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 be my doctor ... again { Caelan

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MessageSujet: be my doctor ... again { Caelan   Mar 4 Déc 2012 - 13:58

caelan & skye

“ Je vous attends à quinze heures mademoiselle Warren, ne soyez pas en retard ou je serais obligée de faire un rapport à la prison de Sydney… » « A quinze heures docteur, j’y serais ! » De bien mauvaise foi, Skye raccrocha après cette fausse formule de politesse et l’hypocrisie dans la voix. Et voilà comment un simple psychologue réussissait en quelques mots à lui faire peur et à l’obliger à se pointer à l’hôpital le plus vite possible. Allongée au fond de son lit, la tête dans un étau, elle n’avait aucune envie de bouger et surtout pas d’aller parler à quelqu’un une heure, sans savoir ce qu’elle pourrait inventer pour que son médecin ne se rende pas compte que si elle ne pouvait pas parler de ses années en prison, c’est qu’elle ne s’en souvenait pas. Elle serra les dents et se leva, tanguant légèrement sur ses jambes avant de soupirer et de se diriger vers sa salle de bain. Son reflet dans le miroir lui fit une nouvelle fois peur, comme depuis une semaine, comme depuis qu’elle s’était réveillée en prison. Les cheveux légèrement plus courts qu’à l’époque, en bataille après une mauvaise nuit de sommeil, des cernes sous les yeux, le visage creusé et le corps amaigri, si elle doutait des années difficiles qu’elle avait passé en prison, son reflet ne lui donnait aucun doute. Elle ne s’en souvenait pas et pourtant, elle savait que ces quatre dernières années avaient été difficiles pour elle et son corps, la raison pour laquelle ces derniers temps, elle se sentait si faible, si privée de ses capacités. Elle ferma les yeux pour couper cette vue et fonça sous la douche, tentant toujours de ne pas faire de faux pas, de ne pas s’écrouler au sol.

Elle ne se souvenait encore que trop bien d’il y a deux jours, quand elle avait débarqué aux urgences sur un brancard après qu’un passant l’ai ramassé dans une ruelle. Elle avait fait un malaise, s’était cognée la tête et s’était retrouvé à l’hôpital sans trop savoir d’où cela venait, elle ne se souvenait pas de s’être effondrée, ce qui la frustrait encore plus. Elle en avait assez des pertes de mémoire en tout genre et de ne pas savoir ce qu’elle faisait et ce qui lui arrivait. Tout lui semblait flou jusqu’à ce qu’elle se réveille en présence d’un médecin qui l’examinait pour s’assurer qu’elle n’avait pas de commotion, de traumatisme crânien ou tout autre pronostic qui menaçait de lui donner encore plus mal à la tête. Elle avait assez vite récupéré et avait très rapidement exprimé son désir de rentrer chez elle, même si le médecin chargé d’elle s’y était d’abord opposé. Un homme charmant, gentil, prévenant, un médecin comme on en cherchait et comme on les appréciait. Mais elle avait insisté et il l’avait laissé repartir chez elle. Depuis, elle ne pouvait pas dire que c’était la grande forme, tantôt nauséeuse, tantôt vaseuse, elle ignorait si tout cela était la conséquence de son malaise ou des années passées en prison ou bien de sa perte de mémoire sortie de nulle part.

Mais quel endroit plus sûr pour passer quelques heures qu’un hôpital justement ? Encore fallait-il s’y rendre en un seul morceau. Après s’être habillée aussi rapidement qu’elle le pouvait, Skye consulta l’heure et découvrir qu’il était déjà quatorze heures, ce qui signifiait qu’elle avait dû passer une bonne demi-heure sous la douche, ce qui lui avait fait le plus grand bien. Elle attrapa son sac et s’assura d’être en avance pour son rendez-vous, elle devait se rendre à l’hôpital en transport en commun et préférait être prévenante. La jeune femme sortit rapidement de l’appartement sordide que le gouvernement lui avait retrouvé pour sa réinsertion et descendit les marches de son immeuble, tout aussi misérable que le reste. Elle attrapa un bus au dernier moment et s’assit à bord, regardant le paysage défiler sous ses yeux, d’un air distrait.

Quelques minutes plus tard, elle débarquait à l’hôpital de Sydney, se présenta à l’accueil, donnant son nom, son prénom et l’heure de son rendez-vous, elle suivit les indications qu’on venait de lui donner mais elle connaissait déjà le chemin, elle avait déjà eu le droit à une séance chez son psy la semaine précédente, le lendemain de sa sortie de prison. Mais c’est distraite qu’elle entra dans l’ascenseur en compagnie de quelques patients et médecins. Et c’est aussi distraite et tête en l’air qu’elle suivit machinalement le mouvement lorsque tout le monde sortir de l’ascenseur. Tous les couloirs se ressemblaient dans cet hôpital et l’endroit était aussi désert que le service psychiatrie, c’est donc sans s’en rendre compte qu’elle emprunta le chemin qu’elle connaissait sans même s’apercevoir qu’elle n’était pas du tout au bon étage. Et au lieu de se retrouver dans la salle d’attente du service qu’elle attendait, elle vit devant elle une chambre avec un malade à l’intérieur. Elle tourna sur elle-même, les sourcils froncés, prenant enfin conscience qu’elle n’était peut-être pas au bon endroit. Observant les panneaux elle se rendit compte qu’en effet, elle était trois étages en dessous de celui qu’elle convoitait. Elle soupira et s’aventura à nouveau dans les couloirs quand un mal de tête assourdissant commença à brouiller sa vue mais aussi sa perception. Elle ne fit plus vraiment attention à où elle se rendait et ne s’aperçut pas qu’elle tournait à présent en rond, cherchant délibérément la porte de l’ascenseur. Elle se posa quelques instants contre un mur, plaquant ses deux mains contre ses tempes, grimaçant de douleur, incapable de faire un pas de plus à présent. Ses oreilles bourdonnaient, elle s’accroupit et se recroquevilla sur elle-même en cherchant à se protéger de la douleur. Quand tout à coup, elle se redressa violemment en entendant un bruit dans le couloir, une porte qui claque. Effrayée à l’idée d’être découverte, elle se leva précipitamment, mais trop précipitamment. Prise d’un vertige, elle tenta de se rattraper au mur pour éviter la chute mais n’y parvint pas et elle s’écroula au sol, à présent incapable de tenir sur ses deux jambes flageolantes. Elle ne perdit pourtant pas connaissance et tenta vainement de se redresser, malgré le mal qu’elle ressentait.



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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Jeu 6 Déc 2012 - 20:12

C’était ce genre de journée où rien ne semble vouloir aller dans la bonne direction. Où chaque pas qu’il faisait le dirigeait vers une autre mauvaise nouvelle, une autre erreur. Quoi qu’il fasse, aussi grande que soit sa volonté, il ne pouvait pas aller contre la fatalité, et aujourd’hui la fatalité semblait l’attendre derrière chaque coin de porte. Caelan était arrivé tôt, très tôt à l’hôpital, tiré du lit par une infirmière paniquée qui l’avait fait rappliquer sans qu’il ne se pose de question. Un cas difficile, un patient qui faisait soudain une crise, et le sommeil n’avait plus sa place dans son emploi du temps. Il n’avait pas bu son thé, il n’avait pas pris le temps de se raser, il avait débarqué comme un diable jaillissant de sa boîte, hirsute mais complètement réveillé. Mais il n’avait rien pu faire, absolument rien, et le soleil ne s’était pas encore levé qu’il avait eu la désagréable tâche d’appeler les parents du petit garçon, pour leur annoncer qu’ils ne reverraient plus leur fils … Le temps de s’asseoir devant son bureau mais pas d’ouvrir sa boîte de messagerie, et on lui amenait déjà un nouveau cas, une petite fille qui semblait hébétée de se retrouver ici, avec des parents sans doute encore plus surpris qu’elle, mais cela ne l’avait pas empêché de leur annoncer un peu plus tard qu’elle était atteinte d’un cancer généralement fatal à cet âge. Un décès à trois heures du matin, un cancer à sept, et la suite s’était enchaînée sans qu’il ne voie aucune lumière venir éclairer cette sinistre journée. Un sentiment d’impuissance bien trop familier avait grandi dans sa poitrine, au fil des heures, jusqu’à l’écraser complètement. Quand Andrew lui proposa de prendre sa première pause, à quatorze heure, Caelan était épuisé aussi bien physiquement que moralement. Il avait désespérément besoin de souffler, et s’enferma dans son bureau, le visage entre les mains. Il aurait aisément pu s’endormir ainsi, pour une micro-sieste qui lui aurait fait le plus grand bien et qu’il appelait de tous ses vœux, si son estomac ne s’était pas manifesté. Et après avoir fouillé dans tous ses tiroirs, pesté contre Andrew qui avait fait main basse sur sa réserve – quasiment – secrète de chocolat, il se résigna à descendre à la cafétéria. Il détestait cet endroit, qui regorgeait de patients et de familles, qui le forçait à se mêler aux gens même pour quelques instants seulement … Il avait l’impression d’être un ovni au milieu de cette pièce bondée et bruyante, et il se dépêcha de la quitter, les poches pleines de sucreries diverses récoltées dans le distributeur. Par une journée pareille, il n’avait absolument pas envie de goûter aux plats bien équilibrés et parfaitement insipides qu’ils servaient au self !

Il reprit l’ascenseur pour son étage, en vérifiant au passage que son bipeur restait silencieux au fond de sa poche. Si tout se passait bien, il avait une bonne heure devant lui pour décompresser, mais il ne se faisait pas vraiment d’illusions sur ses chances de profiter de sa pause en entier. Et effectivement … Il n’avait pas fait cinq mètres dans le couloir en sortant de l’ascenseur, qu’une fille bondit de derrière un chariot, l’air absolument paniquée, avant de vaciller sur ses jambes et de s’écrouler au sol. Immédiatement il s’avança vers elle pour l’aider, mais il se figea en la reconnaissant. Pendant quelques secondes, il fixa son visage livide sans réagir, puis ses réflexes de médecin prirent le dessus et il franchit le dernier mètre qui les séparait. Même elle, il était incapable de la laisser dans cet état. Il souleva légèrement sa tête, ses doigts prenant rapidement son pouls au niveau de sa carotide, puis l’aida à se redresser. Ce n’était qu’un léger malaise, visiblement, et elle était encore consciente – une bonne chose. Il la mit en position assise, et palpa délicatement l’arrière de son crâne pour vérifier qu’elle n’avait pas frappé trop fort. Voyant qu’elle reprenait peu à peu ses esprits, il se força à reprendre le rôle du médecin modèle qu’il avait endossé lors de leur première rencontre, quand il s’était fait passer pour un urgentiste pour pouvoir l’approcher. Ce jour là, il avait souri, il avait plaisanté, il s’était montré prévenant et délicat. Quiconque l’aurait vu aurait déduit qu’un miracle venait de se réaliser, étant donné qu’elle avait largement dépassé la majorité, soit l’âge de ses patients habituels, et donc qu’il aurait du se montrer parfaitement odieux avec elle comme il le faisait avec tout le monde. Il n’aurait même pas du la soigner, à vrai dire. Il n’était pas urgentiste, et il n’avait rien à faire de sa santé à elle. S’il était vrai qu’il se montrait injustement désagréable avec la plupart des gens, elle le méritait amplement et il n’aurait eu aucun scrupule à la traiter avec un royal mépris. Mais il s’était occupé d’elle et lui avait souri, et il lui souriait à nouveau aujourd’hui. Comme si elle était une enfant qu’il ne fallait pas brusquer, et qu’il soignerait avec attention parce qu’il ne supportait pas de voir la souffrance chez les plus jeunes êtres … Mais elle n’était pas un enfant, et sa souffrance ne lui faisait absolument rien. Bien au contraire, il appréciait d’une façon étrangement perverse de la voir si pâle et si faible. Mais il savait très bien faire semblant … Et il s’y appliquait avec attention. Il déployait des efforts d’hypocrisie phénoménaux, rien que pour elle.

« Mademoiselle Warren, la prochaine fois que je vous demanderai de rester une nuit en observation, vous me ferez le plaisir d’accepter. » Fit-il sur un ton amusé. « Une chance que vous soyez venue directement à moi cette fois ! » Voyant qu’elle reprenait un peu de couleurs, il la prit par le bras et la fit se relever, avant de la soutenir jusqu’à la chambre libre la plus proche. Une fois à l’intérieur, il la fit s’allonger sur le lit, et attrapa de quoi prendre sa tension. « Pas question de vous esquiver, aujourd’hui. Vous n’avez pas l’air en forme … » Ajouta-t-il, bien plus sérieux. A vrai dire, son état de santé le préoccupait très peu, il ne s’occupait d’elle que pour atteindre le but qu’il s’était fixé, rien d’autre. Mais pour ça, il devait faire quelques efforts … Comme faire semblant de s’inquiéter pour elle, et pire encore, se montrer agréable, ce qui le faisait hurler intérieurement. Mais le jeu en valait la chandelle, il ne cessait de se le répéter. « Vous avez eu d’autres malaises de ce type depuis la dernière fois ? Vous auriez du revenir me voir plus tôt au lieu d’attendre. »

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Dernière édition par Caelan D. Connolly le Dim 9 Déc 2012 - 10:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Jeu 6 Déc 2012 - 23:01

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Skye savait qu’elle aurait dû consulter un médecin plus tôt pour ces vertiges qui la prenaient toujours au plus mauvais moment. Elle savait qu’elle aurait dû rester lorsque son médecin le lui avait demandé, elle savait que tout ce qu’elle avait fait depuis sa sortie de prison n’était pas bon pour sa santé et encore moins pour son équilibre mais elle était complètement perdue, déboussolée, tous ses repères avaient volé en éclat et elle se retrouvait dans la peau d’une femme qu’elle avait tant de mal à reconnaître. Ce ne pouvait pas être elle, cette blonde aux traits tirés quand l’insouciance avait jadis fait partie intégrante de sa personnalité. Une vie sans problème, pas un point noir au tableau si ce n’était une vie amoureuse désastreuse et voilà qu’elle se retrouvait comme privée de sa liberté, enfermée dans un corps qu’elle rejetait. Elle était épuisée, tant émotionnellement que physiquement et une chance pour elle, cette fois, son malaise se déclenchait au meilleur endroit pour en avoir un : dans un hôpital. Elle se sentit tomber, lourde et désagréablement désorientée, comme si une force la poussait au sol pour la forcer à faire une pause de quelques secondes. Elle tenta de se retenir avec ses bras mais ne parvint qu’à atténuer l’impact entre le sol et sa tête et resta sonnée quelques secondes, même si elle tentait déjà de se redresser. Immédiatement, elle sentit une main derrière sa tête et deux doigts dans son cou. Elle frissonna, peu à l’aise de ne pas y voir encore très clair, la vue brouillée par son étourdissement. Elle essaya de parler, en vain, rien ne sortait, sa mâchoire n’était même plus assez forte pour s’ouvrir, incapable de prononcer quelques mots. Elle sentit des doigts examiner rapidement la bosse qu’elle avait dû se faire en embrassant le carrelage froid de l’hôpital mais là encore, elle n’eut pas le loisir de dire quoique ce soit. Elle voyait sans pouvoir discerner les traits de son visage l’homme –elle pouvait au moins affirmer qu’il s’agissait d’un représentant de la gente masculine- qui était en train de lui prêter main forte. « Mademoiselle Warren, la prochaine fois que je vous demanderai de rester une nuit en observation, vous me ferez le plaisir d’accepter. » Comme sorti d’un brouillard épais, son esprit se fraya un chemin à travers son vertige pour reconnaître cette voix et pour lui informer qu’elle connaissait ce médecin. Elle tourna la tête pour croiser son regard et sa vision se fit moins trouble, lui permettant de reconnaître le même docteur qui l’avait examiné lors de son premier malaise. En voilà une chance et un heureux hasard, elle espérait juste qu’il plaisantait, elle n’avait pas besoin d’entendre quelque chose qu’elle regrettait déjà. Mais la cause de ses vertiges lui importait tellement peu face à la foule de renseignements qu’elle devait encore réunir pour recoller les morceaux d’une vie dont elle n’avait aucun souvenir. Elle ne voulait pas perdre de temps, plus une seule seconde, elle craignait de s’endormir chaque nuit pour se réveiller et se rendre compte qu’un nouveau morceau de sa vie avait échappé à sa mémoire. Elle dormait peu, mangeait peu, il ne fallait pas s’étonner qu’elle s’écroule après une semaine, ou plutôt après cinq années de prison. « Une chance que vous soyez venue directement à moi cette fois ! » Elle observa le léger sourire du jeune homme et sans s’en rendre compte, elle apprécia son humour plutôt qu’une leçon de morale trop longue pour qu’elle la retienne. Elle sourit alors à son tour, sourire qui se transforma plutôt en grimace puisque son mal de tête n’avait pas totalement déserté les lieux. « Oh, je ne l’ai pas vraiment fait exprès ! » Oui, ça, il devait très certainement s’en douter mais de son point de vue, il était important de le souligner. Peut-être s’était-elle cogné plus fort qu’il n’y paraissait finalement.

