéger des coups matinaux de ses ennemis. Il avait encore des réflexes de captif, cela ne partirait pas de sitôt, mais il avait hâte de reprendre une vie totalement normale.

« Tu m’as manqué aussi. » Il vit une larme couler le long de sa joue et il eut envie de l’essuyer mais elle le prit de cours et s’en chargea elle-même. Il fit un nouveau pas en avant, attendri par cette démonstration mais il finit par détourner les yeux, comme s’il était gêné par cette marque d’affection. En réalité, il réussit de justesse à cacher son malaise et stoppa son élan. Il venait, en l’espace de quelques secondes, d’avoir l’impression de recevoir une autre gifle et même pire, un coup de poing en pleine ventre, comme si on tentait de le mettre à terre. Il s’employa, les yeux toujours détournés à reprendre contenance pour qu’elle ne se doute de rien, ce n’était pas le moment d’en parler. De parler de ce bijou, de cette simple bague qui pouvait paraître anodine mais pas quand elle était portée comme Catherine la portait. Il reporta son attention sur la jeune femme, prenant soin de ne pas attarder son regard sur sa main quand il avait l’impression que tout était ruiné, qu’il avait non seulement perdu deux années de sa vie, qu’il avait perdu son meilleur ami, son frère et maintenant, il perdait l’amour de sa vie, la seule femme qu’il avait aimé dans toute son existence et jusqu’ici. Mariée, elle était mariée. « Désolée… Euh… Et si tu commençais par m’expliquer. » Il fit comme s’il n’avait rien remarqué et la regarda s’éloigner de lui pour se rasseoir et il s’approcha à son tour, prit la chaise qu’elle lui avait désigné et la plaça en face de la jeune femme, il la retourna et s’assit à cheval dessus. Il posa ses avant-bras sur le dossier de la chaise et l’observa avant de se forcer à sourire légèrement, même s’il avait l’impression qu’un poids lui était tombé au creux de l’estomac. « Tu… Tu as dit tout à l’heure que des troupes t’avaient retrouvé, mais où étais-tu tout ce temps alors ? Qu’est-ce qui s’est passé ? » Il regarda légèrement autour de lui, il allait devoir s’expliquer, comme il l’avait fait avec sa mère, même s’il ne rentrerait pas autant dans les détails avec Catherine. Un poids restait important sur ses épaules : Jamie. Dwight savait qu’elle finirait par lui poser des questions sur lui, ce qu’il était devenu et il n’était pas sûr d’avoir le courage de lui raconter la vérité. Il s’éclaircit légèrement la voix avant de reporter son attention sur Catherine, soucieux d’un détail. « J’étais en Afghanistan, je n’ai jamais quitté ce pays, pas au cours des quatre dernières années. » Il lui semblait important de le préciser même si pour lui, Catherine le savait parfaitement puisqu’ils avaient passé deux ans à ne communiquer que par webcam, mails et lettres et les quelques moments par an qu’ils pouvaient partager lorsqu’il était en permission. Mais il tenait à lui préciser qu’il n’avait pas tenté de faire sa vie ailleurs, il n’avait pas eu le choix, s’il l’avait eu, elle aurait été à ses côtés à chaque instant de son existence. « Le jour où on était supposés rentrer, une équipe a attaqué nos troupes, on était dix sur le chemin du retour, ils ont attaqué notre camion et ont fait prisonnier la plupart d’entre nous. » Il ne savait pas ce qu’il était bon de préciser ou non mais dire que l’autre partie était morte pendant l’assaut ne lui semblait pas vraiment utile, il gardait les horreurs pour lui, pas question d’accabler Catherine d’images cauchemardesques. « Pendant deux ans et demi, on est restés prisonniers, ils avaient besoin d’informations, informations que nous ne possédions pas mais ils s’en fichaient, du moins c’était l’impression qu’on avait jour après jour. Ils n’ont jamais réclamé quoique ce soit à nos pays respectifs, pas de rançon, pas d’échange de prisonniers, personne ne savait qu’on était détenu là-bas, je pense que je ne dois mon salut qu’au fruit du simple hasard, les troupes américaines sont arrivées pour démanteler l’organisation et ont trouvé plus que ce à quoi ils s’attendaient… » Il avait dit « nous » depuis le début et était passé au « je » pour parler de sa libération, il agissait en parfaite connaissance de cause, il voulait qu’elle comprenne qu’il avait été le seul à en réchapper, il était le seul survivant. « Quand j’ai touché le sol Américain, ils m’ont plongé dans le coma pour me laisser récupérer, pour donner le temps nécessaire à mon corps de guérir. » Ce qui en disait long sur l’état de ses blessures lorsqu’on l’avait retrouvé. Il finit par tourner de nouveau le visage vers la jeune femme, à peine conscient de l’avoir détourné à un moment.

Il finit, plus consciemment par détourner les yeux pour se poser à nouveau sur sa main gauche et un léger sourire en coin lui échappa, même s’il n’avait plus rien de vraiment joyeux. « C’est à peu près tout ce qu’il est intéressant de savoir même si je peux comprendre que tu aies d’autres questions. » Il ne savait pas ce qu’il pouvait lui dire de plus alors il la laisserait lui demander des précisions, au cas où. Sans plus pouvoir s’en empêcher, il continuait de fixer son alliance avant de relever les yeux vers elle. « Chaque jour pendant ces deux années, je me disais que je perdais un peu chaque jour une vie que je rêvais d’avoir, et j’ai finalement perdu deux ans. Mais j’ai l’impression que ce n’est pas la seule chose que j’ai perdu… » Il avait toujours été ainsi, s’il donnait l’impression d’être insensible, il disait les choses comme il les pensait, comme elles lui passaient par la tête, la sincérité brute et sans fioriture. Il finit par lui demander. « Tu as dû en vivre des choses en deux ans, à toi de me raconter ce qu’il t’est arrivé. » Même si pour la part la plus importante de sa vie, il était plus qu’évident qu’il l’avait deviné.


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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Mar 22 Jan 2013 - 11:56

Catherine & Dwight


J'étais partagée entre cette fille qui a vécu trop de temps loin de l'homme qu'elle aimait, qui l'a cru mort et qui a décidé de poursuivre sa vie tant bien que mal et celle qui a oublié tous ces tristes moments, ne se rappelant que de son souffle dans le creux de son cou, de ses bras autour d'elle et de ses douces pensées qu'elle avait pour lui. Je ne savais plus qui j'étais et comment je devais me comporter face à lui. Non seulement car je vivais actuellement des choses qui me dépassaient, mais aussi, car lui en avait vécu et qu'il revenait changé. J'avais cette sensation étrange de le rencontrer pour la seconde fois, comme si j'apprenais à nouveau à le découvrir, comme je le ferais avec un inconnu, pourtant les sentiments que j'avais pour lui et qui n'avait fait que s'intensifier avec le temps, n'était pas ceux que l'on ressentait pour un parfait inconnu.
J'étais à la fois troublée par cet homme mystérieux, et soulagée, car j'avais l'impression que sa présence suffirait à tout arranger. Et les mots qui suivirent ne firent que me conforter dans cette idée: « Tu n’en auras pas besoin de toute manière, crois-moi, je ne vais nulle part. » Je ne saurais expliquer pourquoi, mais ces simples paroles me rassuraient, peut-être parce qu'avec lui je m'étais toujours sentie en sécurité et parce que mon dernier souvenir n'était autre que lui. Lorsque j'avais appris sa mort, le moi qui a oublié ces cinq dernières années, c'était comme si tout s'écroulait autour de moi. Le fait de me réveiller en ayant tout oublier m'avait fait peur, mais de savoir Dwight mort m'avait terrifié. Sans lui, j'avais l'impression de ne plus avoir quoi que ce soit auquel me raccrocher, comme s'il était ma bouée prête à me sauver de la noyade. Je me rendais compte que j'avais plus que jamais besoin de lui et savoir qu'il ne me quitterait plus à présent, était tout ce que j'avais besoin d'entendre.