Elle attrapa la main qu’il lui tendit pour l’aider à se relever et c’est avec son appui qu’elle se laissa guider vers une chambre avant de finalement céder pour s’allonger sur un lit d’hôpital. Les hôpitaux avaient toujours eu ce don de la rendre nerveuse. Elle se mordit légèrement la lèvre, mal à l’aise une nouvelle fois tout en se laissant faire pourtant. Elle vit le visage du médecin se faire plus sérieux et elle eut tout de suite envie de se terrer dans un trou de souris. « Pas question de vous esquiver, aujourd’hui. Vous n’avez pas l’air en forme … » Elle n’était visiblement pas la seule à énoncer des évidences mais elle au moins avait une excuse. Elle lui adressa ce qu’elle espérait ressembler à un sourire d’excuse avant qu’il ne poursuive. « Vous avez eu d’autres malaises de ce type depuis la dernière fois ? Vous auriez du revenir me voir plus tôt au lieu d’attendre. » Elle leva légèrement la main qui n’était pas en train de servir à analyser sa tension et la secoua pour appuyer ses paroles. « Vous faîtes fausse route, j’ai simplement envie d’éviter mon psy, il me harcèle pour que je suive intensément une thérapie et j’ai pas du tout envie d’y aller ! » Elle ne savait même pas ce qui lui prenait de raconter sa vie à un inconnu. Parce que même si Caelan l’avait soigné une fois et qu’il se montrait à nouveau gentil et prévenant, ce que son métier exigeait finalement, elle ne le connaissait absolument pas. « En fait, j’aurais mieux fait de faire mon malaise dans le couloir de la psychiatrie mais je me suis perdue, ils n’ont pas idée de peindre tous les murs de la même couleur, tout se ressemble affreusement ici ! » Bavarde invétérée, elle l’avait toujours été, elle ne pouvait s’en empêcher. Qu’elle soit heureuse, surexcitée ou même triste et dans le cas présent, mal à l’aise, elle ne pouvait plus s’arrêter, déblatérer tout ce qui lui venait à l’esprit était la seule solution pour éviter qu’elle ne sautille partout comme une hyperactive. Finalement, parfaitement consciente que ses arguments ne convaincraient personne et sûrement pas le perspicace médecin qui lui faisait face, elle soupira, enfin décidée à répondre réellement à sa question. « Ce n’étaient pas vraiment des malaises, seulement des vertiges de temps à autre, je dors assez mal, j’ai pensé que c’était les conséquences de mon manque de sommeil… » Et de nourriture, ce qu’elle se priva bien de rajouter d’ailleurs pour éviter de se faire houspiller davantage. Pas un seul instant elle ne pensa au fait que Caelan se souvenait parfaitement d’elle. Même si deux jours seulement s’étaient écoulés, il devait avoir de nombreux patients et des cas hautement plus mémorables que son simple et minuscule malaise. Pourtant, il l’avait appelé par son nom et se souvenait de ses symptômes. Il avait une mémoire parfaite ou elle l’avait profondément marqué, ce qu’elle n’était pas assez prétentieuse pour penser. Elle ne put cependant s’empêcher d’agir comme la fois précédente, pressée de mettre un terme à son examen. « Mais ça passe toujours, d’ailleurs, je me sens déjà beaucoup mieux ! » Déclara-t-elle sans vraiment se rendre compte que si elle semblait aller mieux, elle n’était pas certaine que ses jambes la porteraient longtemps si elle s’aventurait encore seule sans prendre la peine de se poser deux minutes. « Je ne voudrais pas vous faire perdre votre temps, vous devez avoir d’autres patients à voir, des urgences, enfin de vraies urgences… » Son cas était sûrement moins préoccupant que certaines arrivées au service des urgences, là où elle avait rencontré le docteur Connolly, là où elle pensait naïvement qu’il travaillait réellement.




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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Dim 9 Déc 2012 - 12:38

« Oh, je ne l’ai pas vraiment fait exprès ! » Sans blague ! Caelan se retint de lever les yeux au ciel, se contentant d’accentuer son sourire comme si cette petite phrase était très amusante à ses yeux. Cela n’avait rien d’amusant, c’était même plutôt pénible. Cette journée était la pire qu’il ait eu depuis des semaines, et il n’avait vraiment pas besoin de cette corvée supplémentaire. Car à ses yeux, ça n’était rien de moins que cela : une véritable corvée … Qu’il s’infligeait tout seul, vu qu’il aurait été un véritable jeu d’enfant de la renvoyer au premier étage en lui signalant qu’elle n’avait rien à faire ici. Il n’était pas son vrai médecin, elle était en pédiatrie … Autant de bonnes raisons pour appeler une infirmière et la laisser faire le sale boulot à sa place. Mais Caelan n’appellerait surtout pas d’infirmière. Même si c’était désagréable, même s’il avait hâte de la voir disparaître de son champ de vision, il devait s’occuper de Skye. Et il savait parfaitement quoi faire pour ça, il savait quelles paroles prononcer, comment se comporter. S’il était le plus doué de tout l’hôpital pour râler, être désagréable et mettre la pression sur ses collègues, il n’en était pas moins capable d’agir comme un être humain tout à fait normal … Comme un homme charmant, qui agit sans arrière-pensée. Des années d’expérience, à séduire des femmes pour les mettre dans son lit, avaient laissé leur trace. Et puis, il ne fallait pas les négliger, des années à gagner la confiance des enfants – cette fois sans aucune intention de tromperie – qu’il soignait. Se faire passer pour un autre aux yeux de Skye ne devrait donc pas être bien sorcier … Il la mena jusqu’à la chambre, notant avec plaisir qu’elle se laissait faire. Mais après tout, elle n’avait aucun moyen de soupçonner quoi que ce soit à ce stade. Il était médecin, elle était malade, le hasard les avait réunis à nouveau, il ne pouvait pas espérer mieux pour l’approcher.

Une fois qu’elle fut couchée, il continua sur sa lancée en prenant sa tension, non sans remarquer que si elle avait repris ses esprits, elle semblait plus mal à l’aise à présent. Comme la première fois qu’il l’avait vue, elle ressemblait à un animal mis en cage, qui ne désirait qu’une seule chose : s’enfuir. A ses yeux, cela reflétait parfaitement ce qu’elle était réellement, et il ressentit un élan de haine au creux de son estomac, comme s’il venait d’être frappé par la violence de ses sentiments envers elle. Elle méritait d’être enfermée, et le malaise qu’elle ressentait ici, entre ces quatre murs, ne serait rien face à ce qu’elle ressentirait en retournant en prison. Il s’en faisait la promesse … « Vous faîtes fausse route, j’ai simplement envie d’éviter mon psy, il me harcèle pour que je suive intensément une thérapie et j’ai pas du tout envie d’y aller ! » Une thérapie ? Caelan nota cette nouvelle information avec soin dans un coin de sa tête, se promettant d’y revenir très rapidement. Il n’avait pas le droit de la questionner sur la nature de sa thérapie, l’éthique le lui interdisait, mais il n’allait pas se gêner pour mener sa petite enquête dès qu’elle aurait le dos tourné. Cela pouvait lui être grandement utile d’en apprendre plus là-dessus … Si elle était dérangée, de quelque façon que ce soit, ce serait une magnifique nouvelle pour lui. « En fait, j’aurais mieux fait de faire mon malaise dans le couloir de la psychiatrie mais je me suis perdue, ils n’ont pas idée de peindre tous les murs de la même couleur, tout se ressemble affreusement ici ! » Il eut un sourire indulgent. « La bonne excuse ! Et pour mieux pouvoir éviter votre psychiatre, vous avez décidé de provoquer un malaise, c’est bien ça ? Vous avez gagné, dans tous les cas. Vous allez devoir reporter votre rendez-vous, je ne vous laisserai pas partir dans cet état. Votre tension est basse, et je ne veux pas être responsable de vos autres étourdissements. Vous allez vous reposer ici un moment, ça vous fera le plus grand bien. J’irais parler à votre psychiatre, si ça peut vous rassurer. »

Il détacha le brassard de son bras et le rangea dans le tiroir à côté de lui, avant de fixer la jeune fille. Elle ne lui avait toujours pas répondu sur la fréquence de ses malaises, et en bon médecin, il ne la laisserait pas s’en sortir à si bon compte. Il avait eu affaire à bon nombre d’enfants réticents, il savait très bien comment cela fonctionnait. Ils parlaient, parlaient, en tentant de détourner son attention de la question principale. Sur ce point, elle leur ressemblait énormément … Ce n’était qu’une gamine. « Ce n’étaient pas vraiment des malaises, seulement des vertiges de temps à autre, je dors assez mal, j’ai pensé que c’était les conséquences de mon manque de sommeil… » Ce n’était pas vraiment une réponse, mais c’était un bon début. « C’est possible, une bonne nuit de sommeil ne vous ferait pas de mal. Mais je ne pense pas que ce soit la seule cause … N’est-ce pas ? » Il en venait à la phase plus délicate, celle qui consistait à la faire parler sans qu’elle n’ait l’impression de se faire interroger. Elle semblait bavarde quand elle voulait bien s’y mettre, mais elle n’aborderait pas les sujets qu’il voulait entendre s’il ne la poussait pas doucement dans la bonne direction. « Mais ça passe toujours, d’ailleurs, je me sens déjà beaucoup mieux ! » Il eut un petit rire, pas dupe pour un sou. « J’aimerais vous croire, mais vous avez plutôt l’air prête à vous écrouler à nouveau dès que j’aurais le dos tourné ! Vous m’avez déjà embobiné une fois, je ne me laisserai pas avoir aujourd’hui. Ne soyez pas si pressée de sortir, vous n’y gagnerez absolument rien. Je fais ça pour vous, mademoiselle. » Ajouta-t-il, sentant bien qu’elle désirait plus que tout quitter cet hôpital et qu’il devait tout faire pour qu’elle y reste encore un peu. Ce n’était même pas un mensonge, cette fois : elle était réellement trop faible pour sortir si tôt. « Je ne voudrais pas vous faire perdre votre temps, vous devez avoir d’autres patients à voir, des urgences, enfin de vraies urgences… » Il secoua la tête en souriant légèrement. Elle n’avait pas tout à fait tord, il avait des cas bien plus intéressants à voir, mais pas pour l’instant. Tant que son biper ne sonnait pas, il resterait ici, avec elle. « Il n’y a pas de patient plus important qu’un autre. Vous avez failli vous évanouir devant moi, c’est une raison bien suffisante pour que je m’occupe de vous ! Et puis, entre nous … Je suis censé être en pause déjeuner actuellement. Personne n’attendra ma présence nulle part avant une bonne heure. Mais comme vous avez l’air de manquer de sucre, plus que moi, je vais me sacrifier … Vous avez faim ? » Demanda-t-il d’un air qui n’avait plus grand-chose de professionnel, en plongeant la main dans sa blouse pour en ressortir une barre de céréales qu’il lui tendit. « Je serais prêt à parier que si je vous faisais une prise de sang maintenant, vous seriez en hypoglycémie. Depuis combien de temps n’avez-vous pas mangé, mademoiselle Warren ? »

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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Lun 10 Déc 2012 - 21:09

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Skye ne savait pas ce qui lui prenait de parler autant et de lui donner des informations personnelles sur elle. Le stress des hôpitaux, elle mettait cela sur le compte de son malaise et pourtant, elle savait qu’elle avait toujours été trop bavarde. Mais pas question pour elle d’en dire plus, elle ne voulait pas que Caelan sache qu’elle sortait de prison, même si peu de gens l’ignoraient dans la ville, sa libération avait fait la une des informations. Mais si par chance, ce médecin était de ceux qui se plongeaient tant dans leur travail qu’ils en oubliaient le monde extérieur, elle pourrait passer pour une jeune femme normale, simplement assez dérangée pour aller voir un psychologue. Mais elle ne voulait pas de cette thérapie, la prison de Sydney l’y obligeait pour suivre avec précision son évolution hors de ces murs gris. Elle était soulagée d’être sortie mais visiblement, la justice ne la laisserait pas tranquille avant qu’elle ne prouve totalement et pleinement son innocence. Ce qui était très difficile puisque elle-même ignorait si elle était innocente, même si elle en avait la quasi-certitude, elle était incapable de faire du mal à qui que ce soit. Mais heureusement pour elle, ce brave médecin semblait assez patient pour écouter ses discours interminables mais aussi pour entrer dans son humour douteux. « La bonne excuse ! Et pour mieux pouvoir éviter votre psychiatre, vous avez décidé de provoquer un malaise, c’est bien ça ? Vous avez gagné, dans tous les cas. Vous allez devoir reporter votre rendez-vous, je ne vous laisserai pas partir dans cet état. Votre tension est basse, et je ne veux pas être responsable de vos autres étourdissements. Vous allez vous reposer ici un moment, ça vous fera le plus grand bien. J’irais parler à votre psychiatre, si ça peut vous rassurer. » Elle se mordit légèrement la lèvre en esquissant un sourire. Si elle ne justifiait pas son absence, elle risquait fortement de recevoir un mauvais bilan ce mois-ci et elle ne le souhaitait vraiment pas, pour rien au monde elle ne souhaiterait voir son dossier remis à la justice, son affaire était classée, elle ferait tout pour qu’elle le reste. De savoir en plus que sa santé était plus délicate qu’elle ne l’avait pensé la perturbait plus qu’elle ne voudrait l’avouer. Elle avait complètement négligé sa santé ces derniers jours et voilà qu’elle en payait le prix. « Je ne devrais pas en rire, il va peut-être vraiment penser que j’ai tout fait pour éviter son rendez-vous. » Elle continuait de se mordiller la lèvre, comme elle le faisait toujours quand quelque chose la dérangeait. Elle jeta un œil à l’horloge qui était en face d’elle avant de reporter son attention sur l’homme qui s’occupait d’elle. « J’avais trois quart d’heures d’avance, peut-être que ce sera suffisant pour que je sois complètement sur pieds ? » Elle posait la question innocemment, elle ne savait pas bien comment lui demander combien de temps il entendait la garder enfermée dans cette piève. Qu’elle ait trois quart d’heures d’avance pour un rendez-vous dont elle ne voulait pas n’était pas si surprenant quand on savait combien elle avait la phobie d’arriver en retard où que ce soit.

Elle le regarda lui enlever le brassard à tension et elle récupéra rapidement son bras pour le mettre sur son ventre, agitant légèrement les jambes pour se redresser un peu, détestant l’idée d’être aussi vulnérable, ainsi allongée devant un homme, même s’il était médecin. Le dossier de son lit était surélevé, si bien qu’elle était presque en position assise mais cela ne l’empêchait pas de se sentir mal à l’aise. Surtout qu’elle se mit à lui donner les vraies raisons de son malaise, cachant une partie de la vérité pour éviter d’avoir l’air complètement folle. Quel genre de personne pouvait se laisser mourir de faim et de fatigue et ne réagir qu’après deux malaises ? Elle allait assurément passer pour une dérangée mentale et elle n’en avait pas l’intention. « C’est possible, une bonne nuit de sommeil ne vous ferait pas de mal. Mais je ne pense pas que ce soit la seule cause … N’est-ce pas ? » Elle déglutit légèrement, évitant le regard inquisiteur du médecin pour parcourir la pièce des yeux. « Je vous assure que je ne suis pas folle, je sais qu’il faut manger et dormir pour se maintenir en vie, j’ai juste quelques ennuis, je ne trouve pas le sommeil et je perds l’appétit, vous allez sûrement penser que je mérite ma thérapie mais je ne suis pas suicidaire ! » Affirma-t-elle avec fermeté, repensant aux mots que son psychiatre avait eu lorsqu’elle était apparue plus amaigrie seulement trois jours après leur premier rendez-vous, il ne l’avait pas dit mais elle ne voulait même pas qu’il le pense, pas plus que le médecin avec elle. Elle n’était pas assez stupide pour se laisser mourir de façon aussi stupide, et elle ne savait pas si c’était ce que pensait Caelan mais elle préférait le démentir, même si elle apparaissait sûrement encore plus folle à affirmer qu’elle ne l’était pas. « J’aimerais vous croire, mais vous avez plutôt l’air prête à vous écrouler à nouveau dès que j’aurais le dos tourné ! Vous m’avez déjà embobiné une fois, je ne me laisserai pas avoir aujourd’hui. Ne soyez pas si pressée de sortir, vous n’y gagnerez absolument rien. Je fais ça pour vous, mademoiselle. » Elle se mordit la lèvre, gênée qu’il lui rappelle comment elle avait réussi à lui faire croire qu’elle était au mieux de sa forme pour pouvoir partir le plus vite possible. Elle le regrettait d’autant plus que maintenant, elle se retrouvait en face de lui et il lui indiquait clairement que son mensonge avait été stupide puisque le résultat avait finalement été le même : elle restait à l’hôpital pour prendre du repos, ce qui n’était pas franchement ce qu’elle voulait. « Je suppose que cette fois, je n’ai absolument pas le choix. » Elle lui fit un petit sourire, parce que malgré ce qu’elle venait de dire, elle lui était reconnaissante de s’inquiéter pour elle, elle détestait cette attention mais finalement, elle l’appréciait.

Elle l’écouta lui dire qu’un patient n’était pas plus important qu’un autre et elle ouvrit de grands yeux surpris lorsqu’il lui confia qu’il était en pause déjeuné et qu’ainsi, personne ne l’attendrait avant un petit moment. Elle ouvrit la bouche mais il la prit de cours en lui demandant si elle avait faim. Stupéfaite, elle le regarda sortir une barre de céréales de sa poche et avant qu’elle ait pu refuser, il ajouta. « Je serais prêt à parier que si je vous faisais une prise de sang maintenant, vous seriez en hypoglycémie. Depuis combien de temps n’avez-vous pas mangé, mademoiselle Warren ? » Elle secoua vivement la tête, poussant sa main qui lui tendait la barre de céréales pour la repousser vers lui tout en parlant de nouveau rapidement. « Non non, c’est à vous, je ne peux pas… Vous devriez aller manger, je ne veux pas vous priver de votre pause, je vous promets de rester sagement ici jusqu’à mon rendez-vous, pas de folie, je répéterais mes pas de samba la semaine prochaine ! » Elle racontait n’importe quoi, mêlant l’humour à son ton précipité. « Et je vous promets de manger un vrai repas directement en rentrant chez moi, je dois avouer que j’ai négligé cette simple tâche de la vie quotidienne ces derniers jours mais je vais le faire, vous pouvez aller manger la conscience tranquille ! » Pas qu’elle n’avait pas mangé depuis des jours évidemment, mais elle avait plutôt grignoté rapidement, pas forcément de quoi lui remplir convenablement l’estomac mais rien de consistant ou de réellement copieux ne voulait se frayer un chemin jusque-là, pensant plus judicieux de lui donner la nausée pour repartir en sens inverse. Elle n’avait plus goût à rien depuis quelques jours mais elle était prête à manger n’importe quoi pour forcer Caelan à aller prendre sa pause et à la laisser toute seule. Son regard s’attarda sur la barre qu’il tenait et un détail la frappa. « Mais attendez, c’était ça votre déjeuner ? » L’air étonné laissait à penser qu’elle était scandalisée que l’hôpital ne nourrissait pas assez ses médecins. Comment pouvait-il tenir le rythme qu’il avait dans son métier avec une simple barre protéinée dans le ventre ? Même si elle était loin de se douter que son métier n’était pas aussi pressant qu’un urgentiste, il devait être actif et bouger tout le temps. Pendant quelques secondes, elle en oublia même qu’il s’agissait d’un médecin, même si elle ne l’avait pas tutoyé, son ton semblait plus adressé à un ami ou à quelqu’un dont elle voudrait prendre soin, quelqu’un pour qui elle pourrait être inquiète.




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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Mar 11 Déc 2012 - 20:31

Cette histoire de thérapie était très intéressante, tout comme l’énergie que Skye semblait mettre à l’éviter. Caelan n’allait bien sûr pas jusqu’à penser qu’elle avait tout mis en scène rien que pour avoir une excuse et louper son rendez-vous, mais elle avait vraiment l’air de redouter le moment où elle devrait y aller. Certaines de ses mimiques étaient tout à fait claires, même s’il ne la connaissait finalement pas du tout, cela restait facile à déchiffrer. « Je ne devrais pas en rire, il va peut-être vraiment penser que j’ai tout fait pour éviter son rendez-vous. » Cela se confirmait donc. Et cela aiguisait la curiosité de Caelan, qui avait de plus en plus envie de savoir pourquoi elle consultait un psychiatre si ce n’était pas de son plein gré. La plupart des gens n’appréciaient pas ce genre de médecins, et préféraient le cacher à leur proche plutôt que d’avouer qu’ils se faisaient suivre, mais avoir un psychiatre ne signifiait pas forcément être fou … Seulement qu’il y avait un problème quelque part. Et dans le cas de Skye Warren, Caelan n’était pas étonné du tout qu’il y ait un problème. Restait juste à découvrir si elle faisait partie de la catégorie des fous, ou des autres … « J’avais trois quart d’heures d’avance, peut-être que ce sera suffisant pour que je sois complètement sur pieds ? » En théorie, elle pouvait être d’attaque dans trois quart d’heure effectivement … Et il n’avait de toute façon aucune envie de passer autant de temps avec elle. Cela le fatiguait d’avance, rien qu’à imaginer devoir trouver des sujets de conversation – et des excuses pour la retenir – durant si longtemps. « Je croyais que vous n’aviez pas envie d’aller à cette thérapie ? Je vous offre une bonne excuse, et vous la refusez … Mais on verra dans trois quart d’heure comment vous vous sentez. D’ici là, n’y pensez pas, ça ne sert à rien de vous torturer avec ça. Je suis si désagréable que vous avez déjà envie de me fausser compagnie ? » Ajouta-t-il avec un air faussement déçu. Il se retourna soudain pour regarder la pendule au-dessus de lui, les sourcils légèrement froncés, comme si un détail venait soudain de le frapper. « Vous aviez trois quart d’heure d’avance ? A un rendez-vous que vous vouliez éviter ? » Demanda-t-il en riant. « Plus ça va, et moins je vous comprends ! » Plus ça allait, et plus il trouvait son comportement illogique, c’était surtout ça. Elle cachait quelque chose, c’était clair et net. A lui de découvrir quoi …

Il redevint plus sérieux en abordant sa santé, et les raisons de son état de faiblesse. Une nouvelle fois, elle sembla extrêmement mal à l’aise face à lui, et il eut envie de la secouer pour qu’elle se mette à parler une bonne fois pour toute. Cela le rendait fou, de ne pas comprendre son comportement ! « Je vous assure que je ne suis pas folle, je sais qu’il faut manger et dormir pour se maintenir en vie, j’ai juste quelques ennuis, je ne trouve pas le sommeil et je perds l’appétit, vous allez sûrement penser que je mérite ma thérapie mais je ne suis pas suicidaire ! » Il faillit laisser échapper un sourire narquois en l’entendant parler de "quelques ennuis". Il était bien placé pour savoir de quels ennuis elle parlait ! Cette fois, il comprenait très bien ce qu’elle ne voulait pas dire à haute voix … Mais il joua celui qui n’était pas au courant, comme toujours. « Je n’ai jamais dit que vous étiez suicidaire ! » S’exclama-t-il. « Ni que vous étiez folle, voyons ! Mais si vous avez des ennuis personnels qui vous minent le moral autant que la santé, cette thérapie est sans doute justifiée … Vous savez, il n’y a aucune honte à ça. Beaucoup de gens passent par là … J’y suis passé aussi il y a quelques années. » Il se tut, juste le temps de se traiter d’imbécile. Même si l’aveu était calculé, cela n’enlevait rien à l’amertume qu’il laissait sur ses lèvres. Il baissa les yeux un bref instant, comme s’il était contrit d’avoir trop parlé. « Enfin bref. L’important, c’est que ça vous aide à surmonter vos ennuis. » Ajouta-t-il avec un léger sourire. Finalement, elle sembla comprendre que cette fois, il ne la laisserait pas partir aussi rapidement, et il en fut aussi satisfait qu’agacé. Il allait avoir besoin d’une sacrée dose d’aspirine ce soir … Et également d’un somnifère, sans doute. Ou alors, il était certain qu’elle viendrait jacasser dans ses cauchemars aux côtés de Roxanne …

Mais pour l’instant, il était loin d’être libéré de sa présence, et il devait faire bonne figure. C’est tout à fait naturellement qu’il lui proposa une de ses barres de céréales, et il s’amusa beaucoup de la stupeur qu’il vit se peindre sur son visage. Ca ne devait pas être bien souvent qu’un médecin proposait un petit goûter à l’une de ses patientes, surtout sorti de sa réserve personnelle, mais Caelan adorait avoir ce genre de geste inattendu … Du moins, avec ses patients habituels. Il aimait surprendre, faire plaisir, sortir de son rôle de médecin apporteur de souffrances ou de mauvaises nouvelles. Et dans le fond, même s’il était content que l’effet ait réussi, il se sentait mal d’avoir utilisé cette technique qui plaisait tant aux enfants, sur la fille qu’il détestait le plus à Sydney. Sans surprise, elle refusa la sucrerie, en s’empêtrant dans une vague de justifications auxquelles il répondit par un petit rire. « Et je vous promets de manger un vrai repas directement en rentrant chez moi, je dois avouer que j’ai négligé cette simple tâche de la vie quotidienne ces derniers jours mais je vais le faire, vous pouvez aller manger la conscience tranquille ! » Elle était vraiment prête à promettre n’importe quoi juste pour qu’il aille manger ! Etait-ce pour se débarrasser de lui ou parce qu’elle ne voulait pas l’embêter plus longtemps ? Dans un cas comme dans l’autre, ça ne fonctionnerait pas … « Très bien, je prends note de votre promesse, je suis ravi que vous ayez pris cette décision. Mais je n’ai pas l’intention de vous laisser seule, vous pourriez en profiter pour filer. » Il lui posa la barre de céréale dans la main avec autorité, et en sortit une autre de sa poche, qu’il commença à déballer en s’asseyant en face d’elle, sur un fauteuil. Il avait toujours aussi faim que quand il avait quitté son bureau, et il n’allait pas refuser cette opportunité. « Vous voyez ? Vous allez reprendre des forces et je continue à veiller sur vous sans perdre ma pause. Vous n’avez plus d’excuse ! » Se moqua-t-il avant de mordre dans la barre de céréale. Ah, ça faisait du bien ! Enfin un passage agréable dans cette journée si pénible … Mais il fut stoppé dans sa dégustation par une nouvelle exclamation de Skye. « Mais attendez, c’était ça votre déjeuner ? » Il regarda la barre qu’il tenait dans la main, puis regarda la jeune femme. Son air scandalisé était absolument délicieux, et il se mit à rire de bon cœur. Quand il s’en rendit compte, son rire s’étrangla dans sa gorge et il redevint un peu plus sérieux, mais il fallait avouer qu’elle l’avait pris de court … Il ne s’attendait pas à ce que ce soit elle, cette fois, qui s’inquiète pour lui. Etrange. Il n’aimait pas vraiment ça. Il se força pourtant à reprendre un air amusé. « N’essayez pas de retourner la situation contre moi ! Je n’ai pas le temps de prendre quoi que ce soit d’autre comme repas, mais je me rattrape très bien dès que je rentre chez moi, ne vous faites pas de souci pour ça ! » Il tendit soudain la barre à moitié mangée vers elle, comme pour souligner ses propos. « Et ne vous avisez pas de vous sentir coupable pour ça ! Je n’aurais rien mangé d’autre, que vous soyez là ou non. »

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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Jeu 13 Déc 2012 - 10:34

caelan & skye

« Je croyais que vous n’aviez pas envie d’aller à cette thérapie ? Je vous offre une bonne excuse, et vous la refusez … Mais on verra dans trois quart d’heure comment vous vous sentez. D’ici là, n’y pensez pas, ça ne sert à rien de vous torturer avec ça. Je suis si désagréable que vous avez déjà envie de me fausser compagnie ? » Il était vrai qu’elle n’était pas très logique, elle ne voulait pas y aller et refusait pourtant l’excuse toute donnée que le médecin venait de lui fournir. Elle s’acharnait à être à l’heure et se refusait même à repousser d’une minute son rendez-vous. Maintenant qu’elle y était, elle préférait le faire pour être tranquille le reste de la semaine et ne pas avoir à y repenser cent fois avant d’y retourner. Comme enlever un pansement d’un coup sec d’une plaie pour éviter de souffrir pendant trois longues minutes inutilement. Mais pour quelqu’un qui ne la connaissait pas ou tout simplement pour qui n’était pas dans sa tête, il était difficile de suivre son raisonnement et de le comprendre. D’ailleurs, lorsqu’elle vit le médecin tourner la tête vers l’horloge, elle grimaça légèrement, sachant parfaitement ce qui allait suivre. « Vous aviez trois quart d’heure d’avance ? A un rendez-vous que vous vouliez éviter ? … Plus ça va, et moins je vous comprends ! » Elle sourit légèrement, aussi embarrassée, sans trop savoir pourquoi cela la gênait qu’il trouve son comportement sans logique, même si elle avouait elle-même n’en avoir aucune. Mais elle ne pouvait s’empêcher de se trouver stupide à chaque fois qu’une contradiction sortait de sa bouche, parce qu’elle se comprenait facilement mais les autres avaient du mal à le faire. Le fait qu’elle ne voulait en aucun cas révéler qu’elle sortait de prison n’aidait pas à la compréhension de ses propos puisque tout résidait dans le fait qu’elle n’avait pas le choix. Mais à se taire ainsi, le jeune homme allait finir par penser qu’elle suivait une thérapie pour folie et non pour suivi. « Je déteste être en retard et vu que je n’ai pas de voiture, les transports en commun me semblent peu fiables en réalité niveau horaires, je préfère donc être en avance… Et non, je n’ai pas envie d’y aller mais ce n’est pas comme si j’avais le choix. » Soupira-t-elle finalement, avouant que si son thérapeute la harcelait, ce n’était pas seulement par bonté d’âme et par désir de sauver son esprit mais bien par obligation. Elle parlait beaucoup trop décidément. « Je vous assure que vous n’avez rien à voir là-dedans, au contraire, je préfère votre compagnie ! Mais il faut que j’arrête de vous fréquenter, avant la fin des trois quart d’heures, vous allez connaître toute ma vie à ce rythme ! ». Elle fit un geste las de la main pour souligner ses propos, comme agacée elle-même par sa capacité à balancer des informations sur elle. Même si ces dernières n’avaient pas d’importance à ses yeux, elle s’énervait toute seule de les confier.

« Je n’ai jamais dit que vous étiez suicidaire … Ni que vous étiez folle, voyons ! Mais si vous avez des ennuis personnels qui vous minent le moral autant que la santé, cette thérapie est sans doute justifiée … Vous savez, il n’y a aucune honte à ça. Beaucoup de gens passent par là … J’y suis passé aussi il y a quelques années. » Sans savoir pourquoi, elle fut d’abord soulagée qu’il ne la prenne ni pour une suicidaire, ni pour une cinglée échappée d’un asile. Elle allait presque sourire lorsqu’il lui confia être passé par là quelques années auparavant et elle cligna des yeux, surprise de l’aveu. Soit il n’avait pas fait attention à ses paroles, comme elle la plupart du temps, soit il avait choisi volontairement de lui confier cette information sur sa vie privée. Un comportement très peu professionnel, du moins elle le supposait, quelque chose d’étrange se passa dans sa tête, comme si elle ne comprenait pas pourquoi il le lui disait à elle, simple patiente ô combien ennuyeuse et bavarde avec des problèmes de santé et d’esprit au premier abord. Elle ne sut d’abord pas quoi dire, elle ne songea même pas à répondre lorsqu’il lui disait que cette thérapie semblait justifiée mais elle finit par ouvrir la bouche. « Je n’ai pas honte, enfin, je suppose que ce sont les raisons qui font que je vois ce thérapeute qui me rendent honteuse, non le fait de voir quelqu’un… » Elle avouait, sans le lui dire puisqu’elle espérait qu’il ne soit pas au courant, que s’être réveillée dans une prison, accusée de complicité d’homicide l’avait complètement retournée, dégoûtée d’elle-même. Elle détourna légèrement le regard en fronçant les sourcils avant de finalement venir retrouver celui de Caelan. « Enfin bref. L’important, c’est que ça vous aide à surmonter vos ennuis. » Elle l’observa un instant avant d’oser demander. « Est-ce qu’il vous a aidé à surmonter vos problèmes ? » C’était une question complètement indiscrète et elle se mordit légèrement la lèvre en secouant la tête avant d’ajouter. « Excusez ma curiosité, je n’ai pas le droit de vous demander cela… » Et pourtant, égoïstement, elle espérait qu’il le fasse, qu’elle ne soit pas la seule à raconter sa vie à un presque inconnu. Mais c’était tellement plus facile de le faire, de savoir qu’un regard extérieur voyait la situation, qu’on pouvait dire n’importe quoi, de toute façon, on ne reverrait que trop peu la personne pour s’en sentir gênée. Elle ressentait cela avec Caelan, en plus du fait que gentil et prévenant, cet homme inspirait un sentiment de confiance et de sécurité. Il était médecin après tout, et tenu par le secret médical par-dessus le marché, elle avait l’impression qu’elle n’avait rien à craindre avec lui, elle ignorait combien elle pouvait se tromper et combien la personne en face d’elle lui vouait une haine sans nom.