Nous étions à présent l'un en face de l'autre et il était tant pour moi de savoir pourquoi l'homme que j'aimais n'était jamais revenu. « J’étais en Afghanistan, je n’ai jamais quitté ce pays, pas au cours des quatre dernières années. » Commença-t-il, alors que tout cela était déjà confus dans ma tête. Mais je ne laissais rien paraître, la gifle avait suffit, pas besoin qu'il me croit réellement folle. Car j'avais un doute sur ce qu'il penserait si je lui disais que je m'étais réveillée un matin, sans me souvenir des cinq dernières années de ma vie, moi-même n'étant pas sûr d'être totalement seine d'esprit actuellement. Je me contentais donc de l'écouter attentivement, mais non sans mal... « Le jour où on était supposés rentrer, une équipe a attaqué nos troupes, on était dix sur le chemin du retour, ils ont attaqué notre camion et ont fait prisonnier la plupart d’entre nous. » ... Je voulais savoir, non pas par curiosité, car j'imaginais bien que me raconter tout ça n'était pas facile pour Dwight, mais pour comprendre, le comprendre et savoir à quel point il avait changé. Mais non sans mal car, je me doutais bien que la vérité ne serait pas agréable à entendre. Qui souhaiterait savoir les horreurs qu'on vécu les personnes qu'il aime après tout? Qui ne serait pas fou de rage en apprenant la vérité? Une vérité que Dwight semblait censurer. Ce geste protecteur me touchait, mais en même temps, j'avais horreur lorsqu'il faisait ça. Il l'avait toujours fait, même lorsque nous étions jeune, soit c'était Jamie, soit c'était lui. Mais à présent, j'étais une grande fille, je pouvais entendre les choses telles qu'elles étaient. « Pendant deux ans et demi, on est restés prisonniers, ils avaient besoin d’informations, informations que nous ne possédions pas mais ils s’en fichaient, du moins c’était l’impression qu’on avait jour après jour. Ils n’ont jamais réclamé quoique ce soit à nos pays respectifs, pas de rançon, pas d’échange de prisonniers, personne ne savait qu’on était détenu là-bas, je pense que je ne dois mon salut qu’au fruit du simple hasard, les troupes américaines sont arrivées pour démanteler l’organisation et ont trouvé plus que ce à quoi ils s’attendaient… » Il aurait fallu être stupide pour ne pas comprendre jusqu'où allait la délicatesse de Dwight. Il n'avait donc pas besoin de me faire un dessin, j'avais facilement compris que mon frère ne reviendrait pas. Mais pour une fois, je ne me laisserais pas aller en la présence de Dwight, chose que je faisais difficilement en général, voir pas. Je détournais simplement la tête un instant, histoire de reprendre mes esprits et lui accordais à nouveau toute mon attention lorsqu'il repris. « Quand j’ai touché le sol Américain, ils m’ont plongé dans le coma pour me laisser récupérer, pour donner le temps nécessaire à mon corps de guérir. » Je le regardais sans dire un mot, non pas parce que j'étais gênée, choquée ou quoi que ce soit d'autre. Mais simplement car il n'y avait rien à dire, sauf peut-être une chose... Alors que j'avais délicatement attrapé sa main, je me décidais à prendre la parole. « A présent je sais qui je dois remercier. » J'affichais un sourire discret et poursuivais. « J'imagine que ça ne doit pas être facile d'en parler et que ça ne doit pas être la première fois non plus, alors merci pour ton courage et ton honnêteté. »

Alors qu'il affichait un léger sourire, je suivais son regard jusqu'à ma main gauche, posée sur ma cuisse. Et comme-ci je venais de recevoir une décharge électrique tout droit sortie de Dwight, je lâchais instantanément sa main. « C’est à peu près tout ce qu’il est intéressant de savoir même si je peux comprendre que tu aies d’autres questions. » Je n'osais pas prononcer un mot, même pas relever le regard vers lui, tellement j'étais gênée. Je me contentais de regarder cette alliance à mon doigt, tandis qu'il posait son regard sur moi et reprenait la parole. « Chaque jour pendant ces deux années, je me disais que je perdais un peu chaque jour une vie que je rêvais d’avoir, et j’ai finalement perdu deux ans. Mais j’ai l’impression que ce n’est pas la seule chose que j’ai perdu… » Ces quelques mots me pincèrent le coeur alors que je me mordais la lèvre inférieur le plus fort possible pour ne pas me mettre à pleurer ou à crier. Car actuellement, c'est ce dont j'avais envie. « Tu as dû en vivre des choses en deux ans, à toi de me raconter ce qu’il t’est arrivé. » Je relevais brusquement la tête vers lui, me mettant inconsciemment dans la peau de la femme qui a appris la mort de son frère et de l'homme qu'elle aimait, il y a deux ans, dans la peau de celle qui a dû refaire sa vie sans jamais être capable d'oublier, celle qui a tiré un trait sur tout ce qu'elle s'était imaginée vivre, celle qui bouleversait ma vie aujourd'hui... J'avais l'impression que tout me revenait, alors que ce n'était que le récit que Rafael m'avait fait et les coupures de journaux cacher dans un tiroir avec les photos d'une vie passée. C'est dans la peau de la femme qui se souvient parfaitement des deux dernières années que je prends la parole. « Attends... Tu ne peux pas revenir comme ça et me sortir tes belles phrases. Tu ne sais pas ce que ma vie a été pendant ces deux ans et ce que j'ai perdu moi aussi. J'ai toujours pensé que c'était avec toi que je me marierais, qu'un jour tu reviendrais et que tu déciderais de ne plus repartir. Mais oh, surprise, un matin je me suis réveillée et ce n'était pas toi à mes côtés. Tu as eu ton enfer, j'ai eu le mien et aujourd'hui, tout comme toi, j'essaye d'aller de l'avant. Ca n'est pas facile et ça le sera sans doute encore moins à présent. » Malgré le ton de ma voix que j'essayais de garder calme, je ne pouvais cacher le si peu de colère que j'avais en moi. Ce n'était pourtant pas de la faute de Dwight s'il avait disparu pendant près de deux ans, mais le moindre son qui sortait de sa bouche, le moindre sourire qui s'affichait sur son visage, tout ça me rappelait à quel point je l'aimais et surtout à quel point cela m'était défendu. Car même si je ne me souvenais pas de l'homme auquel j'étais mariée, je ne pouvais pas tout simplement mettre un terme à notre histoire. Je l'ai aimé, je l'ai épousé, c'est qu'il devait en valoir la peine, alors il fallait que je découvre qui il était avant de me précipiter dans les bras de Dwight et même si cela me faisait mal. « J'aurais vraiment aimé que tu l'apprennes d'une autre façon... »