Elle comprit rapidement qu’elle n’irait nulle part pour l’instant et se résigna à rester avec Caelan pour les trois quart d’heures qui suivraient, elle s’affaissa légèrement sur le lit d’hôpital sur lequel elle était allongée mais se redressa rapidement à la proposition plus que surprenante du jeune médecin. Il n’était pas question qu’elle accepte pareille proposition de sa part, quand bien même son estomac hurlerait à la mort, elle tiendrait le coup. Mais sans rien dans le ventre depuis veille au soir, elle devait avouer que cette barre de céréales était bien plus tentante qu’elle ne l’aurait voulu et elle était presque déçue de refuser. Mais les principes passaient avant, elle mangerait en rentrant chez elle, c’était de sa faute, elle n’avait qu’à prévoir et prendre un petit-déjeuner digne de ce nom. Elle alla même jusqu’à lui promettre de faire tous ses repas consciencieusement pour espérer le voir partir prendre sa pause déjeuner mais elle le voyait dans son regard, c’était peine perdue de discuter avec lui. « Très bien, je prends note de votre promesse, je suis ravi que vous ayez pris cette décision. Mais je n’ai pas l’intention de vous laisser seule, vous pourriez en profiter pour filer. » Il lui mit la barre de céréales dans la main de force et elle le regarda s’éloigner, sans pouvoir la lui rendre. Elle essaya de calculer l’énergie que lui prendrait le simple fait de lui envoyer sa barre en pleine figure mais y renonça, elle ne visait pas très bien et préférait ne pas se ridiculiser devant lui plus qu’elle ne l’avait déjà fait. « Vous voyez ? Vous allez reprendre des forces et je continue à veiller sur vous sans perdre ma pause. Vous n’avez plus d’excuse ! » C’est alors qu’elle croisa les bras, l’air légèrement plus mécontent que précédemment. « Je ne suis pas une gamine qu’il faut surveiller pour éviter qu’elle ne se sauve. Et je ne tiendrais pas ma promesse puisque vous êtes encore là au lieu de prendre un vrai repos, sûrement bien mérité ! Je n’imagine même pas ce que la vie aux urgences peut être mais vous devez bénir vos pauses et vous restez là, ne me faîtes pas croire que c’est une pause, pour cela il faudrait que je m’endorme et je n’ai pas l’intention de le faire puisque vous êtes là ! » Au moins maintenant, Caelan comprendrait qu’elle n’était pas bavarde uniquement lorsqu’elle était mal à l’aise mais également lorsqu’elle était agacée. En réalité, elle l’était à chaque fois qu’un sentiment trop fort l’envahissait. Si elle n’était pas sûre de s’écrouler une nouvelle fois si elle se risquait à se lever, elle l’aurait déjà fait pour faire les cent pas.

Mais lorsque Caelan se mit à rire de bon cœur, son agacement fondit comme neige au soleil et elle le regarda s’interrompre, comme si quelque chose le ramenait à la réalité. Elle sourit légèrement, gênée de se permettre de commenter son repas quand elle-même n’en avait pas fait de vrai depuis trop longtemps. « N’essayez pas de retourner la situation contre moi ! Je n’ai pas le temps de prendre quoi que ce soit d’autre comme repas, mais je me rattrape très bien dès que je rentre chez moi, ne vous faites pas de souci pour ça ! » Elle arqua légèrement un sourcil, incertaine, est-ce que cela signifiait qu’il avait une femme à la maison qui l’attendait avec un bon repas sur la table ou qu’il était bon cuisinier ? La question était si indiscrète qu’elle n’aurait même pas dû songer à la poser et pourtant, elle lui brûlait littéralement les lèvres, comme si elle voulait à tout prix sortir, s’exprimer. Elle se mordit légèrement la lèvre, comme pour se forcer à garder le silence. « Vous êtes donc si bon cuisinier ? » Elle se maudit, la question n’avait pas pu s’empêcher de franchir ses lèvres avant qu’elle n’en analyse le contenu. Heureusement, son ton avait quelque chose de faussement détaché, comme si la réponse l’intéressait mais pas comme s’il s’agissait de curiosité intéressée, ce qu’elle n’était pas. Et elle ne sonnait pas si indiscrète que ça à ses oreilles, passant presque pour subtile. « Et ne vous avisez pas de vous sentir coupable pour ça ! Je n’aurais rien mangé d’autre, que vous soyez là ou non. » Elle regarda la barre qu’il pointait vers elle et un léger sourire fendit ses lèvres. « Je me sens coupable parce que vous êtes encore là ! » Répondit-elle, comme si c’était logique, la barre toujours proprement fermée dans la main.





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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Jeu 13 Déc 2012 - 20:53

« Je déteste être en retard et vu que je n’ai pas de voiture, les transports en commun me semblent peu fiables en réalité niveau horaires, je préfère donc être en avance… Et non, je n’ai pas envie d’y aller mais ce n’est pas comme si j’avais le choix. » Le début était tout à fait logique, mais la suite … était plus étrange, et plus intrigante. Ainsi donc, elle était forcée d’aller à cette thérapie. Il n’y avait pas des centaines d’explications à cela, quand ce genre de séance devenait obligatoire, c’était qu’il y avait des raisons importantes derrière. Et Caelan était prêt à parier que cela avait un rapport avec son incarcération, puis sa libération. Il se prit à espérer, pendant un instant, que tout le monde n’avait pas cru à son innocence et que les psychologues étaient là pour le prouver … Mais il se raisonna rapidement : elle avait été reconnue innocente. Il ne devait pas se monter de films trop optimistes, au risque d’être déçu. Mais il avait désespérément envie d’en apprendre plus sur ces séances de psy obligatoire, et il dut se retenir pour ne pas la presser de questions – de façon brutale. « C’est plutôt logique. Vous voyez, si vous m’expliquez les choses, je suis tout à fait capable de vous comprendre. » Lui-même détestait royalement être en retard, et encore plus les gens qui n’étaient pas à l’heure. Sans doute pas au point d’arriver trois quart d’heure à un rendez-vous qu’il ne désirait pas, mais quand même. Il s’empêcha d’évoquer la partie « obligatoire » de la thérapie, ne voulant pas paraître trop intrusif. Il était déjà largement au-delà de la limite de ce qu’un médecin pouvait partager avec une patiente, et s’il poussait trop loin, elle finirait par avoir des soupçons. Il fit donc comme si ce n’était qu’un détail, et omit délibérément d’en parler. « Je vous assure que vous n’avez rien à voir là-dedans, au contraire, je préfère votre compagnie ! Mais il faut que j’arrête de vous fréquenter, avant la fin des trois quart d’heures, vous allez connaître toute ma vie à ce rythme ! » Il se mit à rire. C’était exactement la confirmation qu’il souhaitait entendre, et il en fut secrètement ravi. Il espérait bien tirer le maximum de ces trois quart d’heure avec elle, s’il devait rester là tout ce temps, et elle semblait tout juste gênée de s’en rendre compte. Cela marchait à merveille ! « C’est que vous êtes bavarde ! » Fit-il pour la taquiner, avant de redevenir plus sérieux. « Mais si vous avez besoin de parler à quelqu’un, quelqu’un qui ne prenne pas de notes pour disséquer chacune de vos paroles, je suis aussi là pour ça … Ca ne sortira pas de cette pièce. » Elle n’avait pas à s’inquiéter pour ça, il n’irait pas répéter ses petites confidences – qui n’avait rien de bien extraordinaires jusque là. Mais elle avait quand même choisi la pire personne de tout l’hôpital pour épancher son besoin de bavardages, et Caelan trouvait ça délicieusement ironique.

« Je n’ai pas honte, enfin, je suppose que ce sont les raisons qui font que je vois ce thérapeute qui me rendent honteuse, non le fait de voir quelqu’un… » Décidemment ! Elle se plaignait de trop parler, mais elle continuait de plus belle ! Caelan se demanda bien comment elle espérait qu’il puisse comprendre une phrase pareille, vu qu’il était censé ne pas être au courant qu’elle sortait de prison … Et qu’il était censé ne pas poser de questions trop personnelles ! Elle lui tendait des perches monstrueuses et il devait lutter pour ne pas réagir trop brutalement, pour ne pas lui demander de but en blanc ce qu’elle essayait de cacher. Il fronça les sourcils, comme s’il était préoccupé par ce demi-aveu. « Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre sur ce point. Je ne veux pas que vous vous sentiez obligée de me dire quoi que ce soit si vous en avez honte, mais vous m’inquiétez un peu. » Il y avait des tas de raisons, autre que la prison, qui pouvaient justifier une thérapie et qui plongeaient les patients dans une spirale de honte ou d’auto-flagellation, et Caelan espéra qu’elle verrait sa question vraiment comme de l’inquiétude du médecin pour sa patiente, et non pas comme de la curiosité malsaine … Même si c’était vraiment le cas. « Est-ce qu’il vous a aidé à surmonter vos problèmes ? » Il avait lâché sa confession en espérant qu’elle morde à l’hameçon et qu’elle ait plus confiance en lui, et il le regrettait déjà, mais à présent que c’était fait, il devait en assumer les conséquences et ne pas se défiler. « Excusez ma curiosité, je n’ai pas le droit de vous demander cela… » Il écarta les mains avec un sourire. « Ne vous en faites pas. Je ne serais pas là pour en discuter avec vous si cela ne m’avait pas aidé. » Qu’elle comprenne ça comme elle voulait ! Sa thérapie après le meurtre de Roxanne n’avait pas été du plus grand secours, à vrai dire. C’était surtout son boulot qui l’avait aidé à garder la tête hors de l’eau, et il avait fini par abandonner les séances, mais il avait tout de même résolu quelques problèmes grâce à son psy. Pas tous, visiblement, vu qu’elle était dans cette pièce avec lui, mais c’était là un problème qu’une thérapie ne résoudrait jamais, à ses yeux.

Caelan ne s’attendait pas à ce qu’elle accepte aussi facilement de partager son « repas » avec lui, mais il fut un peu surpris de voir qu’elle semblait plutôt mécontente qu’il lui force ainsi la main. Cette fois, il avait fait ça uniquement pour son bien, et elle trouvait encore le moyen d’en être fâchée ! Elle réagissait toujours de manière inattendue et il ne savait plus quoi en penser. « Je ne suis pas une gamine qu’il faut surveiller pour éviter qu’elle ne se sauve. Et je ne tiendrais pas ma promesse puisque vous êtes encore là au lieu de prendre un vrai repos, sûrement bien mérité ! Je n’imagine même pas ce que la vie aux urgences peut être mais vous devez bénir vos pauses et vous restez là, ne me faîtes pas croire que c’est une pause, pour cela il faudrait que je m’endorme et je n’ai pas l’intention de le faire puisque vous êtes là ! » Il la fixa une seconde, interdit. C’est pour ça qu’elle lui faisait une scène ? Parce qu’elle ne voulait pas qu’il gâche son temps de repos ? Même si elle se trompait sur son véritable métier, elle n’était pas loin de la vérité en supposant qu’il avait grandement besoin de ces moments de break, et il se sentit vaguement coupable à l’idée qu’elle s’inquiète pour lui. Très vaguement … Il repoussa cette pensée si étrange loin de lui, il n’avait rien à faire de la culpabilité ! Il était là pour elle, pour la briser dans un futur qu’il espérait n’être pas si lointain, et il n’avait pas à s’inquiéter de heurter ses petits sentiments aujourd’hui. « Cette promesse, c’était pour vous que vous la faisiez, ça ne m’empêchera pas de dormir si vous ne mangez pas, mais ça vous causera des ennuis par la suite, et ça, par contre, ça m’ennuiera. Je ne veux pas vous voir revenir sur un brancard. » Commença-t-il d’un ton circonspect. « Ecoutez, je peux passer des semaines sans prendre une seule pause, parce que je suis trop occupé à courir entre deux urgences. Vous êtes le cas le plus reposant que j’aie eu de la journée et rien que le fait de m’asseoir en face de vous pour manger un morceau me fait un bien fou. Même si vous êtes une fichue bornée et que vous me faites tourner en bourrique. » Ajouta-t-il, moqueur. Dans un sens, c’était vrai : c’était reposant de pouvoir s’asseoir, même si une sieste aurait été encore meilleure … Et plus silencieuse. Mais Skye n’était pas malade, elle ne demandait pas de soins pointus ni une vigilance particulière, il fallait juste qu’il fasse la conversation avec elle … D’un point de vue objectif, il avait déjà eu des « pauses » bien pires que ça, et il n’avait pas besoin de bosser aux urgences pour ça. « Vous êtes donc si bon cuisinier ? » La question le prit de court. Une personne normale aurait plutôt fait une remarque sur la qualité de la cuisine de sa femme … Ce qui était la réflexion la plus logique, même si elle était la moins adaptée à Caelan. Skye s’était plutôt orientée vers ses propres talents en cuisine, et étonnement, elle avait frappé juste : il adorait cuisiner et était très doué là-dedans … Etait, au passé. Caelan trouva sa question très étrange, comme si elle savait plus de choses sur lui qu’il ne l’avait cru au début. Ce n’était sans doute que l’effet de son imagination, une paranoïa due à son propre comportement double, mais il était à présent sur ses gardes. « Je me débrouille assez bien. » Répondit-il simplement, sans s’étendre sur la question, préférant parler d’autre chose en lui interdisant de se sentir coupable de le retenir près d’elle. « Je me sens coupable parce que vous êtes encore là ! » Il lui adressa un air moqueur, avant de prendre une nouvelle bouchée de sa barre de céréales. Il regarda ensuite celle qu’elle tenait dans la main, et poussa un profond soupir. « Et moi je me sens coupable parce que je suis en train de manger et que vous n’avez toujours rien avalé. Faites-moi plaisir et mangez-en au moins un bout, ou je ne pourrais pas finir la mienne et vous porterez ma faim sur la conscience jusqu’à ce soir. » La mit-il en garde, avant de remballer soigneusement la fin de sa barre de céréale pour la poser sur la table à côté de lui. Il mourrait de faim, mais si elle ne mangeait pas, il ne toucherait plus à son encas. Il la regarda à nouveau, un air de défi sur le visage. Alors, s’inquiétait-elle vraiment pour lui maintenant ?

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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Mar 18 Déc 2012 - 20:39

caelan & skye

« C’est plutôt logique. Vous voyez, si vous m’expliquez les choses, je suis tout à fait capable de vous comprendre. » Elle le regarda même si elle avait encore envie de grimacer. Elle devait prendre le temps d’expliquer son comportement irrationnel pour espérer être comprise parfaitement, cela relevait-il d’un certain trouble mental ou était-elle réellement illogique ? Elle n’osait le demander à un médecin et encore moins à celui qui était témoin des tentatives inespérées de son esprit pour avoir l’air normal quand elle ne cessait de jacasser comme une enfant trop bavarde en classe. Et Skye trouvait Caelan parfois bien trop énigmatique et au regard un peu trop perçant pour lui demander d’émettre un tel jugement, elle aurait bien trop peur de la réponse qu’il pourrait lui fournir, elle préférait ainsi garder le silence, non sans hocher légèrement la tête, mal à l’aise, pour approuver ses propos et lui montrer qu’elle était ravie qu’il puisse la comprendre un peu finalement, ce qu’elle accentua avec un léger sourire désabusé. Elle le vit rire lorsqu’elle continua à s’engouffrer dans des explications sans queue ni tête et elle eut moins l’impression d’être en compagnie d’un médecin, un sentiment dangereux. En réalité, son esprit commençait à se poser des questions sur la gentillesse et la prévenance du jeune homme, comme si son comportement était étrange, parce qu’il était trop avenant, pas comme un urgentiste pressé d’en finir avec un patient pouvait l’être. Il prenait le temps de rester avec elle quand n’importe quel autre l’aurait fait patienter des heures avant de venir prendre sa tension. Caelan avait eu des attentions dès le début, soucieux de sa santé mais son comportement était presque hors norme quand elle y pensait. Elle avait toujours été bavarde mais jamais elle ne s’était sentie aussi proche de dévoiler des choses qu’elle ne voulait pas, comme si elle avait besoin de vider son sac et son esprit avec. Mais elle chassa rapidement ses réflexions sur son médecin, préférant penser qu’il prenait réellement son métier à cœur et qu’il n’y avait aucune anguille sous roche. « C’est que vous êtes bavarde ! » Il savait qu’il la taquinait mais elle ne put s’empêcher de prendre un air presque faussement offusqué. Réaction d’autant plus hypocrite qu’elle l’avouait elle-même et qu’elle en avait conscience. « Mais si vous avez besoin de parler à quelqu’un, quelqu’un qui ne prenne pas de notes pour disséquer chacune de vos paroles, je suis aussi là pour ça … Ca ne sortira pas de cette pièce. » Elle reprit un air un peu plus sérieux à ses paroles, touchée qu’il se porte ainsi volontaire pour une telle corvée. Elle eut un léger sourire mais dans son esprit restait ancrée sa première idée survenue quelques instants plus tôt, le comportement du médecin n’était pas tout à fait professionnel et quelque chose commençait à la déranger, sans qu’elle ne mette le doigt dessus. Soit il était un super toubib, le médecin que chacun rêve d’avoir, soit quelque chose clochait mais elle n’aurait pas su dire quoi. Dérangée par cette idée, elle mit quelques secondes avant de revenir au sujet de base, fronçant les sourcils pour se concentrer et empêcher ses idées de dériver à nouveau n’importe où dans son cerveau. « Il nous faudrait bien plus qu’une demi-heure, montrez-moi votre emploi du temps, j’arrête une journée et je vous dis ça ! » Elle plaisantait évidemment, quoique la vérité n’était pas loin et pourtant, elle ne souhaitait pas lui confier quoique ce soit, elle en était bien trop mal à l’aise pour en parler avec lui. Elle reprit un air un peu plus sérieux après sa petite plaisanterie qu’elle avait ponctuée d’un petit sourire malicieux, pour ajouter. « C’est très gentil de votre part mais même si mon psychiatre dissèque chacun de mes mots, je sais qu’il ne porte pas de jugement et c’est humain de porter un jugement, ce n’est pas un reproche… mais je crois que si je commençais à parler, je ne pourrais jamais remettre un pied dans cet hôpital, ni même dans la ville par peur de vous croiser ! » Raconter sa vie à n’importe qui, c’était une chose, échanger des banalités, faire une gaffe sur une anecdote amusante également mais commencer à se plaindre, à chercher un exutoire dans la parole pour confier toutes les choses affreuses auxquelles on pense, c’était tout à fait autre chose, quelque chose qu’elle n’oserait jamais.