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J'te mentirais si je te disais que je n'y pense plus et que ça ne me fait plus rien. J'te mentirais si j'te disais que ton absence m'importe peu, et qu'à tes silences je ne pleure jamais. J'te mentirais si j'te disais que je ne souffre pas, que j'pense à autre chose qu'à toi parfois. Et si j'te disais que j'ris beaucoup, que j'me sens libérée... Alors là aussi j'te mentirais. Surtout j'te mentirais si j'te disais que j'm'en fous, que de toute façon je ne t'aime plus, et que t'es plus rien du tout.
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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Ven 15 Fév 2013 - 20:59

catherine & dwight

Dwight ne s'en rendait pas compte, il était au delà de cela maintenant qu'il avait retrouvé Catherine, mais parler de sa captivité le laissait vulnérable, comme s'il était encore là-bas, prisonnier, roué de coups, sale, sans espoir et avec pour seule bouée une photo délavée, usée, presque déchirée de la femme qu'il avait tant aimé. Était-ce vraiment elle qui l'avait fait tenir tout ce temps ? Il en était certain, il savait que c'était pour elle qu'il avait tant eu envie de revenir, qu'il s'était battu pour ne pas succomber et ne pas se donner lui-même la mort ces deux dernières années. Et il en avait eu envie, il était plus qu'évident que cette pensée lui avait traversé l'esprit et cela lui faisait simplement horreur aujourd'hui, il ne s'imaginait pas mort, il fallait qu'il revienne en Australie, auprès de ceux qu'il aimait parce qu'il avait encore des choses à accomplir. Pourtant, depuis qu'il avait vu la bague au doigt de la jeune femme, il se surprit à se demander pourquoi il avait tant souhaité revenir, il devait se douter qu'elle referait sa vie, qu'elle ne l'attendrait pas deux ans, que c'était bien trop long, bien trop prétentieux de croire qu'une femme peut s'enfermer dans son chagrin toute sa vie et l'attendre, même parfaitement consciente qu'il ne reviendrait pas. Il n'était qu'un égoïste et pourtant, il avait espéré cela, il l'avait tant souhaité que cela lui faisait l'effet d'une douche froide, d'une pierre tombée dans son estomac, elle avait refait sa vie et la sienne s'était arrêté deux ans auparavant. Il avait survécu dans le seul espoir de la retrouver et il la perdait à nouveau. Voilà un méchant coup du sort, une entaille de plus à son cœur meurtri, il ne savait pas s'il était capable d'entendre la jeune femme parler de l'homme qu'elle aimait aujourd'hui, il n'était même pas sûr d'être assez stable pour lui faire seulement remarquer qu'il avait vu sa bague de mariage. Il se sentait vulnérable, les nerfs et le cœur à vif, comme un compte à rebours prêt à exploser, il savait qu'il lui en fallait si peu, si peu pour craquer et devenir un homme qu'il finirait pas détester pleinement. Mais il n'allait pas laisser ses souvenirs, l'horreur de ses deux dernières années gâcher cette instant avec Catherine, il lui fallait rester calme et son récit ne l'aida pas, même s'il savait qu'elle avait le droit de l'entendre, elle le devait et lui se sentait plus léger après le lui avoir raconté. Même s'il taisait la plus terrible épreuve qu'il avait dû enduré et qui n'avait rien à voir avec toute la douleur physique qu'on lui avait infligé. Et peu avant la fin de son récit, il ne rata pas son expression ni sa façon de détourner la tête, comme si elle se forçait à reprendre contenance et il savait qu'il avait bien fait de censurer la plupart des horreurs qu'il avait pu voir. Il était inutile de s'attarder sur les détails, tout cela finirait par disparaître et il n'avait pas l'intention que quelqu'un d'autre que lui-même vive avec les cauchemars qu'il faisait chaque nuit depuis qu'il avait tué son meilleur ami de ses mains. Le frère de Catherine. Lorsqu'elle le regarda à nouveau, la culpabilité l'étreignit et se fut son tour de détourner les yeux, parce qu'il ne savait pas s'il devait le lui dire, il ne voulait pas la détruire mais ne pourrait pas vivre éternellement avec ce poids coincé sur sa poitrine qui le comprimait de l'intérieur. A présent je sais qui je dois remercier. » Il tourna la tête vers elle et plongea sans s'en rendre compte son regard dans le sien. Si les soldats américains avaient accepté qu'il se mette à genoux pour les remercier, il l'aurait fait volontiers, il leur devait la vie et la fin d'un cauchemar infini, il n'avait eu de cesse de les remercier et de leur exprimer sa gratitude alors il comprenait la remarque de la jeune femme et il sourit légèrement en coin. « J'imagine que ça ne doit pas être facile d'en parler et que ça ne doit pas être la première fois non plus, alors merci pour ton courage et ton honnêteté. » Il hocha légèrement la tête et déglutit difficilement, bien trop envahi par ses sentiments à cet instant précis. Il finit par secouer la tête et reculer, fronçant les sourcils sous ses paroles. Ses traits se durcirent et il ne répondit à sa peine que de la seule façon qu'il connaissait à présent : l'agressivité. « Je n'ai aucun courage, en parler n'est pas le plus difficile. Je ne suis pas honnête, si j'étais honnête, je te dirais que je n'ai rien pu faire pour sauver ton frère, que j'ai été lâche parce que je l'ai laissé, j'ai été incapable de le sauver, si j'étais courageux, c'est ce que j'aurais fait. C'est la moindre des choses que je peux faire face à toi parce que je t'ai promis de te ramener ton frère et que je ne l'ai pas fait. » Il aurait pu en pleurer de désespoir mais voilà des mois et des mois qu'il n'avait plus pleuré, pas plus sous les coups ennemis que sous la torture que lui infligeait son corps. Il n'était pas agressif envers Catherine mais uniquement envers lui-même et il s'en voulait, il se laissait ronger par cette culpabilité et ce qu'il aurait voulu dire à Catherine restait coincé dans le fond de sa gorge. Non, il ne pourrait jamais lui dire comment son frère était réellement mort, tout ce qu'elle avait besoin de savoir, c'était qu'il ne l'avait pas fait et qu'il n'était même pas assez honnête pour l'avouer, pour le lui dire. Il était en réalité plus perdu qu'il n'en avait l'air, s'il reflétait de la colère envers lui-même et qu'il n'exprimait rien d'autre qu'une expression dure, il se cachait derrière son masque de froideur la fragilité qui menaçait de se briser au moindre écart, à la moindre secousse et il détestait cette sensation, ce sentiment qui le rendait si faible.