Mais elle se maudissait de le faire à mesure que le temps passait, elle ne savait pas si elle devait mettre cela sur le compte du manque de sommeil, de nourriture consistante ou simplement sur son besoin de discuter pour ne pas se sentir trop mal à l’aise mais elle continuait inlassablement de parler, comme si elle cherchait les ennuies, comme si elle cherchait à ce que Caelan l’interroge davantage lorsqu’elle ne souhaitait pour rien au monde qu’il soit au courant. Mais elle avait aussi la confirmation qu’elle voulait : il n’était pas au courant de son séjour en prison, sinon il ne se serait pas interrogé davantage, il ne nagerait pas en pleine confusion. Certaines personnes l’avaient déjà reconnu, lui avaient apporté son soutien parfois ou montré toute leur animosité à son égard mais lui n’était au courant de rien, elle avait la possibilité de faire comme si rien ne s’était passé l’espace d’un instant. « Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre sur ce point. Je ne veux pas que vous vous sentiez obligée de me dire quoi que ce soit si vous en avez honte, mais vous m’inquiétez un peu. » Il continuait à avoir l’air de vraiment s’intéresser à elle et à son bien-être et elle en était quelque peu touchée, si autre chose ne venait pas déranger ce sentiment agréable. En fait, elle se permit même de rire légèrement, même si lui semblait sérieux, voilà encore une réaction qui ne manquait pas de contradiction ! « Il n’y a pas de quoi s’inquiéter, je suis saine d’esprit, enfin, je suppose que c’est ce que dise tous les fous non ? » Elle préférait prendre cette situation avec humour parce qu’elle n’avait pas l’intention de lui confier quoique ce soit sur sa petite virée en prison et les conséquences sur son esprit, elle n’était peut-être pas saine mais il n’y avait pas de quoi soulever l’inquiétude d’un médecin supplémentaire. « Je suis trop bavarde, je suppose que vous aviez raison, il faut que je tourne sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler ! » Et ce n’était pas peu dire, elle se promit de faire un peu plus attention pour la suite, même si la confidence du docteur Connolly ne l’aida pas à tenir sa bonne résolution. « Ne vous en faites pas. Je ne serais pas là pour en discuter avec vous si cela ne m’avait pas aidé. » Elle le regarda un instant, un peu interdite quant à ce nouvel aveu, qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Est-ce qu’il avait déjà pensé mettre fin à ses jours ou est-ce qu’il n’aurait jamais eu la force de reprendre le travail sans cette thérapie ? Elle se mordit la lèvre pour s’empêcher cette fois une question aussi indiscrète que blessante, jamais elle n’insinuerait quoique ce soit sur quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, ce n’était définitivement pas son genre. « C’est une bonne chose alors. » Fut tout ce qu’elle put prononcer sans avoir l’air de lui demander pourquoi une thérapie, ce qui l’avait poussé à la faire et toutes les autres questions qui lui brûlaient les lèvres. Elle se mordit d’ailleurs légèrement la lèvre inférieure pour empêcher sa curiosité de déborder mais il était évident dans son attitude, à sa façon de se tortiller sur place, qu’elle mourait d’envie d’en savoir davantage, sans s’expliquer d’où lui venait cet intérêt pour cet homme qui était censé n’être qu’un médecin, quelqu’un qu’elle ne reverrait pas ou très peu.

Et c’est avec ce même intérêt qu’elle refusa de prendre ce qui constituait le seul plat qu’il avait l’intention d’avaler d’ici au soir-même. Elle croisa les bras, telle une enfant boudeuse et lui fit part de tout son mécontentement. Skye n’était pas seulement bavarde et curieuse, elle était lunatique, elle pouvait passer du rire aux larmes en un rien de temps, comme une femme enceinte le ferait en pleine poussée d’hormones. « Cette promesse, c’était pour vous que vous la faisiez, ça ne m’empêchera pas de dormir si vous ne mangez pas, mais ça vous causera des ennuis par la suite, et ça, par contre, ça m’ennuiera. Je ne veux pas vous voir revenir sur un brancard. » Elle ouvrit la bouche mais finit par la refermer parce qu’elle n’avait rien à répondre à cela. Il se fichait de sa santé, il ne voulait simplement pas avoir un peu plus de travail en la voyant débarquer sur un brancard, elle pouvait le comprendre évidemment et elle interpréta ses paroles ainsi mais elle ne pouvait s’empêcher de s’en sentir vexée. « Ecoutez, je peux passer des semaines sans prendre une seule pause, parce que je suis trop occupé à courir entre deux urgences. Vous êtes le cas le plus reposant que j’aie eu de la journée et rien que le fait de m’asseoir en face de vous pour manger un morceau me fait un bien fou. Même si vous êtes une fichue bornée et que vous me faites tourner en bourrique. » Presque offusquée cette fois, sa bouche s’entrouvrit, stupéfaite. Elle garda les bras fermement croisés, tenant toujours la barre serrée contre elle sans la moindre intention de la toucher, elle se pinça les lèvres pour répondre. « Si je vous fais tourner en bourrique, vous feriez mieux d’aller vous reposer dans une autre salle parce que je n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin ! » Elle le disait sur un ton boudeur mais au fond, elle finit par soupirer pour qu’un sourire en coin apparaisse au coin de ses lèvres. Elle était incapable de faire la tête à qui que ce soit, et certainement pas pour des raisons aussi stupides que celles qu’ils étaient en train d’évoquer. Ils se disputaient tel un vieux couple alors qu’ils se connaissaient à peine, voilà qui était inédit.

Elle se sentit presque plus à l’aise puisqu’il parlait un peu de lui pour une fois et se permit une question à laquelle il répondit plutôt singulièrement.« Je me débrouille assez bien. » Une nouvelle fois, elle fronça presque les sourcils, visiblement, il ne souhaitait pas s’étendre sur le sujet et elle s’empêcha de le questionner davantage, elle avait déjà fait bien assez de dégâts. « Et moi je me sens coupable parce que je suis en train de manger et que vous n’avez toujours rien avalé. Faites-moi plaisir et mangez-en au moins un bout, ou je ne pourrais pas finir la mienne et vous porterez ma faim sur la conscience jusqu’à ce soir. » Une nouvelle fois, la surprise et la stupéfaction firent réagir sa bouche qui s’entrouvrit à nouveau tandis qu’elle ouvrait grand les yeux en le voyant ranger sa barre de céréales pour appuyer ses propos. Elle leva le bras pour pointer la barre qu’il remballait, incapable de s’exprimer correctement. « Vous ne… mais vous n’avez pas le droit de faire ça ! » Elle secoua légèrement la tête en regardant cette fois la barre qu’elle tenait dans la main avant de le fusiller du regard. « Vous êtes un vil manipulateur, vous vous servez de ce que j’ai dit juste avant, vous savez que je m’inquiète pour vous parce que je vous empêche de profiter de votre pause déjeuné mais je suis pas sûre que ce soit très moral ! » Elle plissa les yeux légèrement en l’observant comme s’il venait de la trahir lamentablement et elle prit appui contre le dossier du lit en décroisant les bras et en attrapant à deux mains la barre de céréales. Elle l’ouvrit alors et attrapa une bouchée qu’elle mâcha rapidement avant de l’avaler et de regarder Caelan. « Ça ne m’empêche pas de culpabiliser vous savez, je crois que ça me fait encore plus culpabiliser d’ailleurs ! » Elle voulait absolument avoir ce dernier mot parce qu’elle en avait besoin, même si ça ne servait à rien, il avait gagné, elle avait accepté de manger.





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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Sam 22 Déc 2012 - 22:16

Quand Caelan proposa à la jeune femme de se confier à lui, il savait qu’il s’avançait sur une pente glissante. Ce n’était pas dans ses fonctions que de proposer à une patiente lambda de s’épancher sur ses problèmes, surtout pas en se plaçant du côté du médecin urgentiste qu’il était censé être. Les médecins qui travaillaient aux urgences n’avaient jamais le temps de rien faire, et accordaient le moins d’attention possible à chaque patient pour pouvoir abattre plus de travail dans leur temps imparti. S’ils le pouvaient, ils augmenteraient la longueur des jours, mais ils devaient se contenter de bosser à des cadences folles pour éponger le flux d’urgences qui ne cessait d’augmenter. Ils n’avaient en aucun cas le temps de s’arrêter, de plaisanter, ou de se montrer attentifs. Et même s’il était supposé être en pause, Caelan savait qu’il avait un comportement un peu hors du commun. Mais il ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin, alors que Skye lui jacassait ses problèmes en dévoilant des détails qui titillaient sa curiosité. Mais il remarqua qu’elle eut un temps d’hésitation avant de lui répondre, et il craignit qu’elle ne cesse définitivement de parler … Ce qu’elle semblait heureusement incapable de faire. « Il nous faudrait bien plus qu’une demi-heure, montrez-moi votre emploi du temps, j’arrête une journée et je vous dis ça ! » Si seulement c’était aussi simple que ça, il aurait sorti son agenda immédiatement ! Plus vite il percerait ses secrets, plus vite il serait débarrassé de cette corvée … Et de cet état d’esprit désagréable qui lui minait le moral depuis qu’elle était sortie de prison. Il avait largement eu le temps de faire son deuil depuis la mort de Roxanne, et il aimait à croire qu’il y était parvenu, mais dès que l’affaire était réapparue dans l’actualité, il avait eu l’impression de replonger dans les semaines qui avaient suivi le meurtre. Les cauchemars étaient revenus alors qu’ils s’étaient faits bien plus rares ces derniers mois, et il traînait un cafard qui ne voulait bien s’effacer que quand il était au travail. Il s’était promis de ne plus y penser, mais comment pouvait-il s’y tenir quand tous les journaux s’étaient remis à parler du drame ? Et voilà qu’elle était sortie de prison, innocentée alors qu’elle était la seule qu’il pouvait tenir comme coupable de la mort de sa fiancée … Il avait besoin de quelqu’un à blâmer, il ne pouvait pas revenir à ce stade insupportable où il ne savait rien de ce qui était arrivé à Roxanne, où la justice ne pouvait lui fournir aucune réponse, avec cette ignoble idée que quelque part le meurtrier coulait des jours heureux … Il avait besoin que Skye ait prit part au drame, qu’elle soit seulement complice lui importait peu, elle était la seule qui ait été retrouvée par la justice et il ne pouvait pas accepter qu’elle n’ait finalement rien à voir avec tout ça. Et puis, il devenait de plus en plus évident qu’elle cachait quelque chose, en dehors du fait qu’elle ne voulait pas dire qu’elle sortait de prison, il était convaincu qu’elle en savait plus encore … Malheureusement pour lui, elle ne parlerait pas de ça avant un long moment, et il devait d’abord en passer par gagner sa confiance avant d’aborder le reste. Pour l’instant, il devait prendre sa réflexion comme ce qu’elle était : une plaisanterie, à laquelle il répondit avec un rire poli. « C’est très gentil de votre part mais même si mon psychiatre dissèque chacun de mes mots, je sais qu’il ne porte pas de jugement et c’est humain de porter un jugement, ce n’est pas un reproche… mais je crois que si je commençais à parler, je ne pourrais jamais remettre un pied dans cet hôpital, ni même dans la ville par peur de vous croiser ! » Touché. Pour le coup, elle avait tout à fait raison. Mais il portait déjà un jugement et elle n’avait aucune idée de la façon négative dont il la voyait. Elle n’était pas si naïve qu’il l’avait cru au premier abord, mais c’était un peu pitoyable qu’elle s’inquiète de l’image qu’il pourrait avoir d’elle dans ces conditions. C’était trop tard pour la mauvaise image, elle aurait du s’en inquiéter il y a quatre ans et demi … Une nouvelle fois, il prit cela à la plaisanterie, feignant de ne pas savoir de quoi elle parlait. « Vous savez que vous m’intriguez, à parler comme ça ? Mais je ne vais pas insister, c’est promis. Et si par hasard je vous recroise un jour à Sydney, je ferais comme si je ne vous avais jamais rencontrée, si ça peut vous rassurer. » Il y avait bien peu de risques qu’ils se revoient en dehors de l’hôpital, mais vu comme le hasard les avait réunis aujourd’hui, il commençait à penser que c’était de plus en plus probable que cela se reproduise …

Elle se mit à rire quand il s’inquiéta pour elle, et il eut l’air un peu perplexe. Il avait voulu paraître sérieux mais c’était elle qui prenait les choses à la rigolade … Il ne s’en sortirait jamais, avec un comportement pareil ! « Il n’y a pas de quoi s’inquiéter, je suis saine d’esprit, enfin, je suppose que c’est ce que dise tous les fous non ? » Cette remarque lui tira un sourire à son tour. Elle avait esquivé royalement sa tentative d’intrusion ! « Quand ils commencent à reconnaître qu’ils sont fous, c’est qu’ils sont bien avancés dans la maladie généralement. Je préfère croire que vous êtes saine d’esprit ! » Enfin, ça ce n’était pas gagné. Si seulement il pouvait parler à son psy ! Mais il n’apprendrait rien de cette façon, le secret médical fonctionnait également au sein de l’hôpital, et Caelan n’avait aucun droit à voir le dossier de Skye … Si elle était folle, il devrait le prouver lui-même. « Je suis trop bavarde, je suppose que vous aviez raison, il faut que je tourne sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler ! » Voilà une promesse qu’il était curieux de voir appliquée … Et en même temps, il espérait bien qu’elle ne s’y tiendrait pas. « Je disais ça pour vous taquiner, voyons. J’ai déjà eu affaire à des patientes bien plus bavardes que vous … Généralement je suis le premier à mettre des barrières quand on aborde des sujets qui n’ont rien à voir avec leur santé. » Il arrivait que certaines de ses patientes les plus âgées, qui approchaient de leur majorité, avaient tendance à le voir un peu trop comme un ami que comme leur médecin et cela pouvait rapidement devenir délicat à gérer pour lui. Plus les patients étaient âgés, moins ça lui plaisait généralement. Ils perdaient l’innocence qu’il aimait chez les plus jeunes … Un détail que Skye n’avait pas à savoir, bien sûr. Pour elle, il voyait toutes les générations passer dans son service, et cela devait rester comme ça. Mais tout de même, il était bien bavard avec elle, et il se demanda jusqu’à quand elle continuerait sans se douter de rien. Il commençait même à regretter d’avoir abordé le sujet de sa propre thérapie, quand il vit à quel point sa réponse l’avait touchée. « C’est une bonne chose alors. » Il hocha lentement la tête sans rien répondre. Elle semblait dévorée par la curiosité, mais il n’avait pas l’intention de lui en dire plus. Cette fois, ce serait elle qui devrait faire des suppositions sans avoir de vraie réponse !

Sa tentative pour la convaincre qu’il n’avait pas besoin d’une pause plus calme que ça se solda par un échec, et Skye sembla encore plus ennuyée qu’il s’entête. A moins que ce soit parce qu’il avait ajouté qu’elle était bornée ? Elle sembla se vexer, et il trouva ça plutôt contradictoire : il ne faisait que répéter en gros ce qu’elle lui disait depuis tout à l’heure, et puis, n’était-elle pas réellement bornée ? Il n’essayait pas de l’empoisonner, juste de la faire manger ! C’était la seule fois qu’il agissait sans arrière-pensée, mais également la seule fois où elle le refusait en bloc. Quelle tête de mule ! « Si je vous fais tourner en bourrique, vous feriez mieux d’aller vous reposer dans une autre salle parce que je n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin ! » Pourtant, elle eut un sourire sur la fin de sa phrase, et il se mit à rire. « Si j’avais plus de temps devant moi, je resterais là tout l’après-midi uniquement pour voir jusqu’à quel point vous pouvez aller ! Je suis très doué à ce jeu là moi aussi. Mais vous avez de la chance, je devrais m’en aller à un moment ou à un autre. Mais en attendant, je vais vous supporter de bonne grâce. » Ajouta-t-il avec un sourire narquois qui signifiait : « bien essayé, mais ça ne marchera pas si facilement. » Il avait déjà amadoué des enfants bien plus réticents qu’elle, et il était impatient de relever ce nouveau défi … Ce qui était finalement assez étonnant, sachant qu’il était censé prendre ça comme une corvée. Mais ce petit jeu avec la barre de céréale l’amusait assez, et il attendait sa réaction avec impatience, sans aucune arrière-pensée négative ou tordue. Mais pour le moment, il ne se rendait pas compte de ce léger changement dans son état d’esprit, il jouait comme il le ferait avec un patient normal, et c’était tout. « Vous ne… mais vous n’avez pas le droit de faire ça ! » Il haussa les sourcils. « Vous voulez parier ? » Demanda-t-il d’un air tout à fait innocent, sans plus jeter un seul regard à sa propre barre de céréale. Oubliée jusqu’à ce qu’elle daigne manger la sienne ! « Vous êtes un vil manipulateur, vous vous servez de ce que j’ai dit juste avant, vous savez que je m’inquiète pour vous parce que je vous empêche de profiter de votre pause déjeuné mais je suis pas sûre que ce soit très moral ! » Sa colère était un vrai délice. Il savait qu’elle allait craquer, ce n’était plus qu’une question de secondes à présent. Elle tentait de retarder le moment avec de vains reproches, mais elle allait manger, elle se sentait trop coupable de sa faim à lui. Cela faisait longtemps, à vrai dire, que personne ne s’était comporté ainsi avec lui, et surtout pas une totale inconnue. Et il devait absolument garder à l’esprit l’identité de cette inconnue, car cette impression de plaisir qu’il prenait à jouer avec elle devenait dangereuse, il s’en rendait soudain compte. « Je suis médecin, mademoiselle Warren, je ne ferais jamais quoi que ce soit d’immoral à une de mes patientes. » Fit-il d’un ton moqueur, tout en fixant la sucrerie qu’elle tenait dans ses mains … Et qu’elle porta finalement à sa la bouche. Il leva les bras au ciel, comme s’il venait de gagner une grande bataille. « Victoire ! Vous voyez, ce n’était pas si compliqué ! Maintenant vous pouvez avouer : ça fait du bien, non ? » Lui demanda-t-il, avant de reprendre sa propre barre pour la lever vers elle, comme s’il portait un toast. « Ça ne m’empêche pas de culpabiliser vous savez, je crois que ça me fait encore plus culpabiliser d’ailleurs ! » Il soupira et secoua la tête, puis mordit ostensiblement dans sa sucrerie. Il prit le temps de mâcher, d’avaler, sans quitter Skye des yeux, comme s’il voulait qu’elle assimile bien ses gestes. Quand il eut la bouche vide, il poussa un autre soupir. « Mais arrêtez de vous torturer comme ça, il n’y a pas mort d’homme ! Je vais très bien survivre jusqu’à ce soir, et au moins je suis sûr que vous survivez aussi ! » Il fit une pause, et reprit d’un ton suppliant : « Et si vous repreniez une deuxième bouchée ? Pour me faire plaisir ? »

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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Ven 28 Déc 2012 - 20:41

Caelan & skye

La jeune femme se sentait paradoxalement de plus en plus en confiance avec Caelan et pourtant, elle se sentait également de plus en plus mal à l’aise, une contradiction comme elle seule était capable d’en faire. Elle avait envie de croire qu’elle pouvait lui faire confiance, qu’il était un médecin soucieux de ses patients et qu’il s’inquiétait vraiment pour elle, pour son bien-être et sa santé mentale mais d’un autre côté, elle ressentait un certain malaise, comme si quelque chose la bloquait totalement à cet instant précis, comme si Caelan se faisait trop envahissant pour être naturel. Elle savait qu’elle parlait beaucoup et qu’elle pouvait intriguer par ses paroles mais elle ne souhaitait pas en dire plus, se confier plus encore n’était pas une bonne idée. Elle n’arrivait pas à parler à son psy, une personne censée préserver son secret grâce à un serment et pourtant, elle n’y parvenait pas. Alors à un total inconnu qui avait l’air un peu trop gentil pour être réel, elle ne pourrait jamais en dire davantage. « Vous savez que vous m’intriguez, à parler comme ça ? Mais je ne vais pas insister, c’est promis. Et si par hasard je vous recroise un jour à Sydney, je ferais comme si je ne vous avais jamais rencontrée, si ça peut vous rassurer. » Elle se mordit légèrement l’intérieur de la joue, elle savait que ce qu’elle disait ne parvenait pas à satisfaire la curiosité de quelqu’un et pourtant, elle refusait d’en dire plus, voilà qui pouvait s’avérer effectivement frustrant pour qui ne connaît pas tout son histoire. Mais même elle ne la connaissait pas, elle aurait bien du mal à en faire part à qui que ce soit. Elle observa légèrement la salle dans laquelle elle était, comme si elle réfléchissait avant de revenir à Caelan et de lui adresser un petit sourire sincère. « Vous oseriez passer à côté de moi sans me saluer alors que vous vous êtes occupés de moi à deux reprises et que j’ai commencé à vous raconter ma vie ? C’est si j’en disais plus que je ne voudrais pas vous revoir ! » Elle sourit un peu plus avant de le perdre aussi vite, ouvrant légèrement les yeux et se rattrapant aussitôt. « Pas que j’ai envie de vous revoir, enfin si, vous êtes sympathique, ça pourrait être amusant mais je ne veux pas dire que… enfin, je ne suis pas en train de vous faire des avances ou d’insinuer je ne sais quoi, je voulais juste dire que… enfin, ce n’était pas une invitation… » Elle s’embourbait à nouveau dans ses explications, incapable de sortir le fin fond de sa pensée. Elle n’avait pas eu envie d’insinuer qu’il serait bien de le revoir mais elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle ne voudrait jamais le revoir. Elle venait elle-même de s’enfoncer prodigieusement et elle ne savait plus vraiment comme s’en sortir. Certaine d’être devenue légèrement plus rouge que d’habitude, comme une adolescente au beau milieu d’un flirt, elle se maudit intérieurement d’être aussi émotive, même si cela n’avait rien à voir avec le docteur Connolly, bien s’il soit fort séduisant, elle avait d’autres problèmes en tête et il devait la croire instable et dérangée, il n’était pas forcément la personne idéale qu’elle aurait envie de draguer maintenant qu’il la connaissait un peu mieux. Consciente que si elle continuait à parler, elle allait aggraver sa situation et sa gêne, elle se pinça les lèvres pour empêcher les mots qui continuaient à affluer dans son esprit de sortir trop rapidement et de la faire mourir de honte. Elle lui adressa un petit sourire en coin, comme si elle voulait s’excuser d’être aussi maladroite dans ses paroles, parce qu’elle était incapable de gérer son débit de mots, elle avait beau vouloir tourner sa langue sept fois dans sa bouche, rien n’y faisait, elle parlait plus vite qu’elle ne pensait et visiblement plus vite qu’elle ne tournait la langue.

Elle préféra par la suite esquiver les questions sur les raisons qui l’avaient conduits en premier lieu chez son psychiatre et réussit, du moins, c’est ce qu’elle espéra. « Quand ils commencent à reconnaître qu’ils sont fous, c’est qu’ils sont bien avancés dans la maladie généralement. Je préfère croire que vous êtes saine d’esprit ! » Elle aurait pu s’offusquer de sa première phrase mais heureusement, il se rattrapa rapidement et elle eut un sourire. Elle approuvait totalement sa théorie en revanche, elle était assez d’accord, les fous commencent à guérir lorsqu’ils reconnaissent leur folie, c’était le cas de bien des maladies. Les alcooliques ne peuvent commencer à se soigner que lorsqu’ils ont reconnus avoir un problème, c’était le fondement de la guérison. Il fallait d’abord reconnaître qu’il y avait un problème avant de pouvoir s’en sortir. Mais elle aimait elle aussi à penser qu’elle était parfaitement saine d’esprit, elle s’était toujours comportée de la sorte après tout, la seule chose qui avait changé c’était son passage en prison et l’absence de souvenirs qu’elle en gardait. De quoi devenir fou mais elle espérait avoir encore les pieds sur terre et la tête sur les épaules. « Pour ne rien vous cacher, je préfère aussi ! » Ce qui n’était pas un scoop, qui préfèrerait penser qu’il était devenu complètement fou. Mais encore, sa phrase avait deux sens et les deux étaient vrais, elle préférait penser qu’elle était saine et elle préférait également que ce soit ce que Caelan pense aussi, les deux l’un dans l’autre, la situation lui apparaissait parfaite. « Je disais ça pour vous taquiner, voyons. J’ai déjà eu affaire à des patientes bien plus bavardes que vous … Généralement je suis le premier à mettre des barrières quand on aborde des sujets qui n’ont rien à voir avec leur santé. » Elle lui offrit un nouveau sourire, bien plus bavarde qu’elle, elle avait du mal à croire que c’était possible, elle avait toujours été la plus punie dans sa classe lorsqu’elle était petite et ses bulletins de notes étaient toujours accompagnés de la célèbre annotation « trop de bavardages ! » Avec un ou plusieurs points d’exclamations, souligné trois ou quatre fois selon l’énervement du professeur. Lorsqu’elle avait commencé ses études de stylisme avant de finir en prison, elle ne pouvait s’empêcher sans arrêt de jacasser à propos de tout et de n’importe quoi, une véritable pipelette que rien ne pouvait arrêter, pas plus les punitions que les lignes à copier ou les devoirs supplémentaires. Une vraie plaie pour une famille lorsqu’elle accaparait toute une conversation le soir au dîner. Un problème qui ne se posait apparemment plus puisque ses parents avaient quitté la ville sans se retourner. Elle observa un instant Caelan, se demandant pourquoi il n’avait pas encore mis les barrières dont il parlait entre eux deux, après tout, ils ne parlaient plus vraiment santé à l’instant, plutôt de la vie de Skye et de la sienne aussi, si on comptait sa remarque sur sa thérapie. Elle baissa légèrement la tête en fronçant les sourcils. « Désolée, c’est vrai que je dépasse un peu les limites des sujets qu’on est censé aborder mais c’est vous qui insistez pour rester, je ne vais pas vous faire le détail de mon carnet de santé ! » Ajouta-t-elle avec humour. S’ils devaient rester là tous les deux pendant quelques instants encore, ils n’allaient pas se contenter de discuter santé et médecine, elle n’avait rien de très grave, rien qui ne nécessite une analyse détaillée de ses antécédents en tout cas et elle ne supporterait pas de rester là à le regarder sans dire un mot de plus, se contentant de se reposer. Et même si elle se retenait de lui poser mille questions sur lui, sur le pourquoi de sa thérapie, elle se tut, tiraillée par sa curiosité mais peu désireuse d’avoir l’air envahissante et indésirable. Elle n’allait pas où elle n’était pas invitée et la vie privée de son médecin n’était certainement pas un endroit où elle avait l’autorisation d’aller, même s’il était tentant de poser une minuscule et innocente question.

La question de savoir qui méritait le plus cette fichue barre de céréales l’agaçait autant qu’elle l’amusait et les beaux discours sur ce qu’il était raisonnable ou non de faire avec un médecin furent vite oubliés. Mais c’était uniquement de sa faute, c’était lui le fichu borné qui refusait de l’écouter. Si j’avais plus de temps devant moi, je resterais là tout l’après-midi uniquement pour voir jusqu’à quel point vous pouvez aller ! Je suis très doué à ce jeu-là moi aussi. Mais vous avez de la chance, je devrais m’en aller à un moment ou à un autre. Mais en attendant, je vais vous supporter de bonne grâce. » Elle aurait été avec quelqu’un qu’elle connaissait mieux, elle lui aurait tiré la langue de mauvaise grâce, démontrant qu’elle n’avait pas grand-chose à rétorquer en échange mais elle ne pouvait pas faire quelque chose d’aussi puéril avec Caelan, ainsi, elle prit plutôt la parole pour se défendre, même si elle savait qu’il avait gagné d’avance, il avait des arguments qu’elle ne possédait pas malheureusement. « Vous ignorez encore combien je peux être agaçante quand j’y met de la bonne volonté, je suis presque sûre que j’aurais gagné cette partie ! » Elle était du genre franchement énervante quand elle s’y mettait réellement et si Caelan semblait avoir la patience d’un saint, elle se savait capable de lui faire s’arracher les cheveux, comme une enfant jeune et naïve mais ô combien insupportable. Mais fort heureusement pour eux deux, ils ne connaîtraient pas cette situation puisque Caelan avait un métier et elle un rendez-vous chez un psy, ils allaient donc devoir finir par se quitter, ce qui était bien mieux ainsi. Elle s’offusqua ensuite de ses méthodes plus que douteuses pour la forcer à manger cette barre de céréales, elle aurait pu en taper du pied de rage si elle n’avait pas été allongée. « Vous voulez parier ? » L’arrogant ! Elle secoua légèrement la tête d’un air mécontent devant son petit air fier de lui. Il savait qu’il avait gagné et cela l’agaçait au plus haut point, voilà qu’elle ne remporterait pas cette partie, elle se savait fichue. « Je suis médecin, mademoiselle Warren, je ne ferais jamais quoi que ce soit d’immoral à une de mes patientes. » Le bougre continuait d’user d’ironie pour l’énerver davantage et le pire, c’est que cela marchait à merveille et qu’elle n’en était plus à marcher, elle courrait carrément. Les bras cependant croisés pour montrer sa frustration, elle eut un rire ironique. « C’est déloyal et vous le savez, vous êtes un médecin aux méthodes plus que douteuses et en plus, vous vous cachez derrière votre statut pour faire passer ça ! » Elle releva le menton avant de céder, ouvrant la barre et croquant dedans tandis qu’il jubilait de son côté. « Victoire ! Vous voyez, ce n’était pas si compliqué ! Maintenant vous pouvez avouer : ça fait du bien, non ? » Elle observa son petit manège avec sa barre de céréales et un petit sourire naquit au bord de ses lèvres, incapable de rester sérieuse malgré toute sa bonne volonté. Légèrement boudeuse mais l’humeur plus légère, elle réfléchit un instant à ses paroles et prit le temps cette fois de savourer la bouchée qu’elle venait de mettre dans la bouche. Elle devait bien avouer que son estomac apprécia le geste pour sa part et accueillit la nourriture avec enthousiasme, si bien que son propre corps la trahit en gargouillant légèrement, témoin de sa faim et de son appréciation. Mais sa mauvaise foi n’était pas encore assez éloignée pour qu’elle reconnaisse les faits. « Ce n’est pas désagréable… » Voilà qui était un euphémisme et un vil mensonge, en réalité, elle avait faim et elle venait tout juste de s’en rendre compte.

Le jeune homme soupira devant sa culpabilité insistante et elle eut envie de lui dire que s’il ne voulait pas qu’elle culpabilise, qu’il aille donc se reposer sans se soucier d’elle. « Mais arrêtez de vous torturer comme ça, il n’y a pas mort d’homme ! Je vais très bien survivre jusqu’à ce soir, et au moins je suis sûr que vous survivez aussi ! » Elle leva légèrement les yeux au ciel. « Là, vous exagérez, j’aurais survécu… bon je n’étais pas au mieux de ma forme mais je ne suis pas à l’article de la mort ! » Elle masquait un peu la vérité, elle devait avouer qu’elle n’était pas dans son assiette depuis le début de la journée et cette pause était plus que bénéfique mais elle n’allait pas l’avouer aussi facilement quand il était si fier de l’avoir fait capituler. Elle poussa un soupire à son tour devant son ton suppliant. « Et si vous repreniez une deuxième bouchée ? Pour me faire plaisir ? » Elle eut un nouveau sourire avant de regarder la barre qu’elle avait baissé après sa première bouchée et la leva légèrement. « Si ça peut vous faire plaisir ! » Elle esquissa un sourire avant de croquer à nouveau dans la barre, mâchant à son tour lentement pour lui montrer qu’elle obéissait docilement. « Vous savez quoi ? La prochaine fois que je passe par l’hôpital, je vous rapporte un gâteau, ce sera mes remerciements à moi pour m’avoir aidé deux fois et pour m’avoir fait partager votre repas ! Mais un gâteau, c’est une mauvaise idée, je risquerais de vous empoisonner avec ma cuisine, disons un bon plat du meilleur traiteur de la ville ! » Elle sourit, fière d’elle et de son idée. Le remercier en lui amenant quelque chose à manger pour faire taire cette culpabilité. Voilà qui sonnait peu professionnel mais elle s’en fichait, elle n’avait pas à l’être elle. « Et ça vous nourrira certainement mieux que deux pauvres barres de céréales… » Elle ne pouvait pas s’empêcher de remettre son maigre repas sur le tapis, atterrée qu’il puisse se nourrir aussi mal lorsqu’elle savait le métier et le rythme de travail qu’il avait au quotidien. Impensable pour elle qu’il puisse tenir avec si peu dans l’estomac. Elle-même ne faisait pas grand-chose d’épuisant ces derniers temps et louper quelques repas ne l’avait pas franchement réussi.