Et de dévoiler ses doutes à haute voix n'arrangea pas son affaire, il savait qu'elle était mariée et le lui fit remarquer, parce qu'il préférait parler d'elle plutôt que de lui. Parce que se concentrer sur sa vie -aussi douloureuse soit-elle pour lui- était bien plus facile que de devoir analyser ses problèmes, ses peines et sa douleur. Alors il lui parla d'elle, il lui demanda de lui raconter ce qui lui était arrivé au cours de ses dernières années, qui avait pris sa place dans son cœur, qui s'était invité chez elle et à qui elle avait confié son âme. Il la sentait gênée à mesure qu'il parlait et il pouvait comprendre sans vraiment le faire. Elle n'aurait pas dû avoir honte de ce qu'elle avait fait, même si son cœur tout entier aurait voulu qu'elle regrette son mariage, il ne pouvait pas se montrer si égoïste. Elle l'écouta puis releva la tête, fermement, comme la femme déterminée qu'il avait toujours connue, comme la femme qu'il avait aimé, cajolé. « Attends... Tu ne peux pas revenir comme ça et me sortir tes belles phrases. Tu ne sais pas ce que ma vie a été pendant ces deux ans et ce que j'ai perdu moi aussi. J'ai toujours pensé que c'était avec toi que je me marierais, qu'un jour tu reviendrais et que tu déciderais de ne plus repartir. Mais oh, surprise, un matin je me suis réveillée et ce n'était pas toi à mes côtés. Tu as eu ton enfer, j'ai eu le mien et aujourd'hui, tout comme toi, j'essaye d'aller de l'avant. Ca n'est pas facile et ça le sera sans doute encore moins à présent. » Piqué au vif par ses reproches, il se redressa et la regarda en clignant des yeux, incertain quant à la façon dont il devait réagir à présent face à cette réaction. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle lui parle ainsi, elle avait raison mais il ne pouvait pas l'accepter simplement, ce serait bien trop simple. Elle le blessait en insinuant qu'il ne pouvait pas comprendre ce qu'elle avait vécu, perdant son frère et son petit-ami le même jour. Il savait que cela avait dû être horrible pour elle, même s'il s'était toujours refusé de se mettre à sa place, mais il avait posé la question innocemment, il avait parlé sans réfléchir, il l'avait perdu, elle ne pouvait pas nier cela. Son allusion à leur potentiel mariage fut comme une barre de fer chauffée à blanc contre son cœur, crépitante et brûlante. Lui aussi avait toujours pensé la même chose, il ne se voyait avec aucune autre femme et constatait avec effroi que pourtant, il allait devoir la laisser partir. « J'aurais vraiment aimé que tu l'apprennes d'une autre façon... » Lui aussi, pour tout lui dire. Il soupira légèrement en se passant une main dans ses cheveux, ne pouvant s'empêcher de répliquer. « Et j'aurais vraiment aimé que cela ne soit qu'une illusion... Mais ça n'y changerait rien. » Il releva les yeux vers la jeune femme, sentant presque la colère qui bouillait en elle, il savait qu'il n'avait pas le droit de lui reprocher ses paroles. Il fronça légèrement les sourcils. « Je n'ai pas prétendu le contraire, je n'ose pas imaginer ce que tu as dû vivre, c'est pour cela que je voulais que tu me le racontes, je veux savoir ton histoire, ce qui s'est passé dans ta vie. » Et il y tenait d'autant plus qu'un homme avait pris sa place et qu'il voulait tout savoir de lui, numéro de sécu inclus. Il ne détachait pas son regard de la jeune femme un seul instant, comme s'il cherchait à lui faire comprendre sa sincérité et surtout, les mots qu'il s'employait d'utiliser sans être à nouveau maladroit. « Mais tu ne m'empêcheras pas de dire, et encore moins de penser que je t'ai perdu et cela n'atténuera pas la douleur. Pendant deux ans, j'ai pensé à toi, à ce que tu faisais à chaque instant. J'allais revenir Catherine, ce voyage était le dernier, on voulait te faire la surprise, on revenait définitivement. » Il continuait de la regarder, parce que c'était quelque chose qu'il ne lui avait pas dit et qu'il était loin de se douter qu'elle ne s'en souvenait de toute façon pas mais il avait décidé de ne rien lui dire pour lui faire la surprise, pour voir sa réaction en direct, pour goûter leur bonheur et pouvoir en profiter dans ses bras. « Le sort en a décidé autrement et aujourd'hui, tu es mariée, j'aimerais tellement te dire que je suis heureux pour toi, que c'est une bonne chose qui tu aies réussi à refaire ta vie mais j'en suis incapable, je n'y arrive pas et je serais hypocrite de te le dire. Mais ne me reproches pas de t'aimer parce que je me suis accroché à ça pendant deux ans et si tu as tourné la page, je n'en ai pas encore eu l'occasion, laisses moi seulement digérer la nouvelle. » C'était toujours du Dwight tout craché, il glissait l'air de rien, dans une phrase banale qu'il l'aimait toujours et comment pouvait-il en être autrement ? Il était parfois un peu trop brute de décoffrage, mais il était aussi perdu qu'elle et voulait qu'elle s'en rende compte. Selon lui, elle avait eu le temps de faire son deuil, il n'avait eu que quelques secondes, il lui fallait du temps.


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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Jeu 4 Avr 2013 - 19:10

Catherine & Dwight


J’avais vu la guerre les changer, petit à petit. A chacune de leurs permissions, quelque chose en eux avait disparu ou apparu, un trait de leur personnalité que je ne reconnaissais pas et qui parfois m’effrayait. On voit beaucoup de choses à la télé, on en imagine aussi beaucoup en les attendant dans un appartement vide, mais on n’est loin de se douter de ce qu’il se passe réellement où ils se trouvent. Ils voient des choses qu’ils ne devraient pas voir et ça fait d’eux des hommes différents…

« Je n'ai aucun courage, en parler n'est pas le plus difficile. Je ne suis pas honnête, si j'étais honnête, je te dirais que je n'ai rien pu faire pour sauver ton frère, que j'ai été lâche parce que je l'ai laissé, j'ai été incapable de le sauver, si j'étais courageux, c'est ce que j'aurais fait. C'est la moindre des choses que je peux faire face à toi parce que je t'ai promis de te ramener ton frère et que je ne l'ai pas fait. » « Tu viens de le faire. » Lui répondis-je d’une voix douce en voyant la détresse dans son regard. Il avait changé, il était devenu plus dur envers lui-même, plus froid et distant, mais son regard, lui, n’avait de cesse de dire la vérité. Je n’avais qu’à plonger mes yeux dans les siens pour lire en lui toute cette souffrance qu’il cachait derrière son agressivité. « Je sais à quel point tu tenais à mon frère, je sais aussi que si la chance de le sauver s’était présentée, tu l’aurais fait. Mais tu restes humain. Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé là-bas, car j’ai la certitude que tu ne me dis pas tout. Mais je suis certaine que tu as fait ce qu’il fallait. Tu ne peux pas t’en vouloir pour le reste de ta vie. Tu es vivant ne gâches pas ça, sinon, là, tu seras vraiment un lâche. » J’encaissais encore le fait que mon frère était mort. Je faisais le deuil de l’un des êtres qui comptaient le plus pour moi et ce pour la seconde fois et je ne supportais pas de voir Dwight culpabiliser pour quelque chose dont il n’était pas responsable. Jamie était un excellent soldat à en juger toutes ses médailles, Dwight n’était pas en reste, alors s’il n’était pas revenu, j’en jugeais que c’était juste un miracle que l’homme que j’aimais soit de retour et que les choses n’auraient pas pu être différentes, même s’il l’avait voulu. Il était tellement facile de remettre la faute sur quelqu’un, mais pour moi, il était clair que Dwight n’y était pour rien dans la mort de Jamie. Jamais ils ne se seraient laissés tomber et chacun aurait risqué sa vie pour l’autre. « Et n’oublies pas, tu m’as aussi promis de revenir et tu es là aujourd’hui. » Ajoutais-je avec un léger sourire qui ne fut pas suffisant à masquer ma tristesse, malgré le fait que je sois heureuse de retrouver Dwight. J’avais une boule en travers de la gorge et je retenais les larmes prêtent à couler sur mes joues. Je n’avais pas envie de gâcher ces retrouvailles que j’avais tant espérer avec la douleur, alors je baissais la tête pour me reprendre en inspirant profondément et je la relevais immédiatement après pour poser mon regard sur son visage que je ne me lassais d’observer à nouveau, un sourire un peu plus convaincant accroché aux lèvres.