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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Sam 5 Jan 2013 - 12:12

« Vous oseriez passer à côté de moi sans me saluer alors que vous vous êtes occupés de moi à deux reprises et que j’ai commencé à vous raconter ma vie ? C’est si j’en disais plus que je ne voudrais pas vous revoir ! » Caelan eut un sourire un peu moqueur : il aurait pu parier qu’elle répondrait ça. Par contre, la fin de sa phrase était plus surprenante, et il eut une hésitation sur la façon dont il devait prendre ce genre d’affirmation … Une hésitation qu’elle balaya d’elle-même en se trahissant complètement un bref instant plus tard. Apparemment, elle venait tout juste de réaliser que ses paroles étaient ambigües, et son expression fut un petit régal à observer. « Pas que j’ai envie de vous revoir, enfin si, vous êtes sympathique, ça pourrait être amusant mais je ne veux pas dire que… enfin, je ne suis pas en train de vous faire des avances ou d’insinuer je ne sais quoi, je voulais juste dire que… enfin, ce n’était pas une invitation… » Caelan haussa les sourcils et la fixa avec insistance tandis qu’elle se perdait dans ses explications, avant de se mettre à rire, incapable de s’en empêcher. Des avances, rien que ça ! Il n’avait pas eu la présomption d’interpréter ses paroles pour une quelconque forme de drague, mais qu’elle essaye d’éclaircir cette situation – qui n’était pas obscure du tout à ses yeux – et qu’elle s’empêtre en empirant les choses, c’était décidemment très drôle. Et il ne pouvait s’empêcher d’apprécier l’ironie de la situation … De plus, qu’elle fasse des efforts pour expliquer quelque chose qui ne nécessitait pas vraiment de commentaire pouvait être révélateur de ce qu’elle pensait au fond … Il n’allait pas jusqu’à penser qu’elle avait réellement envie de le draguer – il était un peu tôt pour ça – mais au moins qu’elle appréciait sa présence, au point de se détendre et de commencer à parler plus naturellement. En supposant qu’elle était aussi maladroite au naturel, ce qui ne surprendrait absolument pas le jeune homme. Une fois que son rire se fut calmé, il tenta de prendre un air plus sérieux. Elle allait encore se vexer si elle croyait qu’il se moquait d’elle, et elle n’aurait pas tout à fait tord, mais ce n’était pas le but recherché. Et il fallait qu’il garde à l’esprit qu’il jouait un rôle, un rôle bien précis qu’il devait éviter de faire trop déborder, sans quoi elle se douterait de quelque chose. S’ils avaient été dans un autre environnement, s’il n’avait pas joué au médecin, il aurait attrapé la perche qu’elle lui tendait inconsciemment. Mais il ne pouvait malheureusement pas encore se le permettre. « Je suis désolé, je ne voulais pas me moquer de vous … Vous m’êtes très sympathique également, mais je reste votre médecin et je ne pense pas que les choses iront plus loin. » Ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, bien moins formel que s’il avait réellement été un médecin mettant des barrières claires avec une patiente, mais cela avait tout de même le mérite d’être net. Et il espérait que cela produirait au moins une petite réaction déçue chez Skye, pour assurer son emprise sur elle. Si elle ne souhaitait réellement pas le revoir, les choses allaient devenir plus compliquées. Mais si cela ne la dérangeait pas … Alors il pourrait toujours organiser quelques petites « rencontres inopinées », où il ne serait plus médecin, et où il n’aurait plus besoin de s’en tenir à un cadre légal et moral avec elle.

« Pour ne rien vous cacher, je préfère aussi ! » Cette phrase pouvait être prise sous deux façons différentes, encore une fois, mais elle ne lui fit pas le plaisir de s’expliquer comme elle l’avait fait quelques minutes plus tôt, et il dut se contenter de ses propres suppositions. Il préféra penser qu’elle parlait de sa folie, qu’elle préférait être saine d’esprit … Plutôt qu’elle ne parle de lui, et qu’elle préfère qu’il ne la considère pas comme une folle. S’il commençait à se faire des idées, il allait brûler les étapes et finirait par faire un geste de trop, qui le trahirait et qui la ferait fuir sans espoir de retour. Et ce n’était pas ce qu’il souhaitait … « Désolée, c’est vrai que je dépasse un peu les limites des sujets qu’on est censé aborder mais c’est vous qui insistez pour rester, je ne vais pas vous faire le détail de mon carnet de santé ! » Il sourit légèrement. Malgré ce qu’elle pouvait en penser, il s’en était quand même tenu à des sujets très sages, elle devait s’estimer heureuse … « Mis à part votre petite remarque sur les avances éventuelles que vous étiez en train de me faire, je ne crois pas que vous ayez abordé beaucoup de sujets qui n’entraient pas de le cadre de votre santé ! » Il n’avait pas pu s’empêcher de remettre son petit écart sur le tapis, et bien que cela ne soit pas très professionnel, il ne le regrettait pas du tout. « Et si je reste ici, c’est pour veiller sur vous, pas uniquement pour vous embêter. Alors quitte à vous surveiller, je préfère que ce soit en discutant plutôt qu’en fixant l’horloge pour que le temps passe. Je ne voudrais pas que ma pause se soit résumée à ça ! » Ce qu’il ne disait pas, c’était que sa pause pouvait également très bien se passer ailleurs qu’ici … Et dans un sens, il voulait qu’elle lise entre les lignes, et interprète ça comme une certaine volonté de sa part de rester avec elle. Comme s’il préférait sa compagnie à elle, plutôt que celle d’autres patients, ou même la solitude de son bureau. Ce n’était pas encore une réalité, le silence de son bureau et l’innocence des enfants qu’il soignait restant toujours bien plus attractifs à ses yeux, mais déjà, discuter avec Skye avait moins l’air d’une corvée.

Le fait qu’elle soit si réticente à manger sa barre de céréale était pour beaucoup dans le fait qu’il commençait à s’amuser de leurs petits échanges. « Vous ignorez encore combien je peux être agaçante quand j’y met de la bonne volonté, je suis presque sûre que j’aurais gagné cette partie ! » Ca, il en doutait fortement, mais il n’avait pas l’intention d’entrer dans un quelconque débat stérile à ce sujet. Il avait le pressentiment qu’ils finiraient par tester leurs limites respectives, même si cela n’aurait pas lieu aujourd’hui. Et il était certain qu’il pourrait gagner haut la main ! C’est dans cette vision des choses qu’il se permit de nouvelles remarques sur son statut de médecin, qu’il outrepassait visiblement en lui parlant ainsi, mais qui le rendait intouchable sur bien des points. Il avait fait de longues études pour en arriver là, il fallait bien qu’il y ait quelques avantages ! Etre médecin, cela donnait un pouvoir sur les gens, dont Caelan usait dès qu’il en avait besoin. Manipuler en se faisant passer pour l’altruiste de service, était devenu un de ses jeux préférés de ces dernières années, et il en voyait l’apothéose aujourd’hui, avec Skye. « C’est déloyal et vous le savez, vous êtes un médecin aux méthodes plus que douteuses et en plus, vous vous cachez derrière votre statut pour faire passer ça ! » C’était exactement ça. Mais le plus triste pour Skye, c’était qu’en énonçant une telle vérité, elle restait quand même à des lieues de la réalité. Oui, il usait de son pouvoir de médecin pour la faire manger, et il exagérait volontairement pour qu’elle s’en rende compte. Il avait une bonne excuse pour ça, il le faisait pour elle, pour son bien, par souci de sa santé. Mais elle ne voyait pas tout le reste … Tout ce qu’il faisait avec beaucoup moins d’égards pour sa personne, mais beaucoup plus de discrétion également. « Vous voyez le mal partout, mademoiselle Warren. » Se permit-il d’ajouter, goguenard. Elle finit pourtant par la croquer, cette fichue barre de céréale, mais même ainsi, elle ne voulut pas accorder la victoire à Caelan. « Ce n’est pas désagréable… » Le jeune médecin eut une exclamation offusquée, d’autant plus qu’il venait d’entendre le charmant son de son estomac vide. « Vous êtes pire qu’une enfant, décidemment ! Pour une fois que je peux donner un remède qui ne soit pas un médicament, vous me gâchez mon plaisir ! » Ajouta-t-il, avant de croiser les bras d’un air boudeur. Elle n’était pas la seule à pouvoir se comporter comme un gosse ! Il ne garda pourtant pas cette mine ennuyée bien longtemps, car elle recommença à argumenter, et il leva les yeux au ciel, toujours aussi amusé par la façon qu’elle avait de se battre avec acharnement contre chacune de ses phrases. « C’est si dur que ça, d’admettre que je ne vous veux que du bien ? » Lâcha-t-il en soupirant, avant de la fixer avec un sourire torve tandis qu’elle mordait à nouveau dans sa barre de céréale. Il prenait un plaisir certain à la manipuler ainsi, et à voir qu’elle accédait à ses demandes, même si lesdites demandes ne représentaient rien. « Ca me fait très plaisir. » Assura-t-il de son ton le plus sincère. « Vous savez quoi ? La prochaine fois que je passe par l’hôpital, je vous rapporte un gâteau, ce sera mes remerciements à moi pour m’avoir aidé deux fois et pour m’avoir fait partager votre repas ! Mais un gâteau, c’est une mauvaise idée, je risquerais de vous empoisonner avec ma cuisine, disons un bon plat du meilleur traiteur de la ville ! » Cette fois, elle l’avait réellement pris par surprise, et il faillit accepter avant de se souvenir qu’il n’avait vraiment aucun intérêt à la voir revenir à l’hôpital, sur ses deux jambes, en le cherchant volontairement. Parce qu’elle ne le trouverait pas là où elle le chercherait, et que toute sa couverture tomberait en poussière avant même qu’il n’ait pu s’en servir correctement. Pour l’instant il avait eu de la chance de pouvoir garder l’identité de l’urgentiste sans que rien ne vienne le trahir, mais ce ne serait pas toujours le cas. Surtout que si elle passait régulièrement pour voir son psy, elle pouvait débarquer à n’importe quel moment, et il ne pourrait rien faire pour l’en empêcher … « Et ça vous nourrira certainement mieux que deux pauvres barres de céréales… » Il leva une nouvelle fois les yeux au ciel à cette petite remarque. Il n’en revenait pas qu’elle s’inquiète encore pour un détail aussi insignifiant ! « C’est très gentil de votre part, vraiment, mais vous n’avez pas à m’apporter quoi que ce soit. Je ne vous ai offert qu’une pauvre sucrerie qui m’a coûté moins d’un dollar, et j’en ai encore trois qui m’attendent sagement dans ma blouse, ce sera largement suffisant pour terminer ma journée. » Ajouta-t-il en tapotant ses poches avec un sourire innocent. Ce n’était pas le genre de détail qu’il lui aurait livré avant qu’elle n’accepte de manger, mais à présent qu’il était certain qu’elle ne tomberait pas en hypoglycémie, il pouvait bien laisser tomber le chantage et avouer. Il reprit ensuite d’un ton plus sérieux. « Vous ne me devez absolument rien, et surtout pas un repas. Je n’ai pas fait ça pour que vous vous sentiez redevable, c’est mon métier, rien d’autre. » Et pourtant, généralement il ne rechignait pas quand on voulait lui offrir quelques remerciements en nature … Surtout un repas, ce n’était pas le genre de choses qu’il refusait habituellement, c’était innocent et cela lui évitait bien de devoir passer par la case « cafeteria » ou « choix cornélien devant le menu du chinois en bas de chez lui ». Il n’était pas censé accepter, mais de temps en temps, cela ne faisait pas de mal … Par contre aujourd’hui, il ne pouvait pas accepter, et ce n’était pas une question d’éthique, loin de là. « Mais si jamais je vous croise en dehors de l’hôpital, et que je ne fais pas semblant de ne pas vous voir puisque cela ne vous dérange pas que je vous reconnaisse, vous pourrez m’offrir un thé si vous y tenez. Et je dis ça uniquement pour que vous ayez la conscience tranquille, n’y voyez aucune intention de vous faire des avances. » Ajouta-t-il avec un sourire moqueur, en lui rappelant une nouvelle fois la gêne qu’elle avait eu en s’embrouillant un peu plus tôt dans la conversation. Mais immédiatement, il se constitua un air penaud, et se passa la main maladroitement dans les cheveux, comme s’il regrettait soudain d’avoir laissé échapper ces mots. « Ah, et voilà … c’est moi qui parle trop, à présent ! Vous m’avez contaminé … Oubliez ce que je viens de dire, d’accord ? Pas de repas, pas de thé ou quoi que ce soit, nous sommes quittes. »

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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Lun 14 Jan 2013 - 9:25

Caelan & skye

La jeune femme, déjà dans un stade de mortification avancée, se décomposa devant le regard insistant puis le fou rire de Caelan. Elle se mordit violemment la lèvre, comme pour s’empêcher d’ajouter quoique ce soit avant qu’il ne réagisse, elle risquait de s’enfoncer encore plus à mesure qu’elle parlait et dire des choses qu’elle pouvait ne même pas penser. Elle était stupide et devant le rire de Caelan, elle se sentait encore plus stupide, affreusement honteuse de s’être emportée de la sorte au lieu de noyer sa remarque sous une autre réflexion sans intérêt qui aurait attiré son attention ailleurs. Ou peut-être aurait-elle dû attendre qu’il lui dise s’il y voyait un double sens mais dans la mesure où elle l’avait perçu, elle partait du principe que cela sautait aux yeux de tout le monde. Visiblement une erreur puisque le médecin qui lui faisait face trouvait cela risible et si l’on pouvait mourir de honte, elle aurait été foudroyée à l’instant. Elle se détestait pour avoir cette capacité à dire trop de choses d’un coup, à prononcer des mots qui pouvaient porter à confusion, même si cela ne sonnait qu’à ses oreilles. Elle ne pouvait pas s’en empêcher et semblait définitivement incapable de se comporter comme n’importe quelle personne réservée et discrète. Elle avait toujours été bavarde, le contact humain était très important pour elle et malheureusement, elle pouvait agir ainsi avec n’importe qui, comportement légèrement plus dangereux qu’avec un innocent médecin, qu’elle pensait évidemment inoffensif et sans danger pour elle. Encore une erreur. Elle savait qu’elle avait dû rougir, voilà une réaction qu’elle ne pouvait pas plus contrôler que sa langue trop bavarde et elle fut soulagée qu’il parvienne à se calmer. Elle le regarda reprendre un air sérieux avant de détourner légèrement les yeux pour éviter de croiser les siens et d’y voir une lueur moqueuse. « Je suis désolé, je ne voulais pas me moquer de vous … Vous m’êtes très sympathique également, mais je reste votre médecin et je ne pense pas que les choses iront plus loin. » Elle manqua de s’en étouffer de stupéfaction. Elle tourna vivement la tête et ouvrit légèrement la bouche, les mots restant coincés dans sa gorge pour la première fois. « Moi non plus, je ne le pense pas, vous… » Elle s’interrompit en comprenant un détail qui lui avait échappé, il plaisantait, il se moquait d’elle et elle courrait après ses blagues douteuses comme une gamine. Elle referma la bouche pour s’empêcher de continuer sur sa lancée et se retint de justesse de ne pas faire ce petit geste idiot qui consistait à fermer sa bouche à clé pour la jeter derrière elle – méthode qu’elle utilisait beaucoup parfois pour se rappeler de se taire-. En quelques secondes, elle n’eut même pas le temps de se sentir déçue, elle se faisait éconduire par un homme, il était hors de question qu’elle cherche à savoir si cela la décevait ou non. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle voulait arrêter de se sentir aussi vulnérable en sa présence. Elle plissa alors les yeux et releva légèrement le menton, l’air fier.« Vous vous moquez quand même de moi je vous ferais remarquer ! » Elle avait bien l’intention de mettre l’accent sur ses manières de brute.

Le ton légèrement plus sérieux, ou leur absence de sérieux, lança un léger débat sur ce qu’il était bon ou non de faire avec un médecin et les sujets qu’il était correct d’aborder avec un presque inconnu qui était seulement là pour l’aider et la soigner, même s’il n’y avait pas grand-chose à soigner de son point de vue. Elle n’avait certes pas encore déballé sa vie ni raconté ses mésaventures quotidiennes mais la plupart des patients s’en seraient certainement tenus à la pluie et au beau temps. « Mis à part votre petite remarque sur les avances éventuelles que vous étiez en train de me faire, je ne crois pas que vous ayez abordé beaucoup de sujets qui n’entraient pas de le cadre de votre santé ! » Elle ouvrit de nouveau la bouche, offusquée qu’il puisse remettre ça sur le tapis aussi aisément pour se moquer d’elle. « Je ne vous ai fait aucune avance et vous continuez de vous moquer je vous signale ! » Il ne pouvait visiblement pas s’en empêcher mais elle restait mortifiée qu’il puisse le penser une seule seconde. Elle n’avait pas l’intention d’aller au-delà des limites du raisonnable avec ce médecin et même si elle arrivait à le trouver fort charmant, elle se refusait d’autant plus à l’apprécier pour éviter de dépasser les limites du convenable. « Et si je reste ici, c’est pour veiller sur vous, pas uniquement pour vous embêter. Alors quitte à vous surveiller, je préfère que ce soit en discutant plutôt qu’en fixant l’horloge pour que le temps passe. Je ne voudrais pas que ma pause se soit résumée à ça ! » Elle leva légèrement les yeux à l’horloge à ses mots, comme pour se rappeler qu’elle n’était là pour une durée indéterminée mais qu’elle avait bien l’intention d’aller à son rendez-vous chez le psychiatre et qu’elle devait libérer Caelan pour la fin de sa pause. Elle reporta son attention sur le jeune homme et lui fit un sourire. « Si votre pause se résume à vous moquer de moi, je préfère autant parler de la pluie et du beau temps. D’ailleurs, ils annoncent un magnifique soleil pour demain ! » Elle faisait la vexée mais son petit sourire indiquait clairement qu’elle plaisantait à moitié et qu’elle n’était pas réellement blessée de ses moqueries incessantes et de sa capacité à lui donner envie de s’enterrer six pieds sous terre. Elle était de toute façon bien plus fière que ça, elle n’allait pas se laisser abattre par quelques moqueries et elle avait bien l’intention de se venger un jour.