La mort de mon frère n’était pas le seul sujet difficile à aborder, mais Dwight et moi n’étions pas du genre à faire comme si de rien était et à éviter les sujets tabous. Nous avions eu pas mal de disputes pour ça, mais c’était aussi un moyen de mettre les choses au clair et d’être honnêtes l’un envers l’autre, comme il savait si bien le faire… « Et j'aurais vraiment aimé que cela ne soit qu'une illusion... Mais ça n'y changerait rien. » Je baissais les yeux face à ses mots, alors qu’un léger pincement venait me serrer le cœur. « Je n'ai pas prétendu le contraire, je n'ose pas imaginer ce que tu as dû vivre, c'est pour cela que je voulais que tu me le racontes, je veux savoir ton histoire, ce qui s'est passé dans ta vie. » Ce qu’il ne semblait pas vouloir comprendre, c’était que je n’avais aucune envie de parler de ça avec lui, tout comme je n’aurais jamais voulu qu’il me parle d’une autre femme. Certes, il n’y avait pas eu que Rafael durant ces deux dernières années, mais tout ce que j’avais pu en apprendre n’était que chagrin. Le seul point positif avait été mon mariage, mais à quoi bon lui en parler si ce n’était pour le faire souffrir ? De plus, j’étais incapable de faire comme si ce que je savais faisait partie de mes souvenirs, alors que ce n’était pas le cas. « Mais tu ne m'empêcheras pas de dire, et encore moins de penser que je t'ai perdu et cela n'atténuera pas la douleur. Pendant deux ans, j'ai pensé à toi, à ce que tu faisais à chaque instant. J'allais revenir Catherine, ce voyage était le dernier, on voulait te faire la surprise, on revenait définitivement. » C’était la phrase de trop qui effaçait instantanément ses premières paroles. J’entrouvrais la bouche, incapable de dire un mot, le regard totalement perdu et les larmes coulant sur mes joues sans que je puisse les retenir. Pourquoi me disait-il tout ça ? Lui avais-je fait mal au point qu’il veuille se venger ? A en juger son regard, non. Mais son honnêteté était plus dure à entendre qu’elle ne faisait du bien. « Le sort en a décidé autrement et aujourd'hui, tu es mariée, j'aimerais tellement te dire que je suis heureux pour toi, que c'est une bonne chose que tu aies réussi à refaire ta vie mais j'en suis incapable, je n'y arrive pas et je serais hypocrite de te le dire. Mais ne me reproches pas de t'aimer parce que je me suis accroché à ça pendant deux ans et si tu as tourné la page, je n'en ai pas encore eu l'occasion, laisses moi seulement digérer la nouvelle. » Je le laissais parler, sans l’interrompre. Je ne savais comment réagir face à tout ce qu’il était en train de me dire. A nouveau partagé entre la colère et la culpabilité. J’avais du mal à concevoir pourquoi il me disait tout ça et en même temps, je me mettais à sa place et je réagirais peut-être de la même façon. Tout lui balancer à la figure pour qu’il prenne conscience que je l’aime et que je n’ai jamais cessé de l’aimer. Ça se bousculait dans ma tête tandis que je laissais un long silence, prête à chaque instant à ouvrir la bouche et me retenant à chaque fois encore trop incertaine quant à ce que j’allais dire. Puis je me lançais. « Qu’est-ce qui te fait dire que j’ai tourné la page ? La Catherine que tu as connu est toujours la même et tu me connais mieux que personne. Alors tu devrais savoir que la seule raison pour laquelle je te reproche toutes ces choses, c’est parce que je ressens exactement la même chose. » Je prenais conscience que mes réactions étaient stupides tout comme ma façon de penser à cet instant. « C’est un peu tordu dit comme ça. » Me forçais-je à plaisanter pour cacher ma gêne. Je laissais une nouvelle fois un blanc avant de me rendre compte que j’étais totalement stupide de lui cacher ma situation. S’il y avait bien une personne à qui je pouvais tout dire, même après les années, c’était lui. Je lui parlais d’honnêteté alors que je ne l’étais même pas avec lui. « Je n’ai pas été totalement honnête avec toi, Dwight. Ma vie est un peu plus compliquée que ce qu’il y paraît. » Lâchais-je avant d’entendre mes collègues revenir. Je décidais donc de me lever pour me rendre dans un endroit plus calme et invitais Dwight à en faire de même. Rafael était le seul à être au courant et je ne tenais pas à ce que mon problème de mémoire soit connu de tous. « Suis-moi. » Nous sortions de la cafétéria pour longer un couloir qui nous mènerait tout droit à une des salles de repos vide. Je lui demandais de fermer la porte derrière lui et le regardais un instant avant de commencer. « Tout d’abord, il va falloir que tu essayes de ne pas me prendre pour une folle, encore une fois. » Je grimaçais légèrement, imaginant déjà sa tête quand je lui aurais dit ce qui était en train de m’arriver et à deux doigts de faire marche arrière. « Si j’ai évité le sujet de ma vie, ce n’est pas seulement à cause de mes sentiments pour toi, mais aussi et surtout car je ne m’en souviens pas. » Je l’observais au fur et à mesure de mes mots, consciente que jusque-là cela pouvait être très confus pour lui. « Il y a quelques jours, je me suis réveillée auprès de mon mari, mais incapable de me souvenir qu’il l’était. Tout ce dont je me souvenais, c’était cette nuit de 2012 que nous avions passé à l’Opéra alors que la tempête s’abattait sur la ville. A partir de là, je ne me souviens de rien, malgré les photos et tout ce qu’on me raconte. » Je laissais un blanc hésitant à poursuivre. Je n’étais pas sûr que lui avouer ce que je ressentais actuellement était vraiment une bonne idée. Si j’avais un peu zappé Rafael jusque-là, je ne pouvais oublier qu’il était mon mari et qu’il y avait sans doute une bonne raison à ça. Pourtant, j’en ressentais le besoin, j’avais besoin qu’il sache que je l’aimais toujours. Sans doute par peur qu’il tourne la page. « Alors moi aussi j’aimerais te dire que je suis heureuse d’avoir refait ma vie et de m’être mariée. J’aimerais pouvoir te dire que j’aime cet homme et qu’on puisse tourner la page tous les deux. Mais j’te mentirais. Parce que tout ce dont je me souviens, c’est ce que je ressentais pour toi, ce soir-là. » Je ne lui disais pas ces trois mots, surement par respect pour Rafael, mais je n’en pensais pas moins.


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J'te mentirais si je te disais que je n'y pense plus et que ça ne me fait plus rien. J'te mentirais si j'te disais que ton absence m'importe peu, et qu'à tes silences je ne pleure jamais. J'te mentirais si j'te disais que je ne souffre pas, que j'pense à autre chose qu'à toi parfois. Et si j'te disais que j'ris beaucoup, que j'me sens libérée... Alors là aussi j'te mentirais. Surtout j'te mentirais si j'te disais que j'm'en fous, que de toute façon je ne t'aime plus, et que t'es plus rien du tout.
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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Sam 13 Avr 2013 - 15:12