Et malgré toute sa ténacité et son agacement, le médecin machiavélique eut raison d’elle et elle fut contrainte et forcée de prendre une bouchée de cette fichue barre de céréales, prise directement dans la réserve du docteur Connolly, à son grand désespoir. Mais le même médecin avait des méthodes assez discutables sur sa façon d’obtenir quelque chose d’une patiente et elle tomba directement dans le panneau, entamant la barre et non sans protester et lui promettre de lui faire vivre un enfer jusqu’à la dernière seconde. « Vous voyez le mal partout, mademoiselle Warren. » Elle plissa légèrement les yeux et pointa sa barre de céréales vers lui et malgré sa position menaçante, elle ne pouvait camoufler un léger sourire, parce qu’ils exagéraient tous deux cette situation. « Je ne fais qu’énoncer une vérité, docteur Connolly ! » Un petit sourire pour ponctuer sa phrase emplie d’une politesse qu’ils semblaient avoir dépassé, elle finit par savourer sa barre de céréales, sans pour autant avouer que son ventre vide faisait la danse de la victoire. « Vous êtes pire qu’une enfant, décidemment ! Pour une fois que je peux donner un remède qui ne soit pas un médicament, vous me gâchez mon plaisir ! » Elle le regarda bouder et trouva son expression adorable, avant de bannir cette pensée d’un revers en se rendant compte que cette remarque n’avait pas à entrer dans une conversation de leur genre, aussi professionnelle soit-elle. La jeune femme pencha la tête sur le côté, comme si elle compatissait tout à coup et leva la barre entre eux pour souligner ses propos. « Vous appelez ça un remède ? Moi j’appelle ça votre déjeuner ! » Elle insistait, persistait et signait, elle n’allait pas admettre aussi facilement qu’elle était ravie de pouvoir manger quelque chose avant d’aller chez son psychiatre. Mais devant sa mine, elle ne put s’empêcher d’ajouter, tout à fait incapable de résister. « Mais si cela vous fait réellement plaisir, je vous assure que c’est bien meilleur que n’importe quel médicament ! » Elle lui offrit un sourire, même si elle savait que c’était là exactement sa manœuvre pour lui faire avouer et qu’elle était tombée dans le panneau mais elle s’en fichait, elle pouvait bien lui faire plaisir, après tout, il s’occupait bien d’elle, elle n’allait tout de même pas lui gâcher la vie jusqu’à la fin du temps qui leur était imparti avant qu’ils ne se séparent. « C’est si dur que ça, d’admettre que je ne vous veux que du bien ? » Elle fit mine de lever les yeux au ciel, en proie à une réelle réflexion, comme si la question demandait une réponse trop dure pour son cerveau. Pourtant, elle était simple, elle savait qu’un médecin ne lui voudrait jamais de mal, ce n’était pas là leur fonction première, mais il y avait tellement de choses qu’elle ignorait à propos de celui qu’elle avait en face d’elle. Pourtant, elle pinça ses lèvres, comme elle le faisait toujours lorsqu’elle réfléchissait et finit par hausser les épaules. « Je suppose que c’est stupide de ma part de craindre que vous manquiez de sucre après ça et que vous allez vous effondrer à tout moment, vous semblez plus solide que moi, bien plus solide et puis, vous êtes entourés de médecin ! » Mais son métier était hautement plus stressant et physique que n’importe quel autre et sans quelque chose de consistant dans le ventre, n’importe qui verrait sa tête lui tourner en fin de journée. Et la jeune femme n’était pas du genre à chercher à aller mieux si c’était pour que quelqu’un en pâtisse. Réaction stupide quand elle regardait Caelan de plus près, il semblait bien dans sa peau et ses baskets, il était en forme et l’avait même soutenu jusqu’ici, la preuve qu’il ne risquait pas de manquer de quoique ce soit, contrairement à elle.

Mais encore une fois, elle aurait mieux fait de se taire par la suite parce que sa proposition, si mal venue, ne sembla pas être bien accueillie par le médecin. « C’est très gentil de votre part, vraiment, mais vous n’avez pas à m’apporter quoi que ce soit. Je ne vous ai offert qu’une pauvre sucrerie qui m’a coûté moins d’un dollar, et j’en ai encore trois qui m’attendent sagement dans ma blouse, ce sera largement suffisant pour terminer ma journée. » Elle n’eut même pas le temps de s’offusquer qu’il lui ait caché qu’il possédait encore trois barres de céréales tant elle se sentait idiote d’avoir proposé quelque chose dans le genre. Il était évident qu’il allait refuser, pourquoi aurait-il accepté ? Elle n’était qu’une patiente et que lui prenait-elle de lui dire des trucs pareils aussi ? Elle perdit son sourire et eut l’impression de se liquéfier sur place. Voilà la seconde fois qu’il l’envoyait sur les roses, même si la première, elle s’y était attendue. « Vous ne me devez absolument rien, et surtout pas un repas. Je n’ai pas fait ça pour que vous vous sentiez redevable, c’est mon métier, rien d’autre. » Elle se mordit la lèvre tout en jetant un œil à l’horloge qui se trouvait dans la pièce. Aussitôt, elle se redressa et s’assit sur le bord du brancard sur lequel elle était installée depuis le début. « C’est votre métier, c’est vrai, je crois avoir encore dépassé les limites, je ne sais même pas ce qui m’a pris. » Ce n’était pas comme s’il était son médecin traitant après tout, elle ne l’avait vu que deux fois et la voilà à lui proposer de lui faire des petits plats. Quelle idiote ! Si elle avait pu et si elle ne craignait pas de s’écrouler après, elle se serait volontiers taper la tête contre le mur le plus proche. Elle allait se lever lorsqu’il reprit la parole. « Mais si jamais je vous croise en dehors de l’hôpital, et que je ne fais pas semblant de ne pas vous voir puisque cela ne vous dérange pas que je vous reconnaisse, vous pourrez m’offrir un thé si vous y tenez. Et je dis ça uniquement pour que vous ayez la conscience tranquille, n’y voyez aucune intention de vous faire des avances. » Elle ouvrit la bouche, un léger sourire au coin des lèvres lorsqu’il perdit le sien, l’air légèrement penaud. « Ah, et voilà … c’est moi qui parle trop, à présent ! Vous m’avez contaminé … Oubliez ce que je viens de dire, d’accord ? Pas de repas, pas de thé ou quoi que ce soit, nous sommes quittes. » Elle eut un léger rire qu’elle cacha tant bien que mal, incapable de se moquer ouvertement de lui lorsqu’elle s’était offusquée qu’il agisse ainsi avec elle. Skye secoua la main devant elle pour balayer ses propos. « Ça me rassure un peu à vrai dire et puis après toutes les gaffes que je viens de faire, vous pouviez bien parler un peu trop à votre tour pour une fois ! » Elle lui sourit, comme si elle comprenait ce qu’il ressentait puisqu’il s’agissait de son lot quotidien. « Mais comme vous n’avez visiblement pas l’intention d’oublier ma gaffe de tout à l’heure et que vous vous en donnez à cœur joie, je ne risque pas d’oublier ça, un thé, je note et nous ne sommes certainement pas quittes ! » Elle était rassurée, soulagée que la situation se soit allégée aussi facilement, même si Caelan ne semblait pas avoir mal pris sa proposition, elle restait méfiante et surtout, elle ferait à l’avenir plus attention aux propositions qu’elle pouvait faire.



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MessageSujet: Re: be my doctor ... again { Caelan   Sam 19 Jan 2013 - 10:43

« Moi non plus, je ne le pense pas, vous… » Pendant un instant, Skye parut croire qu’il était sérieux, et Caelan dut se faire violence pour garder un air à peu près impassible, ne pas éclater de rire à nouveau. Et puis elle comprit qu’il s’était moqué d’elle et son expression changea radicalement. Il la regarda se draper dans sa dignité blessée, comme s’il venait de dire quoi que ce soit de déplacé, alors qu’il n’avait fait, en réalité, que répondre le plus professionnellement possible. Plus ou moins. « Vous vous moquez quand même de moi je vous ferais remarquer ! » Bien sûr qu’il se moquait d’elle, c’était tellement facile ! Elle marchait à fond au moindre petit sous-entendu, et elle ne cachait pas du tout ses sentiments. Il pouvait suivre avec tant de facilité l’évolution de ses émotions, pourquoi s’en priver ? Néanmoins, couverture oblige, ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait avouer. « Je ne voulais pas me moquer de vous ! J’ai essayé de vous éconduire avec tout le tact dont je suis capable, qu’est-ce que vous auriez fait à ma place ? On ne me fait pas ce genre de proposition tous les jours vous savez ! » Se défendit-il avec innocence, tout en sachant qu’il s’enfonçait un peu plus dans ce qu’elle appelait moquerie, et qu’il appelait … Hypocrisie. Sa version à elle était même plus flatteuse ! Mais sa façon de se vexer l’avait empêchée de montrer la moindre trace de déception – si jamais elle en avait ressenti, ce qui n’était peut-être même pas le cas. Caelan se retrouva donc pas plus avancé qu’avant, et sa démarche avait fait chou blanc. Il allait devoir trouver autre chose pour s’assurer qu’elle désirait encore sa présence ! « Je ne vous ai fait aucune avance et vous continuez de vous moquer je vous signale ! » Il n’avait pas pu s’en empêcher, tout en sachant qu’il n’aurait pas du remettre le sujet sur le tapis. Il leva les mains devant lui, comme s’il confessait une faute. « Je m’en excuse … Je vais essayer de rester un médecin sérieux, qui ne se moque pas de sa patiente. » Il dut faire un effort pour ne pas rajouter une nouvelle petite remarque ironique, et se composa un air tout à fait innocent. Il ne devait pas aller trop vite … Il ne devait pas se comporter avec elle comme si elle n’était qu’une fille lambda qu’il draguait sans vergogne, il devait user de plus de subtilité avec elle qu’avec les autres, sans quoi il y perdrait beaucoup plus que si elle n’était qu’une conquête passagère. Même s’il invoquait son envie de discuter pour passer le temps pendant sa pause, il devait rester pondéré … Dans une certaine mesure. Même s’il s’était autorisé pas mal d’écarts jusque là, il s’était contenu, et il devait veiller à ce que cela continue. Il suivit le regard de Skye quand elle jeta un œil à l’horloge, et en profita pour vérifier qu’il ne débordait pas sur son horaire. « Si votre pause se résume à vous moquer de moi, je préfère autant parler de la pluie et du beau temps. D’ailleurs, ils annoncent un magnifique soleil pour demain ! » Il eut un sourire amusé, avant de hocher la tête très sérieusement. Si elle voulait jouer à ça … « J’en ai entendu parler. Pour demain, pour après-demain, après-après-demain, et encore pendant trois bons mois. Vous allez vite vous retrouvez à court de sujet, avec la météo. » Ajouta-t-il, d’un air de dire : « autant parler de vous ! » Parler de la pluie et du beau temps était effectivement un sujet qu’il pouvait aborder quand il devait faire la conversation avec des gens qui ne l’intéressaient pas, mais le fait était que Skye n’entrait pas vraiment dans cette catégorie …

Ils se chamaillèrent encore sur les bienfaits de la barre de céréale que Caelan avait donné à Skye, et il s’échina à lui faire avouer qu’elle se sentait mieux après l’avoir mangée. La partie n’était pas gagnée d’avance, et Skye semblait plutôt douée dans l’art subtil de la mauvaise foi … Mais quoi qu’il en soit, il fini par trouver le bon argument, et elle baissa les armes. « Mais si cela vous fait réellement plaisir, je vous assure que c’est bien meilleur que n’importe quel médicament ! » Caelan sourit comme s’il était réellement ravi qu’elle le reconnaisse, mais c’était plus parce qu’il était satisfait d’avoir gagné cette manche, plutôt que parce qu’elle aimait ce qu’elle mangeait. Question d’orgueil, bien entendu … Avec elle, il semblait que ce n’était de toute façon que cela : de l’orgueil, et à celui qui s’obstinerait le plus longtemps. Et jusque là, c’était lui qui gagnait. « Je suppose que c’est stupide de ma part de craindre que vous manquiez de sucre après ça et que vous allez vous effondrer à tout moment, vous semblez plus solide que moi, bien plus solide et puis, vous êtes entourés de médecin ! » Il hocha la tête. En voilà des paroles sensées ! « Et ça fait bien assez longtemps que je fais ce métier pour savoir comment je dois manger pour m’en sortir. » Fit-il, comme pour la réprimander gentiment sur le souci inutile qu’elle s’était fait pour lui. Il était bien assez grand pour veiller lui-même sur sa santé, du moins sur ce tableau-ci. « Mais je vous remercie de vous être autant acharnée pour moi. » Ajouta-t-il pour adoucir un peu ses paroles, et lui assurer qu’elle n’avait tout de même pas fait tout cela pour rien. Elle était entrée dans son jeu, et pour cela il la remerciait … Même si elle finirait par s’en mordre les doigts. Un jour, mais pas aujourd’hui …

Non, pour aujourd’hui, leurs relations étaient encore cordiales, voire même un peu trop peut-être, à en juger par la proposition qu’elle lui fit soudain. Pour Caelan, ce n’était que le signe qu’elle l’appréciait un peu plus, qu’elle se permettait des familiarités qu’elle n’aurait pas eu avec un autre médecin. Mais pour elle … Elle sembla se rendre compte qu’elle était allée un peu loin, et sembla envahie soudain par la gêne quand il refusa poliment son offre de repas. « C’est votre métier, c’est vrai, je crois avoir encore dépassé les limites, je ne sais même pas ce qui m’a pris. » Il aurait pu lui dire ce qui lui avait pris, mais il préféra se taire, et jouer sur un autre tableau. En prétendant que sa langue avait fourché, qu’il s’était laissé emballer par l’ambiance de bavardages, elle sembla se détendre et retrouva son sourire. Il n’y avait rien de mieux que de faire comme si la situation s’était inversée pour qu’elle se sente mieux, et il était le gagnant, une nouvelle fois. Il n’avait pas parlé sans réfléchir, et il avait placé chacun de ses mots avec attention. Et elle tombait dans le panneau, encore une fois … « Ça me rassure un peu à vrai dire et puis après toutes les gaffes que je viens de faire, vous pouviez bien parler un peu trop à votre tour pour une fois ! » Il conserva son air penaud et plissa les lèvres, comme si cela l’ennuyait de reconnaître qu’il pouvait gaffer lui aussi. « Mais comme vous n’avez visiblement pas l’intention d’oublier ma gaffe de tout à l’heure et que vous vous en donnez à cœur joie, je ne risque pas d’oublier ça, un thé, je note et nous ne sommes certainement pas quittes ! » Parfait ! Il esquissa un sourire contrit, mais il venait d’atteindre son but. Et il nota soigneusement de planifier une nouvelle rencontre dans un endroit plus neutre, afin de lui rappeler par inadvertance qu’elle lui devait une faveur … « Il n’en est pas question. Vous trouvez déjà que j’ai des méthodes douteuses pour un médecin, qu’est-ce que ce sera si j’accepte d’être corrompu avec de la nourriture ? Vous … » Il allait s’étendre sur son argumentaire pour refuser son invitation, quand il fut coupé par son bipeur. Fronçant légèrement les sourcils, il l’attrapa au fond de sa poche et y jeta un coup d’œil. Son regard s’assombrit en voyant qu’Andrew avait besoin de lui, et il se leva. « Les affaires reprennent, je dois vous laisser. La psychiatrie se trouve deux étages au-dessus, prenez l’ascenseur au fond du couloir quand vous vous sentirez prête à y aller. » Il était déjà entièrement replongé dans son travail – le vrai travail – et il faillit quitter la pièce sans autre forme de procès. Mais il se souvint à la dernière seconde qu’il n’avait pas fait tout ce chemin pour la quitter aussi brutalement, et il se força à se retourner une dernière fois. « Portez vous bien, mademoiselle Warren. J’espère que la prochaine fois que je vous croiserais, ce sera dans un meilleur contexte. »

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    ❝STORM THE SORROW❞
    Along the way I find myself to be confined within me. No place for any other's mind to interfere, to grasp the meaning of it all, to overcome my limits, and dance away from any void and empty tones. Just tell me why, just tell me how I can survive this time. I’ve tried to peer into the core, but could not storm the sorrow. My hollow heart has bled me dry, left me to stray. Another time without a trace, condemn me now, send me to hell, for I'm already failing.
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be my doctor ... again { Caelan

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