Dwight sentait qu'il n'était pas fait pour être là, qu'il aurait dû mourir avec son unité, il avait été leur commandant, il avait été celui qui était chargé de les aider, de les sauver et il avait été le seul à s'en sortir. Pourquoi avait-il été l'unique soldat à tenir sous les tortures et à endurer tout ce qu'on lui avait fait endurer ? Il ignorait la force qu'il lui avait fallu pour tenir tout ce temps mais il avait vu chacun de ses soldats tomber un par un, comme des pions sur un échiquier et cette constatation le blessait, l'empêchait de résonner correctement, de penser qu'il méritait d'être en vie quand ce n'était définitivement pas le cas. Il aurait dû mourir avec les autres, il le savait et pourtant il était là et il retrouvait la femme qu'il avait toujours aimé, la sœur de l'homme qu'il avait été contraint de tuer. Il ne se sentait plus à sa place, il avait l'impression que sa présence était déplacée et pourtant, le bonheur avait gonflé son cœur depuis qu'il avait posé les yeux sur Catherine. Mais la colère ne cessait de faire partie de lui, il ne pouvait s'empêcher de ressentir, de se sentir coupable. « Tu viens de le faire. » Il cligna des yeux en la regardant. Elle ne prenait pas sa colère contre elle et elle avait raison, sa rage n'était dirigée que contre lui et il appréciait la douceur de sa voix et la compréhension dans son regard. Oui, il venait de se libérer d'un poids, il avait besoin de le dire, de dire à Catherine que son frère ne reviendrait pas comme lui venait de le faire. Il n'avait pas besoin qu'elle espère parce qu'il avait senti son dernier souffle s'échapper de son meilleur ami et qu'aucun doute n'était permis. Lui ne serait plus jamais près d'eux, à taquiner Dwight et à le menacer de ne pas faire de mal à sa petite sœur. Il aurait tout donné pour l'entendre le réprimander encore et encore, il aurait tant voulu qu'il lui donne le coup de poing qu'il méritait pour la faire souffrir à cet instant, même si elle n'en montrait rien. Il se serait volontiers botter les fesses lui-même pour être si dur devant elle. « Je sais à quel point tu tenais à mon frère, je sais aussi que si la chance de le sauver s’était présentée, tu l’aurais fait. Mais tu restes humain. Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé là-bas, car j’ai la certitude que tu ne me dis pas tout. Mais je suis certaine que tu as fait ce qu’il fallait. Tu ne peux pas t’en vouloir pour le reste de ta vie. Tu es vivant ne gâches pas ça, sinon, là, tu seras vraiment un lâche. » Dwight déglutit et détourna les yeux, touché par ses mots comme si elle lui enfonçait des poignards dans la totalité de son cœur et de son esprit. Elle ignorait ce qu'elle disait, elle ne savait pas à quel point ses mots étaient emplis de mensonge, elle ne savait pas ce qu'il avait fait et il songea, l'espace d'un fol instant, qu'il pourrait lui dire ce qu'il avait fait. Il ne pouvait pas vivre avec cette souffrance, avec ce poids sur les épaules, il ne pouvait pas rester ainsi à se culpabiliser comme il le faisait, il devait le lui dire, il se devait de lui dire mais il ne savait pas s'il supporterait sa haine, sa souffrance. Il venait de la retrouver, il ne pouvait pas la perdre maintenant. Il n'avait rien fait pour sauver son frère, il l'avait tué de ses mains puissantes et il l'avait senti agonisé entre ses doigts. Le poids de ce souvenir lui comprima le cœur et il peina à reprendre une respiration douloureuse. Il n'était pas réveillé depuis assez longtemps pour que ses souvenirs s'effacent et cessent de le harceler, de le hanter. Il croisa le regard de Catherine lorsqu'elle ajouta. « Et n’oublies pas, tu m’as aussi promis de revenir et tu es là aujourd’hui. » Son regard était empli de souffrance et Dwight ignorait pourquoi il était celui qui était obligé de le lui infliger. Il attrapa sa main aussi rapidement qu'il le put, comme s'il cherchait tout à coup une bouée de sauvetage pour sortir de l'eau dans laquelle il se noyait et se débattait comme un désespéré. « Si je pouvais... » Il s'éclaircit la voix rendue rauque par l'émotion, incapable de prononcer les mots qu'il avait sur le cœur, il en dit d'autres, tout aussi puissants et sincères. « Si je pouvais prendre sa place pour te le ramener, je le ferais sans la moindre hésitation. » Elle avait aimé Dwight, il n'en doutait pas une seconde, mais Jamie restait son frère, son sang, la personne qu'elle avait aimé depuis le jour de sa naissance, avec qui elle avait vécu. Il savait qu'elle pleurait plus la mort de son frère, il ne se voilait pas la face. Même si jamais elle ne le reconnaîtrait. « Je te dirais tout, un jour mais aucun de nous n'est prêt pour ça. Ne dis pas que j'ai fait ce qu'il fallait, tu ignores combien tu peux te tromper. » Avoua-t-il à voix plus basse, parce qu'il fallait qu'elle soit préparée à l'éventualité qu'il n'était pas le héros qu'elle dépeignait, il fallait qu'elle accepte le fait qu'il avait fait quelque chose de terrible même si ni l'un, ni l'autre, n'était prêt à accepter cette réalité à cet instant. C'était trop tôt, même s'il était sûr qu'il n'y aurait jamais de moment approprié à ce genre d'aveux.

C'est pourquoi, il compensa son mensonge par d'autres vérités, des vérités qui n'étaient agréables à entendre pour aucun d'eux et d'un geste, il chercha à chasser les larmes qu'il faisait couler le long des joues de la jeune femme, sans pouvoir s'arrêter de lui dire ce qu'il avait dans le cœur, ce qu'il avait à dire était trop important pour qu'il le taise. Elle souffrait autant que lui, il le savait mais il ignorait qu'elle ne faisait pas son deuil depuis aussi longtemps qu'il le pensait. Lorsqu'il eut terminé de parler, il la regarda, perçant son regard du sien même si elle semblait hésiter sur ce qu'elle allait lui répondre. Lui-même ne savait où cette conversation allait les mener. Pourraient-ils être amis après tout ce qu'ils avaient vécu ? Avait-il envie d'être ami avec elle alors qu'il l'aimait jusque dans les profondeurs de son âme ? Il n'en savait rien, il ne s'en sentait pas capable mais sortir de sa vie lui semblait une option encore moins envisageable. Il ne le supporterait pas une nouvelle fois. « Qu’est-ce qui te fait dire que j’ai tourné la page ? La Catherine que tu as connu est toujours la même et tu me connais mieux que personne. Alors tu devrais savoir que la seule raison pour laquelle je te reproche toutes ces choses, c’est parce que je ressens exactement la même chose. » Il fronça les sourcils, incertain, il ne savait pas s'il devait comprendre la même chose qu'il désirait ardemment comprendre. Que voulait-elle lui dire ? Il resta interdit jusqu'à ce qu'elle tente de plaisanter. « C’est un peu tordu dit comme ça. » Il n'arrivait pas à sourire, parce qu'il y avait assurément quelque chose qui lui échappait, quelque chose que la jeune femme semblait comprendre bien mieux que lui puisqu'elle arrivait à en plaisanter. Il finit par secouer légèrement la tête, tentant de faire taire les rouages de son esprit qui s'activaient à vive allure. « Je ne comprends pas. » Finit-il par avouer, espérant peut-être avoir une réponse plus complète que celle qu'il venait d'obtenir. « Je n’ai pas été totalement honnête avec toi, Dwight. Ma vie est un peu plus compliquée que ce qu’il y paraît. » Tout à coup, il eut presque peur de ce qu'elle avait à lui avouer. Sa vie était compliquée ? Très vite, les pires films se déroulèrent dans sa tête et il porta une attention toute particulière au visage de la jeune femme, cherchant immédiatement à voir si elle ne cachait rien sous son maquillage, son regard descendit, à la recherche de la moindre marque qui pourrait lui indiquer de quoi elle parlait. Son mari était-il un homme violent ? Odieux ? Était-elle malheureuse ? Il ne comprenait plus, pas plus que le désir de Catherine à taire la vie qu'elle avait eu durant son absence. Il était tellement concentré qu'il entendit à peine des bruits de pas et eut du mal à suivre le mouvement quand le jeune femme se leva et lui demanda de le suivre. Il contint toutes ses questions qui lui brûlaient les lèvres tandis qu'il changeait d'endroit avec elle. Il referma la porte derrière lui, au bord de l'explosion si elle ne parlait pas bien vite, il avait besoin de savoir, et vite. « Tout d’abord, il va falloir que tu essayes de ne pas me prendre pour une folle, encore une fois. » Il hocha légèrement la tête, trop impatient pour l'interrompre et sa promesse silencieuse devrait faire l'affaire parce qu'il mourait d'envie de la presser. « Si j’ai évité le sujet de ma vie, ce n’est pas seulement à cause de mes sentiments pour toi, mais aussi et surtout car je ne m’en souviens pas. » Il fronça les sourcils, encore une fois, elle l'avait totalement perdu, qu'essayait-elle de lui dire. Il allait poser une question mais elle ne s'arrêta pas là. « Il y a quelques jours, je me suis réveillée auprès de mon mari, mais incapable de me souvenir qu’il l’était. Tout ce dont je me souvenais, c’était cette nuit de 2012 que nous avions passé à l’Opéra alors que la tempête s’abattait sur la ville. A partir de là, je ne me souviens de rien, malgré les photos et tout ce qu’on me raconte. » Il ignora le moment où les informations qu'elle lui fournissait atteignaient son cerveau mais il se figea, incapable de comprendre ce qu'elle lui disait. Il ouvrit la bouche, la referma à plusieurs reprises avant de pouvoir enfin en placer une sans avoir l'air d'un parfait idiot. « Tu es entrain de me dire que tu ne te souviens pas que je suis partie à l'armée avec Jamie ? De toutes ces fois où on a communiqué ensemble, par lettre, sur internet, par webcam ? Tu es clairement entrain de me dire que tu ne te souviens pas de notre histoire ? Ni de notre mort ? » Il n'en revenait pas, il ne comprenait pas comment c'était possible. Leur histoire avait commencé après la tempête, même s'ils s'étaient aimés depuis tout ce temps, ils n'avaient vécu leur amour qu'après cet épisode et elle ne s'en souvenait pas, de quoi le désarçonner complètement. « Comment est-ce possible ? Tu as eu un accident ? Tu as reçu un coup sur la tête, tu as passé des examens pour savoir pourquoi cette période s'est effacé de ta mémoire ? » Demanda-t-il, il ne cessait de l'accabler de questions mais tant d'autres se pressaient contre ses lèvres et brûlaient d'être entendues et comprises. Il était dans le brouillard le plus total. Dans ses questions, il était conscient d'éviter de parler de son mari, il s'en fichait en réalité, aussi égoïste que cela puisse paraître, il ne voulait pas en entendre parler, il voulait qu'elle lui dise que ces deux années qu'ils avaient passé à s'aimer s'étaient volatilisés de sa mémoire. « Alors moi aussi j’aimerais te dire que je suis heureuse d’avoir refait ma vie et de m’être mariée. J’aimerais pouvoir te dire que j’aime cet homme et qu’on puisse tourner la page tous les deux. Mais j’te mentirais. Parce que tout ce dont je me souviens, c’est ce que je ressentais pour toi, ce soir-là. » Le cerveau de Dwight se mit en veille sans lui demander son autorisation, la seule chose qu'il entendait était le tambourinement de son cœur en entendant ces mots. Il se sentait gonflé par l'amour qu'il ressentait pour elle et sans même prendre conscience de ce qu'il faisait, il avança de deux pas, combla la distance entre eux d'eux et sans réfléchir, passa sa main derrière la nuque de Catherine pour l'attirer à lui dans un baiser qu'il aurait souhaité doux mais qui s'avérait plus possessif qu'il ne l'aurait voulu. Il ne se laissa pas le temps de réfléchir, ni à lui, ni à elle et s'empara de ses lèvres pour pouvoir à nouveau y goûter, parce que cela faisait trop longtemps. Le temps de poser une main sur sa hanche et un quart de seconde plus tard, il s'écartait violemment, pris d'une conscience qu'il ignorait posséder. Il était essoufflé et toujours proche de la jeune femme, il secoua la tête. « Je n'aurais pas dû... je suis entrain de profiter de la situation, de ta vulnérabilité et je ne devrais pas. » Il se traita mentalement d'idiot avant de s'écarter brusquement. « Je ne devrais pas mais j'en brûle d'envie. Tu es entrain de me dire que tu m'aimes toujours et que tu ne connais pas l'homme qui partage ta vie, tu n'imagines pas comme il est difficile pour moi à cet instant de ne pas t'embrasser jusqu'à couper notre souffle à tous les deux. » Il se détourna d'elle, il ne pouvait pas faire ça, il n'était pas un salaud qui profiterait de la situation, il se détestait déjà pour ce baiser. Il se passa une main dans les cheveux d'un geste rageur. « C'est une putain de sacrée situation ! » Déclara-t-il, la voix vibrant d'une colère qui n'était pourtant pas dirigée contre elle mais contre ce satané coup du sort. Il revenait seulement depuis quelques jours et voilà qu'elle se réveillait sans le moindre souvenir. Le destin avait-il décidé de la lui rendre ? L'espoir était entrain de lui comprimer le cœur.
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MessageSujet: Re: . il ne faut pas oublier le passé, il revient toujours nous hanter (catherine)   Lun 15 Avr 2013 - 9:16

Catherine & Dwight


Peut-être bien que j’avais tort sur toute la ligne, peut-être bien que mes mots n’avaient aucun impact sur ce que Dwight pensait de lui-même et des évènements passés, mais j’avais besoin qu’il sache qu’à mes yeux il n’y était pour rien dans la mort de mon frère. Dwight était têtu et je savais que je ne pourrais pas le faire changer d’avis sur la question, mais au moins j’essayais de lui montrer que je n’étais pas contre lui et dans un sens que j’étais là pour lui. J’étais peut-être en train de passer pour une parfaite idiote éperdument amoureuse, mais à cet instant je m’en fichais bien, peut-être parce que j’avais besoin de me persuader que la vérité n’était pas si affreuse que ce que Dwight semblait vouloir me faire comprendre.
Un frisson me parcourut lorsque je sentis sa main saisir la mienne, dans un geste peut-être un peu maladroit, mais qui me fit tout de même chavirer intérieurement. Son contacte m’avait manqué ces derniers jours, alors je profitais de l’instant comme si cela m’était interdit, sachant très bien qu’il relâcherait ma main dans quelques secondes si je ne le faisais pas avant. « Si je pouvais... » Il s’éclaircit la voix alors que je l’observais, me doutant de ce qu’il s’apprêtait à dire. « Si je pouvais prendre sa place pour te le ramener, je le ferais sans la moindre hésitation. » L’espace de quelques secondes, la tête baissée vers nos mains dont je resserrais l’étreinte, je tentais d’imaginer Jamie face à moi m’apprenant la mort de Dwight. Je me souvenais de chaque instant passé avec ce dernier, de notre rencontre à ce fameux jour que j’avais attendu si longtemps. D’année en année, mes sentiments à son égard n’avaient eu de cesse de s’accroitre, au point que l’amour que j’éprouvais pour lui en devenait indescriptible, au point que je n’arrivais à savoir quelle perte m’aurait fait le plus de mal. Mais enfin de compte et malgré la souffrance que provoquait en moi la mort de mon frère, je m’estimais heureuse que l’un d’eux soit revenu. Je relevais alors les yeux vers son visage et lui adressait un nouveau sourire triste. « Cela ne ferait aucune différence, à part l’homme que je pleurerais à cet instant. » Je savais bien que pour lui tout cela était difficile à comprendre, car il était celui qui était rentré vivant quand les autres y étaient restés. Je ne lui demandais d’ailleurs pas de comprendre, juste de me laisser apprécier le si peu de chance que j’avais eu de retrouver l’un des hommes que j’aimais. « Je te dirais tout, un jour mais aucun de nous n'est prêt pour ça. Ne dis pas que j'ai fait ce qu'il fallait, tu ignores combien tu peux te tromper. » Je l’observais, intriguée par ses propos. Que cachait-il de si pénible à avouer ? Je me faisais mille et une idées dans ma tête et chacune d’elles me faisaient plus peur que l’autre. J’étais de nature curieuse, mais à cet instant j’étais surtout terrifiée par la vérité, alors je me contentais de hocher légèrement la tête, préférant remettre ce sujet à une autre fois.


Face à l’honnêteté de Dwight, il était difficile pour moi de garder la vérité sous silence. Je me sentais affreuse de faire semblant d’être une femme qui n’était pas la vraie version de celle que j’étais à présent, surtout après ce que Dwight avait eu le courage de m’avouer. Alors je décidais d’être honnête à mon tour, en commençant par mes sentiments pour lui. Certes, je lui avouais que je l’aimais de façon détournée, sans doute trop peu courageuse pour le lui dire autrement. Mais j’étais déjà bien contente de retirer ce poids de mes épaules, même s’il n’avait pas l’air de comprendre. Il fallait dire que j’avais moi-même du mal à trouver une quelconque logique dans mes phrases. « Je ne comprends pas. » Je le regardais un instant, sans dire un mot, cherchant en moi le courage de tout lui dire. Hésitant encore et encore avant de me lancer réellement. A chaque mot que je prononçais, je l’observais pour essayer de déceler en lui le moindre sentiment ou ressentiment à l’égard de ce que j’étais en train de lui avouer. J’avais peur de sa réaction, malgré les nombreuses fois où il m’avait prouvé que je pouvais compter sur lui. Il ne m’avait jamais jugé, jamais rejeté, même s’il aurait pu le faire plus d’une fois, mais j’avais encore peur, peut-être parce que son avis était sans doute le plus important à mes yeux, peut-être parce que j’avais besoin qu’il aime qui j’étais pour me sentir exister. « Tu es en train de me dire que tu ne te souviens pas que je suis partie à l'armée avec Jamie ? De toutes ces fois où on a communiqué ensemble, par lettre, sur internet, par webcam ? Tu es clairement en train de me dire que tu ne te souviens pas de notre histoire ? Ni de notre mort ? » Je n’arrivais pas à savoir si Dwight m’en voulait d’avoir tout oublié de notre histoire et je devais bien avouer que je ne pensais pas que c’était ce qui lui viendrait en premier à l’esprit, ce qui eut le don de me mettre mal à l’aise et de répondre timidement : « En gros, oui. J’ai appris votre mort ce même jour, c'est-à-dire, il y a environ une semaine. Et j’ai relu quelques-unes de tes lettres ces derniers soirs. Apparemment je les avais gardées. Mais malgré tout ça, je n’arrive pas à me souvenir. » Je ne cachais pas ma gêne en le regardant et en gesticulant dans tous les sens. Même si ce que nous avions vécu avait dû être la plus belle partie de ma vie, je ne m’en souvenais pas et j’avais encore du mal à m’imaginer ce qu’avait pu être ma vie ces cinq dernières années ce qui rendait les choses moins intenses pour moi que pour ceux qui en avait encore le souvenir. De ce fait, j’oubliais l’importance que ces moments avaient pu avoir pour Dwight et je me rendais soudainement compte que j’avais peut-être pris la mauvaise décision en voulant lui dire la vérité. « Comment est-ce possible ? Tu as eu un accident ? Tu as reçu un coup sur la tête, tu as passé des examens pour savoir pourquoi cette période s'est effacée de ta mémoire ? » Il m’assaillait de questions et semblait aussi déboussolé que moi. Malgré tout ça, je me rendais compte à sa façon de me parler qu’il ne m’en voulait pas, alors un peu moins gênée qu’avant, je lui répondais : « Je ne sais pas comment c’est arrivé et non, je n’ai pas été voir de médecins. Je crois que j’ai peur, peur de ce que je pourrais avoir. Peut-être que ça me reviendra avec le temps. » Le fait que je sois tout à coup moins mal à l’aise de lui parler de mon amnésie faisait que j’arrivais même à lui avouer mes craintes à ce sujet et je devais bien l’avouer, ça faisait du bien, même si je ne disais pas tout… J’avais bien d’autres peurs en rapport avec ma perte de mémoire, comme les sentiments que j’éprouvais pour Rafael. J’étais incapable de savoir à quel point je l’avais aimé et il ne pouvait pas m’aider là-dessus, alors l’idée de ressentir soudainement, à nouveau, des sentiments que j’avais oublié m’effrayait.
Tout en sortant de mes pensées, je décidais de poursuivre mes aveux en répondant à la déclaration que Dwight m’avait faite un peu plus tôt et je ne m’attendais certainement pas à ce que cela allait provoquer. Je le vis alors faire quelques pas en avant, mon cœur se mettant à accélérer, puis je sentis un frisson me parcourir au contact de sa main dans ma nuque et sans que j’aie le temps de le voir venir, il posa ses lèvres sur les miennes. Dans mes souvenirs, nous avions échangé deux ou trois baisers en l’espace d’une soirée, mais aucun n’avait été aussi intense que celui-ci. Je ne me posais aucune question à ce moment, je réagissais comme par réflexe en passant mes bras autour de son cou et en répondant à son baiser pour le prolonger aussi longtemps que possible. J’aurais voulu que les secondes s’arrêtent de tourner et elles ne furent pas le problème, mais la conscience de Dwight si. « Je n'aurais pas dû... je suis en train de profiter de la situation, de ta vulnérabilité et je ne devrais pas. » M’avoua-t-il après avoir mis un terme à ce baiser et avant de se reculer brusquement. Tandis que j’étais encore choquée par ce qu’il venait de se passer. Je le regardais avec de grands yeux tout en essayant de suivre ce qu’il me disait, sans grand succès. « Je ne devrais pas mais j'en brûle d'envie. Tu es en train de me dire que tu m'aimes toujours et que tu ne connais pas l'homme qui partage ta vie, tu n'imagines pas comme il est difficile pour moi à cet instant de ne pas t'embrasser jusqu'à couper notre souffle à tous les deux. » Il semblait aussi désemparé que moi, à la différence que lui extériorisait alors que je ne disais pas un mot. J’étais comme pétrifiée par mes sentiments, car je savais qu’à partir de ce moment je serais incapable de passer à autre chose. « C'est une putain de sacrée situation! » Je relevais la tête que j’avais baissée quelques secondes avant pour le regarder et soudainement je pensais à Rafael. Cela pouvait sembler étrange après le baiser du seul homme que j’avais aimé dans ma vie, mais il y a un moment où ma conscience refaisait surface elle aussi. J’étais mariée, à un homme que j’aimais surement dans mes souvenirs, je n’étais pas autorisée à aller en embrasser un autre sous prétexte que je ne me souvenais plus de mes sentiments pour lui. Je n’étais pas autorisée à lui faire du mal alors qu’il faisait tout pour m’aider dans ce que je traversais. Alors en sachant que si je ne m’éloignais pas très vite de Dwight, je cèderais à une pulsion soudaine moi aussi, je décidais de quitter la pièce. « Il faut que je m’en aille. » Sans rien ajouter, je m’empressais de franchir la porte et d’un pas rapide je traversais le couloir qui menait à la cafétéria. Alors, mon cœur s’emballa une nouvelle fois quand mon regard croisa celui de Rafael. Le temps passé avec Dwight m’avait pourtant paru si court. « Catherine, tout va bien ?! » Me demanda-t-il sans doute inquiet de me voir débarquer de nulle part et totalement essoufflée. « Je… » Je n’arrivais pas à articuler ce qui devait ressembler à une phrase, alors que je vis les yeux de Rafael se détourner sur quelqu’un d’autre et à en juger son regard, cela ne pouvait être qu’une personne. « Dwight ?! » Mon cœur me donna l’impression d’exploser en moi alors que je n’osais pas me tourner vers Dwight, incapable d’assumer le poids de son regard. J’aurais pu lui dire qui était mon mari, mais j’avais décidé de garder son nom sous silence, sachant très bien qu’il n’approuvait déjà pas le fait que je sois mariée, alors encore moins le fait que cela soit à Rafael. A cet instant, je n’avais qu’une envie… fuir.


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J'te mentirais si je te disais que je n'y pense plus et que ça ne me fait plus rien. J'te mentirais si j'te disais que ton absence m'importe peu, et qu'à tes silences je ne pleure jamais. J'te mentirais si j'te disais que je ne souffre pas, que j'pense à autre chose qu'à toi parfois. Et si j'te disais que j'ris beaucoup, que j'me sens libérée... Alors là aussi j'te mentirais. Surtout j'te mentirais si j'te disais que j'm'en fous, que de toute façon je ne t'aime plus, et que t'es plus rien du tout.
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